Introduction
Comment répondre à la question "tu fais quoi dans la vie ?" sans ennuyer l'autre, ni réciter son CV ?
À chaque fois qu'on te pose cette question, c'est une nouvelle occasion de créer un lien qui amènera peut-être des opportunités.
J'ai un métier qui n'est pas toujours simple à expliquer : à la fois, je développe une boîte (donc je fais 1000 métiers) et aussi, je parle devant des gens pour leur expliquer comment mieux parler...
Donc quand on me demande "tu fais quoi dans la vie ?", mes réponses ne pourront jamais être aussi simples que : docteur, comédien ou boulanger.
Pire, les réactions peuvent même me desservir :
- "Je suis formateur en prise de parole " > ah ouais donc le mec doit savoir manipuler.
- "J'ai monté une boite de formation en rhétorique" > excusez-moi monsieur l'infopreneur-arnaqueur, et tu veux de la fêta avec ton melon ?
- "Je préfère réussir ma vie que dans la vie" > Erreur 404.
D'ailleurs, parfois, j'ai tellement la flemme de parler de mon métier - car à cette question, les gens attendent que tu donnes ta fiche ONISEP - qu'il m'arrive parfois d'utiliser ma carte "comédien de doublage".
J'ai un rêve de gosse : j'aimerais un jour être "comédien de doublage", prêter ma voix à des personnages fictifs, et encore + dans des dessins animés.
Alors, pas plus tard que le weekend dernier à une Pool Party (Marseille oblige), lorsqu'une fille m'a demandé "tu fais quoi dans la vie ?", j'ai utilisé cette carte.
"Je suis la voix de Simba enfant dans le Roi Lion de 1994, j'ai aussi prêté ma voix à tel et tel perso dans ce Pixar, ce Disney..."
S'ensuit toujours beaucoup de curiosité, des imitations et même des notes vocales envoyées à des inconnus : "Géraldine, je suis avec la voix de Simba c'est dingue, écoute-le...".
Passé une dizaine de minutes à jouer la comédie, je leur révèle toujours que c'est une joke, que c'est le métier que j'aurais adoré faire, et que je fais un peu de théâtre / stand up / impro à côté pour me marrer.
Les gens en rigolent, la glace est brisée, mes talents de comédien sont félicités et on poursuit la soirée à parler de nos métiers rêvés et à chanter du karaoké ("Nants ingonyama bagithi baba" - vraies paroles du Roi Lion).
Parfois, je ne veux pas du tout parler boulot, je veux juste connecter autrement.
Et plus tard, les oreilles seront peut-être plus attentives à écouter mon taf.
Alors non, ne lâche pas des mythos pour faire l'intéressant-e, mais utilise une stratégie différente en fonction des contextes.
Les contextes et tes stratégies pour te présenter
En fonction du contexte, tu n'as pas les mêmes cartes à jouer pour te présenter. Les enjeux ne sont pas les mêmes et l'approche doit être différente. Alors, je me suis amusé à classer ces situations de la + business oriented à la + light avec la meilleure stratégie à adopter pour chacune d'elle.
En réunion avec un prospect €€€
Ton objectif est de montrer ton expertise et d'apporter déjà de la valeur à l'autre.
>> Stratégie : Utilise un langage clair et spécifique à ton domaine.
Par exemple, au lieu de dire simplement "je suis formateur en prise de parole", tu peux dire "j'aide les [cible en lien avec le prospect] à maîtriser l'art de la rhétorique pour améliorer leur impact lors de présentations et de réunions importantes".
Ensuite, partage un exemple concret de réussite : "Par exemple, récemment, j'ai aidé le CEO d'un grand groupe à réussir sa présentation lors d'un board stratégique grâce à des techniques de persuasion efficaces. Ceci lui a permis d'avoir un actionnaire qui souhaite investir + dans le groupe." (véridique).
En réunion pendant un tour de présentation €€€
Ton objectif est de démontrer ta légitimité, ta crédibilité et ta compétence.
>> Stratégie : Prépare une présentation concise de ton parcours et de tes réalisations sans réciter ton CV.
Par exemple, "Bonjour, moi, c'est Julien de Sousa, fondateur de Panache, une entreprise spécialisée en rhétorique. Ces 5 dernières années, on a aidé plus de 7000 personnes à améliorer leur communication orale et je suis surtout ravi d'en savoir plus sur chacun de vous et vos enjeux du moment."
Cela permet de glisser tes infos clefs et surtout de relancer et montrer que tu es déjà présent et curieux de la suite.
En networking lors d'un salon €€
Ton objectif est d'être concis et de déterminer si le profil face à toi est intéressant d'un point de vue business.
>> Stratégie : Adopte une approche interrogative et engageante.
Par exemple, "J'aide les pros comme vous à se créer des opportunités grâce à des prises de parole réussies. C'est quoi votre métier ? Et votre rapport à la prise de parole dans celui-ci ? Qu'aimeriez-vous changer par exemple ?"
Cela permet non seulement de te présenter rapidement, mais surtout de récolter des informations sur le profil de ton interlocuteur, ses besoins potentiels, son rôle de décisionnaire, ou pas.
En networking lors d'une soirée €€
Ton objectif est de divertir d'abord, puis de déterminer si le profil face à toi est intéressant d'un point de vue business.
>> Stratégie : Utilise une approche plus légère et intrigante.
Par exemple, "Je transforme les gens en orateurs captivants. Vous seriez surpris de voir à quel point quelques techniques peuvent changer une prise de parole. Et vous, qu'est-ce qui vous passionne dans votre travail ?"
Cela permet de détendre l'atmosphère tout en orientant la discussion vers des sujets professionnels pour baliser l'intérêt ou éventuellement s'enfuir vers les petits fours.
En dîner pro €
Ton objectif est de sympathiser, de laisser une trace agréable et d'avoir du rab de tiramisu discreto.
>> Stratégie : Sois plus personnel et partage des anecdotes.
Par exemple, "En tant que formateur en rhétorique, j'ai eu des situations assez amusantes. Comme cette fois où j'ai aidé un CEO à préparer un discours dans lequel il a embarqué toute son équipe avec un travail sur les 5 sens et des savons vieux de 50 ans." (véridique).
Cela suscite de la curiosité, de la matière à la discussion et rend ta présentation mémorable et sympathique.
En soirées entre potes
Ton objectif est de sympathiser, point.
>> Stratégie : Sois simple et honnête (pas de mytho sur Simba).
Par exemple, "Je forme les gens à mieux parler en public, mais toi dis-moi comment tu connais untel ?"
Cela évite de monopoliser la conversation avec ton job et renforce les liens personnels qui sont à privilégier dans ce genre de soirées. Si la personne te pose des questions sur ton job, alors là, tu peux donner plus de détails, sinon va faire un Perrier Pong avec elle.
Peu importe le niveau de businessitude derrière "tu fais quoi dans la vie ?", il y a une attitude plus globale à avoir. Car les réponses ne sont jamais toutes prêtes, elles sont surtout dégainées en fonction de ce que tu vas entendre.
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La bonne attitude à avoir au moment de te présenter
La manière dont tu te présentes est aussi importante que ce que tu dis.
J'ai fait des milliers d'appels avec des prospects, j'ai assisté à des centaines de salons, j'ai animé des dizaines d'entretiens d'embauche, j'ai été invité une fois à un dîner dans le noir, et j'ai noté quelques attitudes à adopter pour maximiser l'impact quand tu te parles de toi.
- Écoute d'abord : Montre un intérêt sincère pour ton interlocuteur avant de parler de toi. Pose des questions comme "Et toi, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?" avant de parler de ton propre parcours. Les gens adorent parler d'eux, donc fais-les parler et écoute-les.
- Questionne d'abord : Enchaîne avec des questions pertinentes pour comprendre les besoins et intérêts de ton interlocuteur. Par exemple, "Comment gérez-vous la communication dans votre équipe ?" Cela montre que tu es attentif et intéressé par ce qu'ils font.
- Note les infos pour les intégrer : Retiens des détails spécifiques que tu peux utiliser pour renforcer ton discours. Par exemple, si quelqu'un mentionne qu'il anime souvent des formations, tu peux dire "Quand j'ai travaillé avec une formatrice, elle me partageait aussi que l'introduction de son intervention était cruciale pour motiver les participants le reste de la journée, est-ce aussi un enjeu pour vous ?".
- Intéresse-toi pour de vrai : Montre un intérêt authentique pour la personne en face de toi. Par exemple, si ton interlocuteur parle de ses passions, rebondis dessus avec enthousiasme et partage éventuellement des expériences similaires.
- Capte les points communs : Trouve des points communs pour créer une connexion. Par exemple, "Mais non, vous avez vécu à Tahiti ? Moi aussi, en 2018 lorsque je dirigeais le premier incubateur du Pacifique. Où avez-vous déjà voyagé là-bas ?". Cela fonctionne aussi pour les relations en commun "Oh, vous connaissez aussi Alex ? Elle m'a beaucoup aidé lors de mes débuts en formation."
Au mieux, tu t'intéresses à l'autre, au plus il/elle va t'écouter et s'intéresser à toi par mimétisme.
Donc quand on te posera des questions, tu pourras enfin donner plus de détails sur toi.
Encore faut-il apporter les bonnes réponses et être concret, clair et concis.
LA bonne réponse à faire
Trop souvent, dès que tu te retrouves dans un environnement professionnel, tu as le don de rendre complexe des choses simples. Tu n'es pas le/la seul.e, tout le monde jargonne. C'est un moyen d'affirmer ton expertise mais aussi d'exprimer ton appartenance à une tribu sociale (ton entreprise, ton association, ton domaine, ton métier, ton club de sport...).
Congruence, prosodie, sophisme, anaphore... tu vois, même chez Panache on peut vite tomber dans notre jargon.
Alors, il est utile de connaître un modèle pour adapter ton langage dès les premiers instants : la pyramide de clarté.

De la base au sommet, il existe 4 niveaux de langage que l'être humain utilise pour se faire comprendre, du plus accessible (1-la base) au plus complexe (4-le sommet).
a- Les anecdotes
Tout le monde le comprend, car c'est le niveau de langage utilisé tous les jours. Celui de l'histoire : le souvenir de tes vacances, le secret que Jennifer t'a partagé, les témoignages que tu partages sur les coulisses d'un projet, l'utilisation d'un produit testé... tout est prétexte à une histoire et tout le monde adore ce niveau de langage, car il est concret et facile à appréhender.
b- L'analogie
Aussi très simple à comprendre car il suffit d'utiliser une image connue de tous pour parler de ton job. Par exemple, apprendre la rhétorique, c'est comme apprendre à conduire. Au début, il faut maîtriser plein de gestes et on peut se sentir paumé, mais à la fin, on n'y pense plus et on adapte simplement notre style aux conditions de la route / de la prise de parole. Le but est de rendre accessible ton idée à un plus grand nombre.
c- Le modèle
Il permet de représenter et de décrire comment fonctionne quelque-chose : une méthodologie, un process, des règles de fonctionnement, un business model... Cette pyramide de clarté est un modèle par ex. C'est un peu comme si je te faisais un dessin pour que tu visualises mieux ce que j'essaye de te dire alors que concrètement ça n'existe pas dans la nature.
d- Le concept
Celui des grandes idées et des grandes théories. Le niveau conceptuel est celui que préfèrent toutes nos élites : les politiques, les penseurs, les philosophes, les stratèges... Il est important pour contribuer au progrès de notre humanité. Mais il n'est pas compris du plus grand nombre, et il a le défaut de pouvoir être utilisé pour dire tout et n'importe quoi dans n'importe quel sens, en donnant l'illusion d'une pseudo-expertise. Un exemple avec cette vidéo :
Si même Google Images n'arrive pas à illustrer ton mot / sujet, alors c'est qu'il est trop conceptuel pour un cerveau humain.
Conclusion
Alors quelle est la meilleure stratégie à adopter pour être compris d'un maximum de personnes ?
Quand tu te présentes, si tu as des choses complexes à partager, aie toujours le réflexe de faire simple au début et d'y aller progressivement.
Tu guides ton public sur le chemin de tes idées, tu prends soin de lui. Tu ne commences pas une rando avec une pente à 18%. Donc, tu dois faire preuve d'empathie.
Et le mieux est de rester simple, concret et concis de bout en bout.
Toujours.
Avec ces conseils, tu vas tellement tout déchirer que tu devras anticiper tes énormes revenus nets et tes charges. Avec ce simulateur de calcul qu'on t'a dégoté, tu peux estimer rapidement ce que tu gagneras après déduction des cotisations et impôts. De quoi mieux parler de ton activité et avancer en toute confiance.
Bonus : pour les curieux, j'avais rédigé un article sur "comment devenir un as du networking ?".
Tu souhaites obtenir les opportunités que tu mérites ? Voici nos formations en prise de parole pour prendre confiance en toi et devenir plus impactant(e) à l'oral.
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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

La réponse parfaite à "Tu fais quoi dans la vie ?"
Introduction
La semaine dernière, j'ai maté la nouvelle série Netflix de Jean-Pascal Zadi, "En place" : l'histoire de Stéphane Blé, animateur dans une MJC de Bobigny, qui se retrouve à être candidat aux présidentielles.

Joli écho avec notre collab' avec l'Académie Des Futurs Leaders : un programme pour former des citoyen-ne-s engagé-e-s à entrer dans le monde politique pour défendre la justice sociale et climatique.
Je ne parlerai pas de l'histoire, du scénario ou de l'intrigue de cette série.
Globalement, c'est sympatoche et il y a quelques bonnes blagues mais ça casse pas trois pattes à un poulet.
En fait, la série m'a interpellé par quelques punchlines bien trouvées :
👊 "On peut venir d'en bas, et accéder à de hautes fonctions"
👊 "La ville, t'as envie de tout lui rendre ou tout lui prendre ?"
Et celle qui a lancé notre héros en politique :
👊 "Ça sert à quoi de se relever les manches, si c'est pour baisser son froc ?"
Ça m'a donné envie de t'aider à créer des punchlines.
Ou comment créer des messages mémorables ?
Quelles figures de style utiliser ?
À quoi ça sert une punchline ?
En utilisant le mot "punchline", tu te dis sûrement que ce n'est pas pour toi. Je devine ton air circonspect.
Dans l'inconscient collectif, la "phrase coup de poing" est réservée aux Battles de Rap. Ces moments où 2 individus TN aux pieds s'envoient des piques parfois alambiquées dans le gouffre de Helm.
Que nenni, la punchline n'est rien d'autre qu'une phrase qui utilise des figures de style pour la rendre marquante, mémorable, pleine de panache quoi.
Et il y a une double fonction à la figure de style :
- Elle sert à faire joli, rendre un message plus sexy, plus agréable, plus imagé. Chargé émotionnellement.
- Elle sert surtout à élever un message pour qu'il se différencie des autres. Au milieu d'un discours de plusieurs minutes, ce sont les phrases stylées dont ton audience se souviendra.
Preuve par l'exemple, j'avais coaché des étudiants de Neoma Business School à Reims qui participaient à une simulation de COP sur le climat. Chaque groupe d'étudiants représentait une délégation et devait tenir un discours de 10mn.
Parmi les différents étudiants, il y en a 1 qui s'est démarqué avec une seule phrase.
Il avait exprimé une phrase très stylée qui m'avait marqué. À la fin de son passage, j'ai demandé à la centaine d'étudiants ce qu'ils avaient retenu. Unanimement, c'est ce passage qui est revenu car il s'était élevé au-dessus du discours. Et il résumait à lui-seul le message que notre étudiant voulait partager :
👊 "On peut changer notre économie, mais on ne pourra jamais changer notre écosystème."
Donc la punchline n'est pas réservée qu'à Nekfeu, Diam's, Orelsan, ou Aya Nakamura. Ou Stéphane Blé (le mec de la série Netflix, faut suivre).
Elle est d'ailleurs très souvent employée par des politicien-ne-s :
👊 "La station d’essence est le seul endroit en France où celui qui tient le pistolet est aussi celui qui se fait braquer" - Fabien Roussel, secrétaire du parti communiste.
Digne d'un couplet de rap.
Comment créer une bonne punchline ?
Vraie question que je me suis posé : y a-t-il une méthode à suivre pour créer une punchline pleine de style ? Une punchline qui se remarque et qui marque.
En combinant ce que nous disent les anciens rhéteurs et les nouveaux rappeurs (et mon amour des mots), j'ai érigé 3 grandes étapes par lesquelles passer :
Étape 1- Trouve le message à faire passer
On ne se lance pas dans un toboggan aquatique sans savoir comment il se termine. Surtout à Aquaboulevard. Donc, on ne se lance pas dans l'impro d'une punchline sans connaître le message qu'on veut partager.
Déjà au Ier siècle, Quintilien nous disait que, pour bâtir un bon discours, la première étape était l'Inventio. Ce moment où on clarifie ses idées, ses messages, ses objectifs, son public. On te redonne toutes les étapes de Quintilien à suivre dans cet article Panache.
À ce stade, on ne cherche pas à faire du beau, on cherche à être clair.
On ne cherche pas des synonymes, on cherche à être compris.
Par exemple, j'aimerais dire ceci à un membre de TPMP :
> "Tu es une personne imbécile et servile, et ton ascension, tu ne la dois qu'à tes flatteries"
Langage plutôt soutenu dans un premier temps, je te l'accorde.
Dans cet article, on enrichit aussi notre vocabulaire.
On est plus proche de Dumas que Damso.
Mais tu as l'idée : face à moi, il y a un lèche-bottes et j'aimerais lui dire.
Voilà le message que je veux faire passer.
Étape 2- Fais des associations d'idées
Une fois le message clarifié, tu vas pouvoir commencer à jouer avec.
C'est le moment où on liste des synonymes, des mots du même champ lexical, des expressions qui résonnent en toi, des références culturelles... Bref, on note tout !
Par exemple, dans mon cas, voici quelques associations d'idées :
- Lèche-cul (et plein de synonymes argotiques)
- Hypocrite, Faux-cul, Double Face
- Idiot, Con comme un balai, Teubé (teub aussi tiens)
- Cancre, Âne
- Peau d'âne, bonnet d'âne
- L'émeraude ne perd de sa valeur faute de louanges (Marc Aurèle)
- Moi j’veux pas être au-dessus, je veux être à la hauteur (Nekfeu)
- Je préfère réussir ma vie que dans la vie (moi)
- ...
En totale transparence, sache que j'écris cet article en live et je fais l'exercice en même temps donc tu assistes à mon processus créatif et je ne sais pas encore comment je vais transformer toutes ces idées en punchline !
Quoi qu'il en soit, à ce stade, il est nécessaire d'avoir son message + quelques associations d'idées. La matière brute est là, maintenant à voir comment assembler le tout.
Étape 3- Assemble avec style et panache
Le moment le plus dur. Celui où il faut trier et organiser tes idées pour les transformer en quelque chose qui est simple, clair, joli, efficace, mémorable.
Pour t'aider, je me suis amusé à identifier 3 catégories de figures de style qu'on retrouve très souvent dans les punchlines, alors tu peux aller piocher dedans pour l'assemblage :
1- Les effets de son
Jouer avec les sonorités permet de créer une mélodie dans ta punchline. Les principaux avantages de jouer avec les sons sont que c'est facile à mémoriser et cela crée une harmonie pour le cerveau. Donc ça paraît plus vrai. Donc, tu te retrouves avec une punchline jolie ET qui rend un message plus convaincant car plus vrai. Et puis c'est presque l'effet le plus simple à utiliser.
Voici quelques figures de style du lycée qui t'aideront (souvenirs souvenirs) :
- L'assonance = répétition de voyelles.
> Exemple : "Je suis dans mon jaccuzi, t'es dans ta jalousie." (Aya Nakamura, mais en vrai La Fouine))
- L'allitération = répétition des consonnes.
> Exemple : "Et les jeunes sont saoulés, salis sous le silence / Seule issue la rue même quand elle est en sang" (Suprême NTM)
- La rime (ça va, tu connais ça)
2- Les effets de mots
Jouer avec les sons c'est rigolo, alors que jouer avec les mots, c'est un truc de pro. Je trouve que ça marque encore plus car on se dit "ah ouais, bien vu !". On a la chance d'avoir un vocabulaire riche en français : près de 100.000 entrées chez Larousse, donc on a de quoi s'amuser.
Voici quelques figures de style du lycée qui t'aideront :
- Le chiasme = effet de miroir AB|BA
> Exemple : "C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme" (Renaud)
- L'antithèse = création d'un contraste.
> Exemple : "L’argent ne fait pas le bonheur, la misère non plus." (La Fouine)
- La dérivation = mots formés sur la même racine.
> Exemple : "Ton bras est invaincu, mais non pas invincible" (MC Corneille dans "Le Cid", ouais ouais).
3- Les effets de sens
Joue avec l'imaginaire de ton public. Avec ces effets, tu peux créer un univers qui fait appel à des références partagées par beaucoup. Donc il y a une sorte de récompense pour le public : s'il a la réf, s'il comprend, alors il apprécie encore plus. Un petit shoot de dopamine qui vient saluer sa culture pop' et sa culturé G. Effet dans la durée garanti.
Voici quelques figures de style du lycée (encore) qui t'aideront :
- La métaphore = désigne une idée par une autre plus imagée
> Exemple : "Ma gueule de bois ferait passer Pinocchio pour un vrai p’tit garçon." (Orelsan)
- L'allégorie = représente une idée abstraite par une image concrète
> Exemple : "Seul au milieu du passage piéton, la faucheuse me fait des appels de phares" (Lomepal)
- La métonymie = remplace un concept par un autre qui est en rapport avec un lien logique.> Exemple : "Je t'ai coupé la parole, et t'as perdu ta langue" (Josman)
Bieeeeeeen, après ce petit cours de français, tu te rends compte qu'il existe pléthore de figures de style pour transformer un message banal en message mémorable. D'ailleurs, si tu veux t'amuser, il en existe 162 que tu peux retrouver et apprendre sur cette page. Joie des futurs dîners mondains.
Une bonne punchline ça ne s'improvise pas et ça ne se créé pas en 2 coups de cuillères à pot. Ça se travaille, ça se taille, ça se cisaille pour avoir la trouvaille semblable à une médaille.
Mais à ce stade, ce qui t'intéresse, c'est de voir lesquelles je vais utiliser pour transformer mon premier message n'est ce pas ?
Je te remets le message "banal" pour un membre de TPMP :
> "Tu es une personne imbécile et servile, et ton ascension, tu ne la dois qu'à tes flatteries"
Après mon petit exo d'associations d'idées et en piochant dans quelques figures de style, voilà ce que je propose (toujours en live) :
👊
"Haut comme 3 pommes, t’étais le mec avec le bonnet d’âne,
Dans ta terreur, tu t'fais croquer, où sont tes états d'âmes ?
Dans ton terrain, tu dragues tout le monde, on dirait Jean-Claude Dusse.
Ta double-face, moi j'la décolle, monsieur l’âne-ulingus"
👊
Verdict des lectrices et lecteurs ?!
J'avoue, je suis partie en clash façon rap, pas très utilisable hors contexte.
Ça a été un bon exercice de style (pas de ChatGPT avec moi).
Et ce que tu ne sais peut-être pas c'est que dans chaque article j'ai 4-5 mots imposés à placer.
Ils me sont envoyés en réponse à la newsletter mensuelle que j'envoie. Et aujourd'hui j'avais Toboggan | Alambiqué | Gouffre de Helm | Anulingus | Circonspect.
Je précise que je vise personne en particulier dans ma punchline, juste je n'aime pas du tout TPMP et ça m'a défoulé de faire ça ^^
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Quand utiliser tes punchlines ?
Bravo, tu as réussi à créer tes punchlines.
Tu es prêt à les dégainer pour mitrailler tes messages à des dizaines d'oreilles.
Stop.
L'erreur serait de penser que tu te trouves dans une Battle de Rap.
Car dans une prise de parole, tu n'es pas là pour divertir et montrer tes talents linguistiques. Tu es avant tout là pour instruire, informer, inspirer, émouvoir... dans le but de convaincre et persuader.
L'utilisation des figures de style doit rester discrète et rare.
Rappelle-toi, elles permettent d'élever tes messages forts de la masse, donc il faut les réserver à des endroits stratégiques.
Sinon le public va les repérer, s'en lasser et finalement s'en gausser.
Je t'invite à écouter cette analyse de 4min de Clément Viktorovitch sur le discours de Valérie Pécresse fait avant le 1er tour. Elle a usé et abusé des figures de style... ce qui a rendu son discours très mauvais.
Conclusion
Alors voici mon conseil des 3 moments où tu peux lâcher tes punchlines :
1- Dès l'accroche pour attirer l'attention et donner envie de t'écouter. Charge émotionnelle +++.
2- À la fin d'une partie pour résumer le message partagé et bien l'ancrer.
3- En conclusion pour délivrer une morale, aider le public à repartir avec un message stylé dont il se souviendra, et obtenir même quelques applaudissements mérités.
Sur le papier ça donne envie et tu te dis sûrement que tu n'oserais jamais faire ça dans la vraie vie. Sache que si tu veux muscler ton jeu oratoire, il va falloir te démarquer.
Maîtriser l’art de la punchline, c’est plus que savoir balancer une phrase choc. C’est un véritable outil pour capter l’attention, marquer les esprits et rendre ton discours mémorable. Rappelle-toi : elle doit être pertinente, bien dosée, et parfaitement alignée avec ton objectif.
Tente des choses, car comme le disait Thimothée Gustave, le Montaigne de chez nous : "Il faut cultiver la différence, et non l'indifférence".
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3 étapes pour créer des punchlines et rendre ton message mémorable
Pourquoi les émotions sont si importantes ?
Opposées à la raison, les émotions ont longtemps été perçues comme des facteurs qui troublent le jugement, font commettre des erreurs et débouchent sur des comportements aberrants. On peut même parfois se sentir manipuler par ces dernières.
Si ce point de vue reste encore largement répandu, il est remis en question par les connaissances scientifiques les plus récentes.
La prise de parole en public est une compétence qui repose sur la capacité à émouvoir et à toucher son audience, en utilisant des émotions bien ciblées pour capter leur attention.
En ce moment, je lis "Neuro Learning", un livre très instructif pour comprendre comment notre cerveau se met en action pour apprendre ou faire des choix. Alors je ne te cache pas que c'est un bon gros bouquin plutôt scientifique, où il n'y a aucun storytelling. Mais il a l'avantage d'être clair, pragmatique et instructif sur tout un chapitre lié aux émotions.
Suite à de récentes découvertes en psychologie des émotions, et en neurosciences affectives, il est désormais établi que les émotions sont un levier essentiel pour une prise de parole réussie et sont indispensables à la rétention de l'information.
Indispensables à la diffusion d'informations.
Indispensables à la diffusion de messages qui créent un changement chez l'autre.
C'est à travers un engagement émotionnel au moment où nous écoutons quelqu'un que nous progressons le mieux.
Il s'agit d'y rechercher ce qui est pertinent pour notre propre vie, et d'identifier dans notre propre vie ce qui peut être pertinent dans ce que nous écoutons.
En d'autres termes, notre motivation est nourrie par ce qui fait écho chez nous à un instant t, et les émotions sont là pour jouer la caisse de résonance.
Apprendre, changer d'opinion, passer à l'action... tout ça fait sortir de sa zone de confort et requiert un investissement considérable.
Il faut à l'être humain de bonnes raisons pour faire des efforts. Déjà que de descendre les poubelles ça demande parfois une bonne grosse dose de motivation, alors imagine ce que tu dois créer comme motivation auprès de ton équipe pour les embarquer dans la nouvelle stratégie de ton entreprise ?
C'est en cela que les émotions sont toutes utiles, qu'elles soient positives (agréables) ou négatives (désagréables) puisqu'elles sont porteuses d'un message qui permet de mieux nous adapter. Elles constituent une réaction à un événement et une préparation à agir. En ce sens, elles servent à évaluer le passé, mais aussi anticiper le futur.
Voilà quelque-chose de puissant pour inspirer le passage à l'action, donc STOP avec le purement rationnel, sans saveur, sans vie, sans Destiny's Child.
Quelles émotions pour quelles actions ?
Il faut savoir que le terme "émotion" vient du latin "emovere" qui veut dire "mettre en mouvement"... Voilà, voilà, tout est dit sur son importance ! Ce terme ne fait cependant pas encore l'objet d'un consensus scientifique quant à sa définition. On y met parfois des sentiments (l'amour, la jalousie, la zenitude...).
Pour convaincre et persuader efficacement, il est essentiel d'intégrer la rhétorique et l'engagement émotionnel dans ton discours, en veillant à ce que chaque émotion véhiculée suscite une véritable connexion avec ton audience.
Je vais donc surtout me concentrer sur 5 "émotions" de base qu'on trouve dans un discours :
- En utilisant la JOIE tu peux engendrer ces ACTIONS auprès de ton audience :
- l'engagement,
- l'espoir,
- l'adhésion,
- l'envie,
- la motivation.
Exemple : montre à l'audience les changements positifs qu'apportera ta solution à leur quotidien.
- En utilisant la PEUR tu peux engendrer ces ACTIONS auprès de ton audience :
- la fuite,
- le déni,
- le scepticisme voir le découragement.
- Mais aussi la volonté de vouloir échapper à l'effroi.
Exemple : montre les conséquences négatives de leur inaction, la perte potentielle MAIS surtout comment y remédier.
- En utilisant la COLÈRE tu peux engendrer ces ACTIONS auprès de ton audience :
- un effet mobilisateur pour ceux qui partagent les mêmes valeurs,
- mais un effet inverse pour tes opposants.
Exemple : trouve un ennemi commun avec l'audience comme le réchauffement climatique, Dark Vador, les gens qui utilisent des 4x4 en ville, l'injustice.
- En utilisant la SURPRISE tu peux engendrer ces ACTIONS auprès de ton audience :
- l'étonnement,
- la gratification,
- un pic d'intérêt,
- la mémorisation.
Exemple : propose quelque-chose de différent, montre une image choc qui résume ta pensée, dis-leurs "je vais vous avouer un secret que personne ne vous a jamais révélé".
- En utilisant la TRISTESSE tu peux engendrer ces ACTIONS auprès de ton audience :
- l'empathie,
- la volonté d'aider, de contribuer.
Exemple : montre une situation dans laquelle la cible pourrait se retrouver. Regarde cet exemple avec Adidas qui vient nous tirer les larmes.
Du temps à perdre ? J'ai un petit jeu à te donner qui risque de t'occuper un moment.
Je te partage une carte interactive des émotions. En passant ta souris sur un point de la carte (marqué par une lettre), tu peux voir la vidéo correspondant au mélange d’émotions indiqué. En haut à droite, tu retrouves également la catégorisation selon la taxonomie de 14 dimensions généralement utilisée pour décrire une émotion dans la recherche scientifique. N’hésite pas à explorer cette cartographie très intéressante et à voir si ton ressenti correspond à celui indiqué !
Comment véhiculer des émotions ?
Tu es déjà sûrement sorti d'une salle de cinéma en ayant vu une œuvre que tu as adoré. Je parle d'un film qui t'a vraiment marqué, un film WAHOU. Tu aurais pu retourner dans la salle le revoir (pour moi le dernier en date, c'est "Green Book").
Maintenant, souviens-toi de ton état au moment où tu en as parlé avec ton entourage. Comment leur as-tu décrit ce film ? Comment les as-tu embarqué dans cette histoire qu'ils ne connaissaient pas ?
Sans t'en rendre compte, je suis persuadé que tu as diffusé des émotions à ce moment-là. Tes mots étaient peut-être hésitants, brouillons, et tu as certainement oublié des morceaux importants de l'histoire. Mais tu en parlais probablement avec une certaine passion, avec une énergie qui donnait envie d'aller le voir. Certains sont peut-être même allés au cinéma grâce à toi.
Bravo, tu as inspiré ton interlocuteur à passer à l'action, donc tu as su le faire de manière naturelle.
Il faut savoir que le storytelling est un outil puissant dans la prise de parole, car il permet de créer une narration qui touche profondément l'audience en jouant sur leur sensibilité et leur sympathie.
Et pour parler de ta nouvelle stratégie pour 2024, comment transmettre des émotions ?
Comme pour le film que tu as énormément aimé, prends la parole sur des sujets qui te touchent et qui te passionnent pour transmettre tes émotions avec ce même naturel. Tu peux partager une expérience que tu as vécu, qu'elle soit drôle, triste, angoissante… peu importe, le principal est de faire revivre avec justesse ce moment à tes interlocuteurs. Ils seront ainsi d'autant plus captivés.
Pour cela, utilise les mots justes et sois sincère.
Par exemple, le dernier discours de Greta Thunberg "How dare you" a marqué les esprits car celui-ci est prononcé avec passion et conviction.
Par ailleurs, la jeune militante arrive à transmettre ses émotions en utilisant une figure de style puissante pour les libérer : l'anaphore*. Vous ne serez jamais performant en prise de parole pour parler de choses qui n'ont pas de valeur à vos yeux. (*la répétition en début de phrase d'un même groupe de mots.)
Côté attitude, posture, il y a aussi des gestes qui peuvent aider à transmettre la bonne émotion. Nous sommes tous d'accord pour dire que lorsque nous sommes en colère, ou pas très très content, nous fronçons les sourcils.
À l'inverse, un large sourire s'affiche sur notre visage lorsque nous sommes en joie.
Ces différents canaux d'expression sont (quasi) universels. Et ils sont terriblement efficaces.
Lorsque tu utilises la communication non verbale, tu peux amplifier l'impact de tes émotions, rendant ainsi ta prise de parole plus persuasive et capable de captiver l’attention de ton auditoire.
Pour plus de détails concernant la communication non-verbale, voici un article qui pourrait t'intéresser comment donner envie au public de t'écouter.
Petit, je me souviens très bien que lorsque ma mère me "faisait les gros yeux" je savais que je devais arrêter tout de suite ma future bêtise ! Et elle n'avait eu aucun mot à prononcer.
En somme, faites l'inverse de Droopy :
Plutôt que de te détailler ici tout ce qu'il est possible de faire avec le non-verbal (ton corps, ton regard) et ton para-verbal (la mélodie de ta voix), je vous partage un mémoire intitulé "L’observation des émotions au travers des communications non-verbales" et t'invite à aller jeter un œil directement page 57 pour avoir un tableau ultra complet sur ces différents canaux d'expression. Et merci à Sabine Noyer, l'autrice de ce gros travail.
Chose qu'il manque pourtant dans ce mémoire : des images !
Les audiences retiennent 10% de ce qu'elles ont entendu à l'oral 72h plus tôt ; contre 65% si l'intervention a été illustrée par un visuel.
Le phénomène a été prouvé par au moins une quarantaine d'expériences ces dernières années, sous le nom « Picture Superiority Effect ».

Lorsque c'est possible, utilise des visuels lors de votre présentation.
Notre cerveau associe l'image à des émotions, et donc retient bien mieux les messages.
Voilà pourquoi les TED talks sont pleins d'images et qu'on peut en faire de superbes parodies !
Si tu ne peux pas montrer d'images, alors sois descriptifs à l'oral pour aider l'audience à s'imaginer, à se projeter, à créer sa propre image, sa propre représentation de ce que tu racontes. Un peu comme je l'ai fait en intro quand je t'ai parlé d'une salle de cinéma :)
Conclusion
Finalement, cette citation de Maya Angelou, poétesse, écrivaine, actrice et militante américaine, résume tout :
"Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n'oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir"
Le storytelling est un bon moyen de véhiculer des émotions et voici un article pour connaître les étapes clefs à maîtriser.
En conclusion, une prise de parole réussie repose sur l'art de transmettre des émotions, qui, une fois maîtrisées, permettent d’engager l’audience et de susciter un intérêt durable pour ton message.
Julien de Sousa et toute l'équipe de Panache.
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LA chose qu'on ne voit pas assez dans une prise de parole
1. Contexte
Google organise régulièrement un grand concours pour récompenser et accompagner les startups sociales les plus prometteuses d'un pays. 5 ans après sa première édition en France, le Google Impact Challenge a de nouveau permis de mettre en avant des projets positifs français.
Cette année, la thématique était "le numérique à la portée de tous".
À l'issue d'un appel à candidatures national, 10 projets ont été retenus sur dossier. 10 projets qui vont devoir pitcher devant un public et plusieurs membres du jury tels que Jacquelline Fuller (Vice-Présidente Google.Org) ou Paula Forteza (députée spécialiste des sujets du numérique).
À la clef : une dotation financière de 600.000€ pour le lauréat et un accompagnement par les équipes de Google pour développer un outil numérique et faire grandir la boîte.
C'est dans ce contexte d'exigence et d'opportunités rares que la capacité à délivrer un pitch percutant devient non seulement un art, mais une nécessité absolue pour se démarquer et convaincre un jury de haut vol.
Autant te dire que c'est un sacré coup de boost pour ces projets qui ne méritent que de rayonner !
2. Les défis de Konexio
La directrice générale de l'association Konexio, Jean Guo, a fait appel à Panache pour lui permettre de briller pendant ce moment de prise de parole : concevoir un Pitch percutant de 1min30 + savoir répondre aux questions des jurés. Donc en seulement quelques minutes, il fallait sortir du lot pour gagner le gros lot.
Un temps extrêmement court afin de montrer que son projet mérite de remporter le premier prix.
3. L'accompagnement Panache
Avec un Pitch de 1min30, impossible de tout raconter.
Il faut aller à l'essentiel, mettre en lumière ce qui différencie ce projet des autres concurrents. Il faut raconter une histoire pour embarquer, être suffisamment concret pour rassurer, interpeller l'audience pour impliquer. Il a donc fallu sélectionner les 2-3 messages clefs à faire passer.
Au total, on a passé 6h de préparation avec Jean.
Un travail d'écriture a permis de produire la structure du pitch. Ce travail sur le fond, et notamment pour un pitch business, est essentiel avant de travailler la forme et la manière dont les messages vont être diffusés.
Le pitch est confidentiel, mais voilà la structure utilisée dans les grandes lignes :
Etape 1 : Introduit une accroche personnelle
Afin de gagner en légitimité, en qualité d'écoute et créer de l'empathie.
Les premières secondes de ta prise de parole sont décisives. Loin des introductions conventionnelles, une accroche personnelle permet d'établir une connexion authentique avec ton auditoire.
Etape 2 : Défini le problème
Un pitch percutant ne se contente pas d'énoncer un problème ; il le rend tangible.
L'objectif est clair : générer une émotion, provoquer une prise de conscience profonde. En définissant le problème avec cette intensité, tu ne présentes pas un simple constat, tu crées une urgence, une impulsion à agir.
Jean a brillamment illustré l'exclusion numérique, non pas par de froides statistiques, mais à travers une histoire concrète, empreinte d'humanité.
Étape 3 : Explique le contexte
Après avoir exposé le problème, il est crucial de le situer. Explique pourquoi ce problème est pertinent aujourd'hui, dans le monde qui nous entoure.
Exemple donc de Konexio : Le marché du travail demande des compétences numériques de base.
Étape 4 : Explique ta solution
Le problème est cerné, le contexte établi. Il est temps de présenter ta solution avec brio !
Jean a positionné Konexio comme un parcours de formation professionnelle structuré. L'essentiel est d'être clair, concis et, surtout, de démontrer comment ta solution répond directement à la problématique que tu as brillamment exposée.
Étape 5 : Mets en avant les avantages / atouts
Une solution, c'est bien. Ses bénéfices, c'est encore mieux ! Ne te contente pas de décrire ce que fait ta solution ; explique ce qu'elle apporte concrètement.
Jean a listé les trois atouts majeurs de Konexio. C'est ton opportunité de mettre en exergue la valeur ajoutée de ton projet, de montrer en quoi il est unique, efficace et pourquoi il mérite une attention particulière.
Étape 6 : Annonce les résultats actuels
Les belles paroles s'envolent, mais les résultats (et les chiffres !) demeurent. Pour un pitch percutant, il est impératif d'appuyer tes affirmations par des preuves.
Konexio a mis en avant l'impact significatif déjà généré depuis sa création. Présenter des preuves tangibles de succès renforce ta crédibilité et rassure ton auditoire.
Étape 7 : Développe ton ambition
Maintenant que tu as exposé ton parcours, projette-toi dans le futur. Quelle est ta vision ? Où souhaites-tu aller ?
Konexio a parlé de l'impact du projet dans les 5 prochaines années.
D’ailleurs, nous avons écrit un article sur Que doit-on retenir de ta prise de parole pour appuyer nos propos.
Plusieurs répétitions ont été nécessaires pour peaufiner, valider le texte et assurer la fluidité du pitch.
Puis, on a pu se concentrer sur la forme et les effets de style : respiration, punchline, ancrage, gestion de la voix, gestion du corps, gestion du stress.
Il fallait vraiment qu'on sente la différence d'émotions entre le problème et la présentation de la solution.
Et enfin, j'ai joué au membre du jury en posant toutes les questions possibles sur l'impact, le business, la stratégie de Konexio afin d'être aussi fin prêt à exceller lors de cette phase.
Au passage, voici quelques astuces au moment de répondre aux questions lors de ton pitch :
- Donne des exemples concrets, avec des personnes réelles, pour aider à mieux se projeter.
- Rappelle le contexte, le défi auquel tu fais face.
- Sois synthétique dans ta réponse, dans ce que tu as mis en place pour résoudre ce défi.
- Indique les résultats obtenus, ou les apprentissages que vous avez pu en retirer
- Prépare ce moment de Q/R en listant toutes les questions possibles.
- Si tu n'as pas la réponse, propose à la personne qui te pose la question de lui donner son point de vue. Cela démontre ton professionnalisme et ta capacité à gérer les imprévus en pitch..
4. Les succès
✅ Parmi les 10 finalistes qui ont pitché leur solution, Konexio a terminé à la première place, et a donc remporté le premier prix de 600.000€.
(Pas beaucoup de suspens en me lisant, sinon tout ceci n'aurait pas fait l'objet d'un cas !).

C'est une superbe victoire pour ce projet qui va pouvoir démultiplier son impact et pour l'équipe de Konexio qui se voit récompensée de tout le travail fourni depuis des années.
Le dossier de candidature était très solide et le choix se fait aussi au regard des autres concurrents.
Et bien évidemment, nous félicitons aussi tous les autres finalistes et lauréats car tous ces projets positifs méritent de rayonner, méritent de grandir, méritent d'avoir encore plus d'impact sur la société.

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Google : Konexio remporte 600K€ grâce à un pitch percutant
"T'as de la chance toi, t'es extraverti. Donc c'est plus simple pour toi d'aller vers les autres, de prendre la parole. Et puis tu as un bon relationnel. Et même tes cheveux sont plus soyeux."
Oui je suis quelqu'un qui a des traits d'extraverti, oui j'ai certaines facilités à parler à des inconnus. Oui j'aime bien prendre la parole. Mais seulement quand j'ai des choses à dire.
Mon métier consiste à former, donc à prendre la parole. Je connais parfaitement mon sujet, je prépare mes interventions, et je sais ce que j'ai envie de partager.
En revanche, hors contexte professionnel, il m'arrive le plus souvent d'observer, d'écouter, de me taire. Et plus il y a de personnes avec des tendances extraverties, plus je serai discret. À la place, je prends soin de mes cheveux, tout s'explique.
Pourquoi suis-je moins extraverti hors contexte pro ?
Parce que je ne rentre pas dans une case "extraverti".
Je suis un être humain plus complexe que ça.
Personne n'est "extraverti" ou "introverti".
Carl Gustav Jung, médecin psychiatre suisse, est le premier à avoir utilisé ses termes dans son ouvrage "Types Psychologiques" (1921) pour distinguer les deux types d’attitudes observables chez les individus selon leur tendance à s’intéresser aux objets externes (les autres, le monde) ou à leur propre univers intérieur.
Il précise dans son ouvrage : "Il n'est pas la vocation d'une typologie psychologique de classer les êtres humains dans des catégories - ceci serait assez futile. Son objet est plutôt celui de fournir une psychologie critique qui rend possible une investigation méthodique ainsi que la présentation du matériau empirique".
En d'autres termes : le degré d'extraversion est une échelle et non une catégorie distincte de l'introversion, et inversement. Donc on circule sur cette échelle en fonction de tout un tas de facteurs.
Tout le monde aime passer du temps entre amis / famille à chanter du Céline Dion (ce n'est pas réservé qu'aux "extravertis").
Tout le monde aime se ressourcer avec un bon livre, seul.e sur le sable les yeux dans l'eau (ce n'est pas réservé qu'aux "introvertis").
Néanmoins, par simplicité de lecture, j'écrirais seulement "introverti" ou "extraverti" mais vous avez compris que l'humain est plus complexe que ça hein !
Finalement, pour mieux comprendre ces 2 attitudes, imaginez qu'un individu "extraverti" commence sa journée avec 0 barre de vie (comme dans les jeux vidéos), et que "l'introverti" la commence avec 5 barres de vie.
Le premier va gagner de l'énergie à chaque interaction sociale, tandis que le second en perdra.
Donc la prise de parole en public va coûter plus d'énergie chez les "introvertis" et les timides contrairement à ceux qui le sont moins ou plus "extravertis". Ce qui ne veut pas dire que ces derniers ne ressentent aucun stress. Et ce qui ne veut pas dire non plus qu'ils seront meilleurs à l'oral. Que nenni.
Cette phrase entendue 1000 fois : "Je suis timide et introverti.e donc je ne sais pas prendre la parole en public", est donc fausse.
Ce n’est pas parce que l’on rechigne à faire quelque chose que l’on ne peut pas s’y distinguer.
Alors voici au moins 4 forces incroyables que vous avez cher.ère.e "introverti.e.s".
Quatre forces qui vous ouvrent la route sur le chemin de l'éloquence.
1- Votre "stabilité émotionnelle". À la différence des "extravertis" qui cherchent constamment la validation d'autrui pour exister, quitte à diffuser leur anxiété sans filtre, vous êtes moins perméables aux émotions négatives. Vous arrivez à mieux supporter les périodes de stress ou de doute. Ou tout du moins, ça se voit moins chez vous.
2- Votre capacité à être "consciencieux.se". La conception d'une excellente présentation orale demande beaucoup de travail. Winston Chruchill disait "Donnez-moi 3h et je vous fais un discours de 3min. Donnez-moi 3min et je vous fais un discours de 3h". Et il a raison, faire court, mémorable et impactant, ça prend du temps. Cela demande de la minutie et du sérieux. Au contraire, l’impulsivité, même si elle favorise un certain talent pour l’improvisation, peut être source de nombreux dangers et de nombreuses longueurs lorsque l’on s’adresse à un public.
3- Vous êtes "agréables" et "conciliants". Vous vous souciez du bien-être de votre public et vous cherchez à en prendre soin. Ce qui va favoriser l’empathie, marquer favorablement les esprits et vous aider à fédérer autour de vos idées.
4- Vous êtes "ouverts d’esprit". Votre capacité à observer, à écouter, à vous intéresser aux autres va favoriser votre créativité et votre imagination. Ce qui vous permet de créer des présentations à la fois plus personnelles et originales qui laisseront une trace émotionnelle forte.
Finalement, vous avez des forces incroyables de préparation, de réflexion et de minutie. Contrairement à votre collègue "extraverti" qui ne se préparera sûrement qu’à la dernière minute, vous aurez parfaitement verrouillé tous les aspects de votre présentation. Et ça c'est such a great news!
On considère que 90% des situations stressantes que nous vivons sont davantage liées à la perception que nous avons de notre environnement plutôt qu’au réel danger qu’il représente. Ça fait quand même pas mal de moments où on peut gagner en sérénité et en calme.
Alors pour vous aider à garder au moins 1 barre de vie pleine pendant votre prestation orale, voici quelques astuces pour gérer votre trac :
- Plusieurs jours avant : vous allez vous imposer une date de répétition pour vous forcer à préparer votre intervention. Vous ne vous sentirez pas prêts, c’est justement tout l’intérêt. Si rien ne va, c’est normal. Les répétitions sont là pour faire toutes les erreurs à gommer avant le jour J. Donc mieux vaut faire les erreurs à ce moment-là. Attention, répéter dans sa tête ne sert à rien. Cela ne fonctionne que si vous vous mettez au maximum dans de réelles conditions.
- Plusieurs minutes avant : saturez votre cerveau d'informations. Fermez vos yeux et portez votre attention sur tous les bruits environnants. Restez concentré.e sur tous ces bruits. Une fois que cela fait, ajoutez le sens du toucher puis le sens de la vue avec le principe de globalité. Le cerveau est limité dans le nombre d’informations qu’il peut traiter en même temps. Cette saturation favorise l’activation de l’aire préfrontale, synonyme de sérénité. En d'autres termes, vous faites diversion juste avant de monter sur scène : "Oh le cerveau regarde un éléphant rose là-bas !"
- Plus qu'une seconde avant : respirez. Il vous reste à surmonter ce pic d’adrénaline qui va vous envahir quand vous allez commencer. À chaque fois que votre cœur s’emballe, compensez par une profonde inspiration. Respirer profondément est le seul moyen pour vite reprendre le dessus. Avant de commencer à parler, regardez la salle et si vous n'avez pas encore souri, il n’est pas trop tard :)
En tant que personne "introvertie", cela vous coûte beaucoup de prendre la parole en public, et donc cela génère plus de stress. Mais le stress n’est pas une fatalité, c'est un signal d’alarme (petite vidéo explicative pour comprendre ce qu'il se passe vraiment dans notre cerveau). Quand on apprend à bien le gérer, il n’est plus un ennemi, il devient un moteur pour mieux nous comprendre et mieux nous préparer.
"Il y a 2 types d'orateurs dans le monde : ceux qui ont le trac, et ceux qui mentent" - Mark Twain
Gloire aux timides et aux introvertis !
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Julien de Sousa, président co-fondateur

Gloire aux timides et aux introverti.e.s
Introduction
Les conflits en entreprise… Ces moments random où l'open-space prend des airs d’arène parce que ton collègue Kevin se transforme en orateur enflammé prêt à tout pour défendre son droit sacré de laisser traîner ses tasses sales partout.
Kevin, ta tasse “Meilleur papa du monde” on s’en fout.
Heureusement, il existe des outils concrets, pour gérer les tensions professionnelles sans sortir le gilet pare-balles émotionnel.
La méthode DESC.
Un outil de communication assertive hyper simple, hyper utile et franchement sous-coté.
Que tu sois RH, manager ou juste allergique aux conflits, tu vas adorer l’adopter.
1. Quels sont les types de conflits en entreprise ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, mettons un nom sur ces joyeusetés qui peuvent transformer un open space en zone de turbulences :
- Conflits interpersonnels : Kevin ne supporte plus que Julie coupe la parole à chaque réunion.
- Conflits de rôle : “Je croyais que c’était à toi de faire ça !” – “Euh… non ?”
- Conflits de valeurs : “Pourquoi on bosse là-dessus ? Ça va à l’encontre de mes principes.”
- Conflits liés au management : “On change d’objectifs tous les deux jours, je suis paumé.”
- Conflits organisationnels : “Tu veux que je gère trois projets en même temps, sérieusement ?”
Et la cerise sur le gâteau : le stress au travail vient souvent amplifier ces tensions.

2. Qu'est-ce que la méthode DESC ?
Mais c'est quoi, au juste ?
La méthode DESC, c’est comme le mode d’emploi des gens pénibles (ou juste stressés, restons diplomates).
Elle se décline en quatre étapes faciles à mémoriser, même pour celles et ceux qui emploient encore l’expression “je suis tête en l’air” :
Partons du principe que tu veux dire à ton/ta collègue que ses retards à répétition te mettent la tête comme un gros chat.
D pour Décrire (Describe)
- Expose les faits de façon objective, sans jugement, sans interprétation. (même si, soyons honnêtes, l’envie ne manque pas, je sais).
Exemple : « Quand tu arrives systématiquement en retard aux réunions… »
À ne pas dire : Quand tu débarques avec 20 minutes de retard et un café XXL comme si de rien n'était…
E pour Exprimer (Express)
- Partage tes ressentis sans attaquer personnellement le ou la principal.e concerné.e (oui, même si c’est tentant).
Exemple : « …Je me sens frustré car on perd du temps. »
Traduction non-officielle : Sérieusement, tu crois que je me lève plus tôt pour le plaisir ?
S pour Spécifier (Specify)
- Propose une solution claire, concrète et réaliste.
Exemple : « J’aimerais qu’on fixe un horaire plus réaliste. »
Traduction non-officielle : Je fais un pas vers toi donc fais un pas vers moi please.
C pour Conclure (Consequences)
- Explique les conséquences positives d’un accord et termine sur les bénéfices concrets de ce dernier.
Exemple : « Ça permettrait d’avancer plus efficacement. »
Traduction non-officielle : On finirait moins tard et peut-être que l’on pourrait manger à une heure décente.
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3. Pourquoi la méthode DESC est-elle efficace pour les RH ?
Appliquer la méthode DESC, c’est poser un cadre clair pour gérer un conflit professionnel sans escalade émotionnelle.
Si tu es un.e RH chevronné.e ou débutant.e ce genre de conflits c’est certainement ton lot quotidien : que ce soit entre toi et les employé.e.s ou entre les employé.e.s eux-mêmes.
Pour toi la maîtrise de la méthode DESC peut-être un véritable game-changer et ce pour plusieurs raisons :
1. Elle désamorce les tensions
C’est un peu comme un extincteur pour les susceptibilités : ça calme vite et bien.
Parce qu’elle prend en compte tes besoins et ceux de ton interlocuteur ou interlocutrice, pour aboutir sur une solution qui pourra vous satisfaire à tous les deux.
Elle permet de canaliser les émotions et d’éviter que le conflit n’explose façon épisode de téléréalité.
2. Elle structure la parole
Idéal quand t’as affaire à des collègues qui monopolisent la parole comme s’ils avaient payé un forfait illimité.
En appliquant cette méthode tu cadres la discussion autour de choses plus factuelles et tu encourages une solution commune.
Ça évite de te retrouver avec des justifications insensées ou improbables et des digressions de l’infini.
En clair, tu parles de faits, de ressentis, de solutions. Et ça, c’est du pain béni pour les RH et les managers.
3. Elle est facile à transmettre
C’est un acronyme de 4 lettres qui définissent tout le déroulé de la méthode.
C’est à la fois hyper simple à expliquer et hyper concret quand tu veux l’illustrer.
Genre Kevin qui rend fou avec sa tasse.
La méthode DESC instaure une dynamique positive dans les échanges.
Tu n’es plus dans la plainte, tu es dans la co-construction.
En clair, elle favorise une culture du feedback.
4. Comment transmettre la méthode DESC aux équipes ?
Le truc c’est que les choses les plus simples sont aussi celles que l’on oublie le plus vite.
Pourquoi ?
Parce qu’on se dit que vu la non-complexité de l’affaire, on s’en rappellera le moment venu.
Donc on bosse pas le truc et ça finit aux oubliettes avec les gestes de premier secours.
(Révise les tout de suite après la fin de cet article si ce n’est pas à jour dans ta tête !)
Pour que la méthode DESC s’installe donc vraiment dans les habitudes de l’entreprise, tu dois proposer des formations, des outils et un suivi concret.
Sinon autant siffler dans un violon.
(C’est pas la bonne expression mais elle est plus classe comme ça non ?)
1. Formations concrètes et percutantes
- Organise des ateliers basés sur des cas concrets, comme « Comment gérer un collègue qui croit que le micro-ondes est sa propriété privée ». Fais simple, mais fais vrai.
Tu peux aussi demander aux employés de proposer eux-mêmes des cas concrets grâce à des questionnaires anonymes en intra.
- Utilise des jeux de rôles pour illustrer chaque étape du DESC.
La pratique c’est ce qui va permettre d’ancrer la méthode dans la manière de communiquer des employé.e.s. et pour ça, les jeux de rôles remplissent parfaitement la mission.
- Tu prends 2 volontaires.
- Tu attribues les rôles : Par exemple Sylvie sera celle qui utilise la méthode DESC et Sonia celle qui la reçoit.
- Tu donnes le contexte : “Sonia quand tu es dans l’open space, tes Airpods sont trop forts et ça dérange tout le monde.”
- Action !
2. Outils pédagogiques efficaces
- Crée des fiches synthétiques.
Des petites cartes à garder dans son porte-feuille ou une image hyper ludique sous forme de mindmap (cet outil est génial pour en faire d'ailleurs Miro).
Tu peux aussi envoyer à tes équipes un PDF qui résume très succinctement (pars pas dans 72 pages, c’est ça que je veux te dire) la méthode et proposer immédiatement, un quizz derrière avec une petite récompense pour challenger tout le monde !
- Tourne des vidéos pédagogiques
Si tu te sens l’âme plus proche d’un Timothée Chalamet ou d’une Sydney Sweeney, tu peux aussi tourner carrément des vidéos très courtes, pour développer le concept de la méthode.
Fais en sorte que ça ne dure pas plus de 5 minutes, le but c’est que tout le monde puisse la voir.
Reste simple, pas de jargon ou de terme complexe.
Si tu as besoin d’aide pour structurer ta vidéo, tu peux utiliser la méthode EAB :
- Évènement : Annonce le sujet dont tu vas traiter.
- Action : Donne les actions à à faire pour le mettre en place.
- Bénéfices : Mets en lumière les bénéfices directs à l’issue de ces actions.
Simple, court, efficace.
C’est bonus, c’est cadeau.
(C’est Dale Carnegie, tu le connais pour le livre “Comment se faire des amis”).
3. Suivi personnalisé
- Planifie des sessions de feedback :
Une fois la méthode DESC présentée, apprise, soulignée, ingurgitée et digérée (ça fait beaucoup là non ?) vient le moment de voir si tout ça sert à quelque chose ou si, éventuellement, il y a besoin de plus affiner certains points.
Tu peux prendre 10 minutes avec tout le monde, pour déceler les difficultés à appliquer la méthode ou si tout roule comme sur des roulettes (on te le souhaite).
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5. Bonnes pratiques et erreurs à éviter
✅ À faire :
- Rester factuel : Ne rentre pas dans des théories du complot de l’infini.
- Préparer ses arguments : Arriver avec des arguments préparés c’est aussi te permettre d’être plus calme au moment où tu parles. Ça aidera à créer un climat d’écoute.
Tu peux lire en complément notre article sur Convaincs même avec peu d’arguments.
- Adopter un ton assertif mais respectueux : Pas besoin d’imiter le ton passif-agressif de certains emails internes.
❌ À éviter :
- Jouer au psy : Non, Kevin ne laisse pas traîner ses tasses parce qu’il a des problèmes non résolus avec l’autorité (en vrai oui mais c’est pas votre métier)
- Trop se justifier : Ce n’est pas un procès.
- Dramatiser : Garde les violons pour les soirées karaoké.
Tu veux savoir comment former tes collaborateurs à la prise de parole alors lis notre article.
Étude de cas d’un conflit résolu avec la méthode DESC
Contexte : Pauline, chef de projet, est frustrée car son collègue Hugo ne respecte jamais les deadlines.
Sa version DESC :
- D : “Depuis trois semaines, tes livrables arrivent systématiquement après la date fixée.”
- E : “Je me sens mise en difficulté auprès du client.”
- S : “Peux-tu m’indiquer à l’avance quand tu penses avoir du retard ?”
- C : “Ça me permettrait de réorganiser le planning sans stress.”
Résultat : Hugo a compris l’impact de ses retards, a proposé une solution, et la relation s’est assainie. Et ça c’est top.
Conclusion : La méthode DESC, un GPS pour sortir des conflits
La méthode DESC, c’est un peu comme un GPS pour trouver une voie au milieu des conflits.
Elle structure le dialogue, apaise les tensions et oriente les échanges, vers des solutions concrètes sans perdre personne en route.
Et maintenant ?
Testez la méthode DESC lors de votre prochaine réunion sous tension. Et si vous voulez aller plus loin, explorez nos formations sur la rhétorique et l’art de convaincre.
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Gestion des conflits en entreprise : les outils essentiels
1. Contexte
Maël* travaille dans une grande structure où les réunions d’équipe ont, au fil du temps, perdu toute forme d’échange réel. Le management est descendant, verrouillé, et une figure hiérarchique forte - autoritaire, parfois agressive - étouffe toute tentative d’expression.
Lors des comités hebdomadaires, les collaborateurs s’autocensurent, par peur de subir des remarques cinglantes, des humiliations, ou des représailles subtiles.
Dans ce contexte tendu, Maël fait partie d’un parcours Panache. Initialement, il vient pour gagner en assurance à l’oral. Mais très vite, en coaching individuel, un enjeu plus profond émerge : retrouver sa voix face à une autorité qui écrase.
2. Les défis de Maël
Maël n’avait jamais osé prendre la parole dans ces réunions. Il se contentait d’écouter, de subir, comme beaucoup de ses collègues. Il ne se sentait ni légitime, ni en sécurité pour exprimer un désaccord, encore moins pour remettre en question un mode de management toxique.
Mais au fil de la formation, il a gagné en clarté, en solidité intérieure, en stratégie de discours. Et surtout, il a compris une chose essentielle : sa parole pouvait être un levier de transformation, pas seulement de résistance.
3. L’accompagnement de Panache
Avec Maël, nous avons travaillé sur :
- la posture d’assertivité : parler fermement, sans agressivité. L'effet Pygmalion a été un outil formidable pour débloquer tout ça ;
- la clarté du message : formuler des feedbacks structurés, inattaquables, et porteurs de solutions avec la technique CRAC ;
- le courage d’intervenir au bon moment, en toute conscience du contexte et des enjeux humains.
Le jour venu, Maël a pris la parole en réunion. Il s’est adressé directement à son manager, calmement, clairement, en nommant les comportements problématiques. Sans colère, sans peur. Juste avec une parole posée, incarnée, indiscutable.

4. Les résultats
✅ Le manager, surpris, a reconnu le message : “Point taken”.
✅ La réunion s’est poursuivie… mais le silence ambiant s’est fissuré.
✅ Après la réunion, plusieurs collègues sont venus le voir pour le remercier, lui dire qu’ils vivaient la même chose… mais n’avaient jamais osé parler.
✅ Le sujet a émergé au sein de l’équipe, libérant une parole collective.
✅ Des mesures ont commencé à être envisagées pour repenser le mode de fonctionnement managérial.

“Je suis sortie de cette réunion en me sentant puissante. Et surtout, je me suis rendu compte que j’avais permis à d’autres de se sentir entendus aussi.”
Ce que Maël a débloqué ce jour-là dépasse largement le cadre de la prise de parole.
Il a enclenché un mouvement.
Parce que parfois, une voix suffit pour rallumer la parole des autres.
*Le prénom a été changé pour son anonymat au regard du sujet.
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Maël : être assertif contre un manager agressif
Introduction
40 minutes.
Voici la durée de cette épreuve du Grand Oral du Bac. Alors non, je te rassure, tu ne vas pas parler pendant 40min.
Notre capacité de concentration maximale étant limitée à 18min (durée max d'un Ted Talk), ça ne serait pas du tout fair-play de demander à des lycéen.nes de réaliser l'exploit de déjouer les habitudes de notre cerveau.
Au total, l’épreuve dure donc 40 minutes : 20 minutes de préparation, 20 minutes devant le jury, et elle se déroule en trois temps :
- 5 minutes de discours ;
- 10 minutes de questions / réponses avec le jury composé de 2 professeurs ;
- 5 minutes d'échanges sur l'orientation professionnelle.
Avant l’épreuve, et pendant l’année scolaire, les élèves ont préparé, avec leurs professeurs, deux questions qui portent sur leurs deux spécialités de Terminale.
Lors du Grand Oral, le jury en choisit une des deux : le/la candidat·e a 20 minutes pour organiser ses idées et son plan.
Exemples de questions :
- Être illettré·e empêche-t-il d'être compétent·e ? (Non. Bon, maintenant, il faut détailler) ;
- Comment la science-fiction aide-t-elle à penser les dangers qui menacent l'humanité ? (débrancher SkyNet dans Terminator déjà) ;
- En quoi les clathrates de méthane font-ils peser une menace sur le climat ? (là, perso je suis incollable) ;
- Comment l'astronomie, la navigation et le calcul bancaire sont-ils à l'origine de l'invention des logarithmes ? (spé Maths tu l'auras compris) ;
- ...
5 minutes pour prendre la parole, c'est à la fois long (l'audience peut décrocher) et très court (il faut chercher à être efficace).
Il faut donc travailler le fond et soigner la forme.
On trouve déjà là un énorme point commun entre cette épreuve et le monde professionnel : comment parler d'un sujet qu'on maîtrise à priori pour le restituer de manière claire, concise et intéressante ?
Ces qualités vont en effet se révéler essentielles tout au long de ta vie étudiante, mais aussi en tant qu’adulte pour ta vie personnelle et professionnelle. Apprendre à s’exprimer, à argumenter, ou encore à écouter font partie des compétences travaillées pour le Grand oral du Bac qui s’avèrent indispensables dans la vie professionnelle.
L’exercice du Grand oral pourrait d’ailleurs être utile à tous les adultes qui manquent d’aisance à l’oral pour s’entraîner à prendre la parole en public de façon claire et convaincante, à argumenter de manière synthétique et à créer un discours construit qui donne envie d’être écouté. Des acquis importants dans la plupart des métiers, pour mener une réunion ou manager une équipe par exemple, mais aussi en entretien d’embauche, et même dans la vie courante en général comme lorsque tu dois convaincre Dominique de partir à Saint-Pée-sur-Nivelle plutôt qu'en baie de Somme pour les vacances d'été.
Alors, mon premier conseil : n’envisage pas le Grand oral uniquement comme un examen à passer, mais aussi comme un entraînement nécessaire pour l’avenir.
Le fond
Une présentation bien préparée est une présentation bien ordonnée.
Ma recommandation est de choisir un plan en 4 étapes :
1- Ton accroche ;
2- L'annonce de ta question / problématique (1min30 avec l'accroche) ;
3- Le développement de ton argumentation (3min) ;
4- Ta conclusion (30 sec).
1- Ton accroche
C'est ta toute première phrase, elle est absolument essentielle, car elle annonce la couleur et suscite l'intérêt dès les premiers instants. Son rôle est triple :
- Elle sert à interpeller ton auditoire > c'est TOI qui parles.
- Elle sert à capter son attention > c'est TOI qu'on écoute.
- Elle sert à attirer la bienveillance > le public a envie de prendre soin de TOI autant que tu vas prendre soin de LUI.
Alors, au lieu d'un classique et barbant "Bonjour à tous, je suis Julien de Sousa, élève de Terminale S au Lycée Van Gogh, et je vais vous parler de l'importance d'explorer notre univers...", donne au public une accroche percutante.
Voici 3 exemples d'accroche :
- Une question indirecte : "Au regard de la taille de notre univers, avez-vous déjà songé qu'une planète semblable à notre Terre existe ailleurs ?"
- Une anecdote : "Dans les années 1960, la NASA a imaginé les premiers casques sans fil pour rester en contact avec les astronautes sans qu'ils soient gênés par leur matériel. Ce genre d'inventions créées pour l'exploration spatiale se retrouvent bien souvent dans notre quotidien, par exemple ..."
- Une référence à l'actualité : "Plus de 2 millions de personnes ont regardé le Live du dernier décollage de la fusée Space X où notre cher Thomas Pesquet s'est envolé pour la station ISS. L'univers fascine car..."
Les possibilités sont infinies (comme l'univers !) tant que tu entres de manière dynamique dans tes propos.
2- L'annonce de ta question / problématique
Tu n’es pas là pour jeter ta question à la tête de ton public, tu es là pour expliquer en quoi ce sujet est intéressant, quels sont les problèmes qu'il pose, les enjeux qu'il soulève...
En somme, pourquoi mérite-t-on de se pencher sur une telle question ?
Et l'idéal est que tu saches toi-même pourquoi cette question te concerne, aussi bien qu'elle concerne ton public. Ce qui te donnera aussi un avantage au moment de la phase de Q&R, car pour développer ton leadership, tu dois savoir pourquoi tu fais les choses, pourquoi tu fais ces choix, pourquoi tu prends telle ou telle décision.
Le public n'attend pas un·e bon·ne élève qui montre qu'il/elle a fait ses devoirs, le public attend un·e orateur·trice qui montre un point de vue.
3- Le développement de ton argumentation
Il serait difficile pour moi de te dire comment organiser cette partie, car tout va dépendre des arguments soutenus et des exemples choisis pour illustrer et valider tes propos. Cependant, il est primordial de travailler ta rhétorique et de rendre ton propos fluide, logique, avec une suite d'idées ordonnée.
Et pour t’aider à garder une trame cohérente, privilégie les connecteurs logiques pour lier les idées entre elles : Tout d'abord / De fait / Par conséquent / Néanmoins / Cependant / Or / En définitive...
Tente également d'élever ta présentation en enrichissant ton vocabulaire avec des synonymes de ce genre de verbes passe-partout : avoir / être / faire / dire / faire / mettre...
En revanche, supprime les mots parasites, inutiles et lourds tels que :
Genre / En fait / Du coup / Euhhh / Enfin voilà quoi / Internet of Things...
4- Ta conclusion
C'est le moment où tu vas clore (on ne dit pas "côturer", tu ne créés pas un enclos à moutons hein). Le moment où tu dois laisser un bon souvenir à ton public. Il est donc important de faire ces 3 choses :
- Résumer brièvement ton propos en 1 phrase ou 2 et rappeler ta réponse à la question. Le public a ainsi bien compris ton raisonnement.
- Faire une ouverture. Ta réponse n'est pas la fin, mais le début d'une réflexion beaucoup plus grande.
- Avoir une dernière phrase qui indique que c'est la fin en véhiculant une certaine émotion pour toucher le public et ne pas terminer sur la réplique la plus pourrie de l'univers : "voilà, merci pour votre attention" ou "voili voilou" !
Astuce pour supprimer ce relou "voilà" : mord-toi la langue à chaque fois que tu le prononces. Tu auras tellement d'aphtes qu’il finira par disparaître de tes discours. Moi, j'en ai eu pour 200 € d'Hextril.
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La forme
C'est ton éloquence qui fera la différence.
L’éloquence, c'est ta capacité à sublimer ton fond grâce à ta voix (paraverbal) et ton corps (non-verbal).
Prendre la parole en public n'est pas un don, c'est une compétence qui s'apprend.
1- Ne t’entraîne pas à réciter, entraîne-toi à répéter
Le plus important ce n'est pas de connaître ton discours par cœur, c'est de connaître ton accroche, tes idées clefs et ta conclusion.
Si tu oublies une phrase, personne ne le saura jamais.
2- Dire moins et dire mieux
Chronomètre-toi à la maison pour te rendre compte de ce que ça fait de parler pendant 5 minutes.
Entraîne-toi à discourir. Si tu dépasses le timing, ne te dis pas que tu parleras plus vite le jour J.
Fais des phrases plus courtes et garde tes arguments supplémentaires pour la phase de Q&R.
3- Ancrage et bonne image
Ton corps envoie des signaux.
Alors, ne te balance pas, reste droit·e, posture haute, bien ancré·e dans le sol, avec les mains au niveau du nombril.
Sers-toi de cela pour rendre ton discours dynamique, sans partir en danse Fortnite non plus.
4- Plus de silence pour faire du bruit
Au lieu d'un mot parasite et inutile, privilégie les pauses et les silences. Ils ont un triple avantage :
- Ils permettent de réfléchir à ce que tu vas dire ensuite. Pratique.
- Ils permettent de créer du rythme et mettre de l'emphase. Esthétique.
- Ils permettent de laisser le temps au public de digérer ce que tu partages. Gastrique.
5- L'œil qui regarde bien, la voix qui vibre
Pendant ton intervention, maintiens ton regard sur le public pour maintenir leur attention. Ne te préoccupe pas de la propreté du sol, du tableau ou des fenêtres. Préoccupe-toi de celles et ceux qui t’écoutent.
Et parce qu'ils t’entendent, profites-en pour leur jouer une belle mélodie avec votre voix.
C'est ce qu'on appelle la "prosodie" : articulation, volume, intonation, débit.
6- La congruence, reine de l'éloquence
Connaitre ton discours, c'est bien.
Jouer avec ton corps et ta voix, c'est très bien.
Y mettre les bonnes intentions et être parfaitement aligné·e, c'est le must du must.
C'est ce qu'on appelle la "congruence" : ta capacité à incarner pleinement ce que tu racontes, à montrer que tu as à cœur de convaincre.
Sois enthousiaste, enjoué·e, vibrant·e. Les émotions transmises feront que tu passeras d'une intervention réussie, à une intervention brillante et inoubliable.
Oui, ça fait beaucoup d'éléments à intégrer.
Oui, c’est une épreuve qui demande pas mal de pratique.
Oui, ce moment risque d'être stressant.
Mais, si tu travailles soigneusement cette épreuve, tu ne seras pas seulement capable de réussir cet examen ou même de prendre la parole…
Tu sauras comment convaincre.
Julien de Sousa, fondateur de Panache.
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Réussir le Grand oral du Bac : entre argumentation et éloquence
Introduction
Je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur, Caroline.
Maintenant, tu peux remplacer le prénom "Caroline" par "Potentiel Prospect", PP pour le reste de cet article.
Pour celles et ceux qui n'ont pas la punchline et le phrasé de MC Solaar, sache qu'il existe quelques techniques pour devenir très doué en réseautage.
Ahhh le réseautage !
Tu sais, ce moment que peu de gens affectionnent car on doit parler à des dizaines d'inconnu-e-s avec un verre à la main, un petit four brûlant dans l'autre, et toujours en prenant son courage à deux mains.
Pas simple lorsque les dites-mains sont justement déjà occupées.
Je n'apprécie pas particulièrement ces moments-là.
Ce n'est pas le fait de parler avec des inconnu-e-s qui me dérange, c'est surtout le cadre de certains de ces événements.
Par exemple, j'ai vécu 2 événements de networking horribles dernièrement :
- Le premier était au sein d'un club de dirigeants d'entreprises dès 8h du matin. Chacun passait 30sec face à 50 personnes pour pitcher son activité. L'idée n'est pas mauvaise en soi, mais le côté speed-dating avec les yeux encore endormis, c'est chaud. Les miracles morning ce n'est pas mon dada, voilà pourquoi j'écris ces lignes à 00h12 en ce moment-même.
- Le second avait lieu en soirée dans le très joli Palais de la Bourse à Marseille. Décors feutré, expo de La Joconde, dress code chic. J'étais venu pour l'occasion avec mon seul costume : celui que je mets au mariage, aux enterrements et aux rdv importants. Je suis le mec de Bref en fait. J'avais aussi mis des chaussures un peu classe couleurs caramel que j'avais portées une seule fois avec des Compeed. Eh bah je sais pourquoi j'avais mis ces protections anti-ampoules. J'ai marché 100m pour aller au Palais, en a résulté des talons en feu et j'ai passé la soirée sur la pointe des pieds à me tordre de douleur. Autant te dire que se lisait sur mon visage l'envie de vite rentrer porter des tongues.

En revanche, je sors de 3 jours entiers de networking lors du ChangeNOW Summit et là les planètes étaient alignées pour dégainer mes outils qui piquent le cœur de mes PP.
Vêtu d'un T-shirt, d'une paire de basket confortable, de 10h à 18h, autant te dire que ça a networké sévère.
J'ai tenté différentes choses, j'ai échangé avec +30 personnes et c’étaient de super moments.
Je te propose une compil' de 9 conseils pour passer de ass à as du networking dans le but de te créer de belles opportunités pro, et perso.
1- Ne vends rien
C'est peut-être contre-intuitif mais un événement de networking n'est pas fait pour vendre.
Ou du moins, pas de manière directe et frontale.
Imagine-le comme un moment pour te connecter à d'autres.
Pour élargir ton réseau, pour découvrir des métiers, des personnalités, des humain-e-s.
Alors ne te fixe pas un nombre de ventes à avoir réalisé.
Ni même un nombre de cartes de visite à avoir récolté.
Tu fais grandir ta notoriété et plantes des graines qui germeront plus ou moins vite.
De mon côté, j'ai eu 30 rencontres en 3 jours = 10 / jours = au moins 30min passées avec chacune d'elle.
Privilégie la qualité des relations à la quantité des interactions.
2- Ne te présente pas tout de suite
Pendant le salon, je suis allé voir quelques stands et je leur ai demandé :
"C'est quoi X ?"
X étant le nom de leur boîte.
Dans 100% des cas, j'ai eu le droit à un pitch de leur solution, leur offre, leur argumentaire.
Au moins 5min où j'écoutais un discours bien rôdé qui avait été répété des dizaines et des dizaines de fois.
Dans lequel j'étais ni incorporé, ni même la cible.
Ne fais plus jamais ça.
En lieu et place, si quelqu'un te demande "Tu fais quoi dans la vie ?"
Réponds-lui : "Parle-moi de toi avant, je suis hyper curieux-se de savoir ce qui t'a amené ici et ce que tu recherches ?"
Grâce à ce procédé, tu marques 2 points :
- L'autre se sent impliqué et valorisé car il parle de lui d'abord (on aime tous raconter notre vie).
- Tu en apprends plus sur l'autre afin de mieux adapter ton discours à ses connaissances, ton argumentaire à ce qui l'intéresse et tes exemples à son quotidien.
J'avais partagé ce conseil sur un post LinkedIn, et des petits coquins sont venus voir si je me l'appliquais.
La réponse est OUI !
L'occasion de bien se marrer aussi à rencontrer des espionnes ;)
Et puis si vraiment tu dois pitcher ce que tu fais, alors viens apprendre à bien pitcher en lisant cet article.
Intéresse-toi à l'autre et tu seras déjà apprécié-e.
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3- Trouve des points communs
Des connaissances pro en communs, des amis en communs, une boîte en commun, un lieu de vie en commun, un pays visité en commun, un film vu récemment en commun...
J'ai réussi à trouver plusieurs points communs à chaque nouvelle rencontre sur le salon.
Bon facile parce que c'est un salon où l'ESS (Economie Sociale et Solidaire) était très présente et ça fait 10 ans que je baigne dedans.
Cela amène tout de suite une énergie sympathique et tout devient plus simple.
Dans les questions "brise-glace" pour lancer les échanges, essaie de trouver vos points communs :
- De quelle ville viens-tu ?
- Qui connais-tu ici ?
- Ah toi aussi tu aimes boire ta coupe avec le petit doigt levé ?
Avoir des choses en commun, même minimes, est un des moyens les plus rapides et simples de créer un lien et d'être apprécié des autres.
Et si en plus tu fais 1 ou 2 compliments, alors là tu marques d'autres points.
Comme dit l'adage, qui se ressemble s'assemble.
4- Pose des questions puissantes
On a bien souvent l'impression qu'il faut étaler son CV, ses expériences et son portfolio pour montrer qu'on est quelqu'un de génial.
Le hic avec ça, c'est que tu passes tout de suite pour quelqu'un d'égocentrique avec un melon de la taille de mes ampoules du Palais de la Bourse.
Alors pour montrer ton savoir / expertise sans égo-trip, il suffit de poser de vraies bonnes questions qui font réfléchir ton interlocuteur.
Et peut-être même que ces réflexions vont le pousser à repenser son activité et ses besoins.
Et faire appel à toi ...
Bien évidemment, ces questions sont à créer en fonction de ton activité, mais voilà ce que ça donne de mon côté :
- Qu'est-ce qui a très bien fonctionné la dernière fois que tu as délivré une prise de parole importante ?
- À l'inverse, quelle est la dernière fois où tu as manqué une belle opportunité ? Pourquoi ?
- C'était quoi le message clé que tu souhaites faire passer ?
- Et ton objectif à ce moment-là ?
- Quels freins avais-tu identifiés avant de tenter de les convaincre ?
- Quelle structure de plan avais-tu choisie ?
...
Une question puissante laisse une trace éclatante.
5- Commence à aider sans rien attendre en retour
La générosité, le don et l'apport de valeur sont des armes redoutables.
Au même titre que les questions puissantes montrent un certain savoir, les conseils que tu peux déjà prodiguer démontrent déjà une certaine expertise.
Une réponse bien trouvée, une astuce bien donnée, un contact bien partagé... ce sont autant d'options pour marquer la mémoire de l'autre qui ne s'attendait pas à repartir riche de ton aide et riche en Vitamine C du petit smoothie fraise-orange du bar.
J'ai un bel avantage dans mon métier.
Étant donné que je pose des questions sur l'autre, je peux déjà avoir une idée sur sa manière de prendre la parole : est-ce clair ? est-ce convaincant ? est-ce plaisant ?
Du coup, il m'est arrivé de donner du mini-coaching en introduisant mon aide comme ceci :
"Tu sais, mon métier c'est justement de t'aider à prendre la parole de manière plus efficace, et après t'avoir écouté j'ai noté de belles choses et 2-3 autres que tu pourrais essayer pour être encore plus puissant, ça te dit que je te les partage ?"
Évidemment, c'est toujours mieux de proposer car personne n'aime recevoir des conseils lorsqu'on n'a rien demandé.
Ça peut être vexant, gênant, blessant.
Un avis peut déjà changer sa vie.

6- Écoute pour de vrai
À la fin des 3 jours, j'étais rincé, cuit, carpette.
Et ce n'est pas tant parce que j'ai parlé.
C'est surtout parce que j'ai écouté.
J'ai beaucoup écouté car une écoute bienveillante et active crée des liens puissants.
J'ai voulu en savoir plus sur leur vie, leurs enjeux, leurs intérêts, leurs besoins, leurs problématiques, leurs passions... Je me suis intéressé à chacune des personnes qui sont venues me voir.
Et c'est fatiguant d'écouter.
Voilà pourquoi la plupart des gens adorent parler, surtout d'eux, mais ne sont pas les meilleurs pour écouter.
Alors que pourtant je vois encore 2 avantages à ça :
- Ça te permet d'avoir plein d'infos pour adapter encore une fois ton propre argumentaire
- Ça augmente ton capital sympathie.
Et puis rappelle-toi qu'on a seulement 1 bouche et 2 oreilles...
Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.
7- Ne parle pas trop
Dans la continuité du conseil précédent, contente-toi de faire des phrases courtes avec des mots simples et ne pars pas en monologue de + 1min.
Notre capacité d'attention s'est réduite comme peau de chagrin ces dernières années.
Avant on pouvait écouter de longues minutes, maintenant on a le cerveau à la recherche constante de dopamine.
De vrais drogués de l'entertainement...
Donc si nous ne sommes pas assez stimulés, on se déconcentre et on zappe.
L'avantage de faire parler l'autre c'est qu'il s'ennuie moins et nous sommes juste là pour venir agrémenter la discussion de quelques points communs, questions puissantes, conseils avisés et nos services dans les trèèès grandes lignes.
Suscite son intérêt et sa curiosité pour toi plutôt que ton job/projet/idée.
Si la personne veut en savoir plus, alors elle te posera ses questions.
L'efficacité prime sur l'exhaustivité.
8- Montre de la joie de vivre
Notre stand était le 2ème stand le plus fun de tout le salon : on avait pimpé notre devanture avec des dessins, accroché un bouquet de fleurs, mis de la couleur et surtout : on souriait, riait, blaguait tout le temps !
À tel point que des gens restaient avec nous pour l'ambiance ou revenaient nous voir comme un point d'ancrage dans le salon.
Panache, distributeur de dopamine.
Nos valeurs sont :
- Audace
- Simplicité
- Efficacité
- Gentillesse
- Humour
Et oui, la gentillesse et l'humour sont vraiment nos valeurs car le premier est le plus court chemin d'un individu à l'autre, et le second est l'adrénaline des optimistes.
D'ailleurs, voici un article pour mettre de l'humour dans vos discours.
J'avais lu un bouquin sur les neurosciences au service de la formation (Neurolearning, aux éditions Eyrolles) qui avançait que dans une expérience d'apprentissage, et de manière générale dans les relations humaines, c'est la qualité du lien créé qui détermine l'envie de se mettre en mouvement.
La Joie De Vivre l'emporte devant l'expertise, la rigueur, le savoir.
Donc votre JDV est puissante pour créer le lien avec vos PP.
Fun fact 1 : "la team JDV" était le nom de notre équipe lorsque j'avais fait l'Oxfam Trail avec 3 amis en 2017.
Fun fact 2 : le stand le + stylé était celui du Social Bar, qui diffusait une dose de convivialité comme rarement vu.
Les gens oublieront ce que tu as dit, mais pas ce que tu leur as fait ressentir.

9- Termine avec un call to action
Je pense qu'au moins 40 personnes rencontrées au salon vont lire ce billet.
Car une fois les échanges terminées, je leur proposais de s'abonner à notre newsletter pour recevoir 1 article / mois.
Avoir une demande simple, claire et concrète permet de capitaliser sur l'échange passé à nous rencontrer.
Tantôt en proposant de s'abonner, tantôt en proposant d'envoyer des infos sur nos formations, tantôt en proposant de nous revoir avec d'autres personnes de l'équipe.
Une action claire pour terminer les échanges, récupérer les contacts et assurer un suivi de qualité humaine avant tout.
Comme dirait Cyrano : à la fin de l'envoi, je touche !
En conclusion
Maintenant à toi de networker comme des as, de trouver les événements qui te vont bien, où tu peux faire rayonner ton leadership de tout ton éclat.
Si je te croise, je serai attentif à ces 9 points ;)
Et si tu me croises en costume tôt le matin, dis-toi que je risque de ne pas suivre tous ces points !
Abonne-toi à notre newsletter mensuelle pour recevoir 1 article complet / mois.
Julien de Sousa et toute l'équipe de Panache.
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Devenir un as du networking
Introduction
Combien de fois t’es-tu refait le film d’une discussion en rentrant chez toi et en te disant : “Voilà ce que j’aurais dû dire !” car sur le moment, tu ne savais pas quoi rétorquer. Tu n’avais pas la bonne réplique. La punchline qui tue (d’ailleurs voici un article dédié pour apprendre à créer des punchlines).
Et c’est normal, car tu n’es pas une bibliothèque ambulante qui peut dégainer ses meilleures réponses aussi vite que Lucky Luke dégaine son colt. Ou un ingénieur qui dégaine son powerpoint.
Apprendre les techniques de persuasion et maîtriser l'art de convaincre un décisionnaire peut réellement changer la donne dans toutes tes interactions.
Que ce soit en réunion d’équipe, en phase de questions/réponses après une présentation, ou même à un classique repas de famille avec tonton Dominique le climatosceptique, tu auras toujours des opposants, des détracteurs, des opinions à l’inverse des tiennes.
Surtout qu’en France, on adore se faire l’avocat du diable, par amour du débat et de la joute.
Du coup, un dîner entre collègues peut très vite ressembler à ça :
- “Je pense qu’il faudrait surtout remettre l’ISF au lieu de faire des économies sur les aides sociales. J’te serre ?”
- "Et puis les élections, c'est toujours truquées ! T'as un tire-bouchon ?"
- "Nan mais en vrai cette loi ça peut être pas mal quand même ! Du poulet ou du pigeon ?"
- "Oh ça va, la planète se réchauffe à peine, regarde j'ai mon écharpe ! Tiens rajoute une bûche dans la cheminée."
- "C'est fou quand même que la patronne se tape son stagiaire ! Bon alors, l'aile ou la cuisse ?"
- "Mais du coup sans les supporters dans les stades, comment les clubs paient les salaires exorbitants des footballeurs ?! Une aile de pigeon merci."
- "Qui reveut des pommes dauphine ?"
C'est quoi une question délicate ?
C'est ce moment où :
- Quelqu'un remet en question ta crédibilité :
"Mouais, j'y crois pas trop, ça ne marchera jamais."
> on attaque ta compétence.
- Quelqu'un cherche à te déstabiliser :
"Donc, toi, tu préfères sauver les réfugiés que nos SDF en fait ?"
> on attaque ton caractère.
- Quelqu'un te surprend avec une question sortie de nulle part :
"Et donc il paraîtrait que ta sœur a fait de la prison car..."
> on attaque ton intimité.
Les situations sont uniques et on peut se permettre certaines libertés selon notre interlocuteur. Mais le résultat est le même à chaque fois : une attaque qui amène une surprise, une surprise qui amène à la panique, une panique qui amène à perdre sa confiance dans sa réponse. Difficile d’être réactif dans ces cas-là.
Qu’il s’agisse d’une question indiscrète au cours d’un repas de famille ou d’une question piège au cours d’un entretien pro pour juger du niveau de confiance en soi, combien de fois s’est-on dit avec le recul : « Et voilà, j’aurais dû répliquer ça ».
Alors, si toi aussi, tu as l’art de toujours trouver le bon mot (beaucoup) trop tard, bonne nouvelle : avoir de la répartie et répondre du tac au tac, ça se travaille.
Avoir le sens de la répartie : nos tips pour reprendre confiance en soi
La répartie, c’est quoi exactement ? On pourrait comparer ça à un ping-pong verbal qui demande rapidité, agilité et une bonne dose de confiance en soi.
Avoir de la répartie, c’est savoir répondre du tac au tac, même si tu te retrouves dans un état émotionnel compliqué, ce qui est souvent le cas face à une question déstabilisante ou une pique cinglante. C’est aussi un excellent moyen de développer son assertivité, indispensable pour prendre la parole en public avec aisance et confiance.
Pour certaines personnes, l’art de la répartie semble être inné. Tu sais, ce genre de personne pleine de charisme qui n’a aucun problème pour prendre la parole en public et qui sort toujours les meilleures punchlines au bon moment pour faire rire, s’affirmer dans une conversation ou clouer le bec d’un interlocuteur bien bien énervant (le relou oui).
Tu rêves d’être cette personne ? De crouler sous les compliments sur ton aisance à l’oral et ton esprit vif et réactif ? Adieu malaises et bafouillements !
Bon, il n’y a pas de miracle, mais l’art de la répartie, ça s’apprend. Travailler sur la communication efficace et avoir une répartie bien aiguisée, ça se prépare, d'ailleurs nos formations en rhétorique sont là pour t’apprendre à être plus à l'aise à l'oral et avoir de la répartie.
Pour t’aider à répondre rapidement la prochaine fois que tu es dans une situation délicate, voici quelques exercices à pratiquer en amont et des techniques efficaces à appliquer pendant la conversation :
1- Bien te préparer
C'est tellement évident que peu de gens le font. Et une bonne préparation permet une bonne gestion du stress le moment venu pour être à l’aise et ne pas perdre ses moyens.
Si tu sais que ton interlocuteur risque de venir te titiller ou t’attaquer, alors essaye d’anticiper un maximum.
En rhétorique, on appelle ça la technique du Dissoï Logoï. C'est un exercice qui consiste à défendre la thèse de notre opposant avec la même ferveur. Alors à toi de te préparer aux pires questions / objections que tu pourrais recevoir en te mettant au maximum à sa place.
2- Travailler ta confiance en soi
Le manque de confiance en soi est l’ennemi d’une bonne répartie. Si tu manques de confiance en toi, tu auras beau avoir la meilleure réplique au monde, elle restera probablement coincée dans ta tête par peur du regard des autres.
Pour développer ta confiance en toi et ton aisance à l’oral, il faut prendre sur toi et t’entraîner. Et pour cela, rien de mieux que de te tester dans des situations sans enjeux. Tente des réponses entre amis ou en famille sans chercher LA bonne réponse. Mais juste le fait de répondre rapidement musclera ton cerveau et te créera des réflexes.
Tu peux aussi participer à du théâtre d’improvisation. Exercice redouté par la team « timide », c’est pourtant un coaching redoutable pour sortir de ta zone de confort, apprendre à gérer le trac et à parler en public, et enfin vaincre ta timidité.
Le théâtre apprend à s’exprimer clairement, à captiver son auditoire, à travailler le langage corporel, à oser lâcher prise en oubliant le regard des autres. Des armes utiles pour reprendre confiance en toi et être conscient de tes points forts.
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3- Être à l’écoute
Pour une répartie réussie, il faut savoir être à l’écoute. Si tu veux jongler avec les bons mots, faire rire ton interlocuteur ou lui clouer le bec, il faut aussi être en mesure de comprendre le sous-jacent dans son discours, sa communication non verbale, sa gestuelle, sa communication paraverbale, son intonation… C’est ce qu’on appelle l’écoute active.
L’écoute active est une technique clé pour maintenir la conversation fluide et convaincre efficacement, surtout lors d'une présentation ou d’un entretien.
Ne sois pas obnubilé·e par tes répliques, le plus important est de rester dans le moment présent. Parce qu’une répartie à côté de la plaque, c’est parfois pire que pas de répartie du tout.
4- Désamorcer la situation
Pendant une conversation houleuse, une attaque peut mettre notre confiance à rude épreuve. Mais, désamorcer une attaque peut se faire en 2 temps, 3 mouvements :
- Étape 1 : respirer profondément et faire preuve de détachement total. Ne rien prendre personnellement, même si la pique est vicieuse. Cela te permet de rester calme, serein.e et prêt.e à répondre sans perdre ton sang-froid. En mode "Je refuse de voir ça comme une attaque, d'ailleurs, c'est drôle et on rigole ensemble haha" ;
- Étape 2 : recentrer sur ce qui compte pour toi et expliquer tes motivations, tes valeurs, tes priorités : "À vrai dire, voilà pourquoi je fais ce que je fais, voilà pourquoi je trouve ça bien...".
Cette technique revient à mettre ton égo de côté.
Le hic avec cette stratégie, c'est qu'à force d'encaisser, la moutarde peut aussi te monter au nez. Tu risques de perdre patience et de tomber dans du passif-agressif.
Du coup, voilà une autre technique qu'il est possible d'utiliser pour clouer le bec à ton interlocuteur.
5- Mettre en lumière et renvoyer
Il arrive parfois que les gens ne cherchent qu'à nous nuire. Ils font de l'ironie, nous tournent en dérision, ils envoient des piques pour nous déstabiliser, voire nous dévaloriser. En bref, ils jouent avec notre estime de soi et veulent nous pousser dans nos retranchements pour titiller notre Ethos (réputation / image) et non pas notre Logos (argumentaire).
Petit extrait de Camille Etienne, activiste écolo qui est moquée pendant toute son intervention au Medef :
Alors Camille, et toi, voici une stratégie pour vous dépatouiller de cette méchanceté gratuite :
- Étape 1 : grossir soi-même les traits et être dans l'autodérision. Ils veulent faire rire ? Rions un temps avec eux. Cela t’évitera de passer pour quelqu'un qui n’a pas le sens de l’humour.
- Étape 2 : mettre des mots sur ce qu'il se passe. Ça va 5min de rire de soi-même, il est maintenant temps de recadrer, de révéler et de renvoyer : "Mais au fond, c'est quoi votre problème ? Qu'est-ce que vous pensez vraiment ? Pourquoi cette question / attaque ?"
- Étape 3 bonus : ne jamais accepter une question si elle enfreint ton inimitié. Alors, au lieu de dire "je refuse de répondre à ça" au risque de laisser penser que tu caches des choses, essaye plutôt "Qu'est-ce que vous voulez faire avec votre question ? Qu'est-ce qui justifie qu'on s'écarte autant du sujet ?". En faisant ça, c'est à l'autre de se justifier et de te convaincre. Et s'il ne te convainc pas, tu vas pouvoir le recadrer.
Conclusion : ose t'affirmer
Globalement, toutes ces techniques ne valent pas grand-chose si tu ne commences pas à développer ton assertivité.
Être assertif·ve, c’est s’affirmer et affirmer sa personnalité en prenant l'autre en considération.
C'est reconnaître qu’il y a une personne en face de toi et reconnaître que cette personne a ses idées, ses croyances, ses sentiments et mérite d’être respectée.
C'est communiquer d’une manière qui rendra ta vision et tes besoins clairement compréhensibles par les autres, sans pour autant écraser leurs idées, leurs croyances et leurs sentiments.
L'assertivité améliore les chances que tu sois bien compris·e car il n’y aura pas de filtres émotionnels qui se mettront en travers de ton chemin. Cela réduit les risques de conflits, et surtout, c’est une meilleure façon de répondre aux besoins des deux parties.
Pour améliorer ton assertivité, tu peux utiliser des phrases du genre :
- Serait-il possible pour nous de…
- Considérerais-tu la chose suivante…
- Quelle solution recommandes-tu ?
- Je reconnais ce que tu viens de dire, voici mon point de vue…
Tu peux aussi lire notre article sur « Comment bien formuler tes critiques ? »
Avec toutes ces techniques, tu devrais arriver à résister à tous types d’attaques sans trop d'échardes.
Et si jamais, ô grand jamais, tu tombes sur quelqu'un de mauvaise foi, de borné ou d'extrêmement têtu, tu as aussi le droit d'abandonner. Ce n’est pas échouer, c’est aller de l’avant. Choisis tes batailles. Mets ton énergie dans les choses qui comptent vraiment pour toi.
Dans la vie, il vaut mieux être heureux que d'avoir raison.
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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

Comment devenir ceinture noire de répartie ?
Introduction
Il y a quelques jours, j'étais invité au salon "Ose" de la CCI Aix-Marseille, un événement dédié aux entrepreneuses dans le Sud, où je vis depuis 2021.
Pour la 3ᵉ fois consécutive, j'y allais avec l'équipe Panache pour donner une conférence et coacher des finalistes pour leur concours de pitch.
Lors de cette conférence dans un golf (le terrain de jeu, pas l'étendu d'eau), j'ai voulu venir avec des nouveaux conseils non pas qu'en tant que formateur en rhétorique, mais en tant qu'entrepreneur.
La question que je me suis posé pour ces 470 entrepreneuses présentes qui se lancent : comment convaincre avec peu d'arguments ?
Alors, j'ai fait une compil' que je te partage aujourd'hui.
1- Coche les 4 critères de l'idée qui convainc
Tu as une idée à défendre, ou tu te lances dans cette fabuleuse aventure qu'est l'entrepreneuriat ?
Parfait, bienvenue dans les montagnes russes émotionnelles !
Entreprendre, c'est comme un périple à vélo : on avance, on voyage, on change de vitesses, on valide des étapes clés, on pédale parfois dans la semoule... et on a souvent mal au boule.
Donc lorsqu'on s'embarque dans un tel périple, avant même d'aller à la chasse aux clients, il est indispensable de bien valider ces 4 points sur ton idée :
a- Utilité
- Ça permet d'aider qui ?
- D'aider à quoi ?
- Comment rends-tu meilleure la vie de tes bénéficiaires ?
b- Désirabilité
- Est-ce que tes bénéficiaires veulent ton idée ?
- Répond-elle à un vrai besoin qu'ils reconnaissent ?
- L'utilisent-ils, en parlent-ils ?
c- Faisabilité
- Quelles sont tes ressources (technologies, compétences, organisation…) pour mettre en œuvre ton idée ?
- Où vas-tu les chercher ?
d- Viabilité
- Comment gagnes-tu de l'argent ?
- Pour quelle rentabilité ?
- Comment utilises-tu l'argent ?
Si tu ne coches pas ces 4 cases, tu as beau avoir le meilleur des discours commerciaux, tu ne pourras jamais donner envie à des gens de collaborer avec toi.
Tu peux également lire notre article sur Les 6 étapes pour délivrer une prise de parole réussie, idéal pour avoir le combo parfait pour tes futurs discours.
Par exemple, tu vois ce qu'est un Segway, le gyropode utilisé par les touristes pour visiter certaines villes ?
Lui, pour le coup, il est "utile" (se déplacer), "faisable" (techniquement) et "viable" (en location pour le tourisme), mais absolument pas "désirable" (personne n'en achèterait un pour son usage perso).
Initialement, la marque Segway voulait pourtant révolutionner la mobilité douce en ville, mais leur engin n'est pas du tout adapté... à la ville (trop encombrant, trop lourd, trop galère à ranger dans ton appart' du 6ᵉ étage).
Alors, ils ont dû changer leur modèle économique pour leurs gyropodes et lancer la vente de trottinettes et scooters à la place (+ désirables).

Cela fait plus de 10 ans que je baigne dans le monde entrepreneurial, et j'ai lancé Panache il y a 5 ans.
En savoir plus sur Panache.
Je cherche constamment à cocher ces 4 cases à chaque nouveau produit que je lance. Et avant même d'investir quoique ce soit (temps ou argent), j'ai une technique infaillible pour voir si mon produit est désirable.
2- Vends du résultat... même fictif
Sache une chose, les gens qui écoutent ton projet, ta cause, ton idée, ne veulent pas savoir comment elle fonctionne dans le détail.
Qui ici a déjà acheté un grille-pain en feuilletant dans un premier temps tout son mode d'emploi ? Ce qui t'intéresse ce sont les tartoches que tu vas pouvoir te faire, pas que le machin a une résistance de 500W en nichrome.
Nous sommes toutes et tous attirés par un résultat qu'on va obtenir : gain de temps, gain de notoriété, gain de pouvoir, gain d'argent, gain de confort, gain de tranquillité...
Alors, fais des pitchs fictifs pour tester la désirabilité et l'utilité de ton idée.
Toutes les occasions sont bonnes pour sonder ton offre, ton produit, ton service.
Et tu as seulement besoin de ta parole pour ça, c'est gratuit !
C'est ce que je fais chez Panache avant de créer un nouveau produit : je parle d'une formation comme si elle existait, je crée une simple page de vente qui présente les grandes lignes du programme mais surtout les résultats qu'on peut obtenir.
Et je lance vraiment l'offre que si je perçois un réel intérêt.
Intérêt validé par de réelles inscriptions.
Mais attention, pour faire ce genre de pitchs, je t’invite à :
- Parler au présent, toujours. On doit avoir l'impression que ça existe pour de vrai, même si ton idée ne tient que sur un post-it. Les gens ne se projetteront pas si tu parles au conditionnel ou au futur.
- Adapter chaque pitch à ton interlocuteur, toujours. La clé d'un pitch désirable réside dans sa capacité à intéresser un public donné à un moment donné. Alors, en quoi ça va les intéresser ?
- Partager tout l'enthousiasme que ton idée génère en toi, toujours. Plus tu la partages avec joie, plus ton idée devient attractive. Et si tu as la sensation que ça sonne faux, que l'idée ne te met pas en joie... alors es-tu sûr·e de te lancer dans ce long périple à vélo ?
Lorsque tu débutes, ou que tu as peu d'arguments solides pour convaincre, tu dois miser sur toi, ta fougue, ton énergie, ta personnalité, tes valeurs. Car les autres n'adhérent pas qu'à une idée, il y a un lien humain plus profond qui lance la collaboration.
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3- Vends ta personnalité
Déjà depuis la Grèce Antique, les rhétoriciens de l'époque parlent d'un ingrédient précieux pour emporter l'adhésion efficacement, même si le discours n'est pas des plus costauds : ton Ethos.
Aujourd'hui, dans des termes marketing / très LinkedInesque, on appellerait ça ton Personnal Branding.
À savoir, l'image que tu renvoies à chaque fois que des gens ont l'occasion de te voir prendre la parole (en ligne à l'écrit, ou à l'oral dans la vraie vie).
Alors réponds à cette question : pourquoi toi ?
C'est quoi ton style, ta patte, ta personnalité, ta couleur, ta vision, ta raison d'être, ton rêve, tes valeurs ?
Plus tu seras au clair sur qui tu es, pourquoi tu fais les choses, et l'image que tu souhaites renvoyer, alors plus tu pourras parsemer tes prises de parole de ses éléments perso qui rendront tes interventions uniques.
Ne sois pas un gâteau-yaourt qui contente tout le monde, mais ne marque personne.
Sois un flan pistache-noisettes (j'en ai découvert hein pas loin de chez moi, il m'émoustille le coquin !).
Inoubliable.
Et l'énorme avantage en mettant en avant ta singularité, c'est que tu vas commencer à créer des points communs avec les autres.
Et les points communs sont le meilleur moyen de créer de la sympathie et de la confiance.
Comme lorsqu'en plein networking, tu vas croiser quelqu'un qui a aussi vécu à Mantes-la-Jolie dans sa jeunesse : "Oh trop marrant, moi aussi, et toi aussi, tu allais au skate park près du bassin d'aviron au Val Fourré ?!" Et blablabla, points communs, on rigole, on sympathise et on échange nos 06 pour une future collab'.
Ces éléments ne sont pas à sous-estimer, car ils permettent de persuader avec un aspect émotionnel.
Alors qu'on n'a même pas eu besoin de s'étaler sur ton idée / ton projet.
4- Ne vends pas du vent
Après 5 ans à avoir testé différentes techniques pour convaincre de bosser avec nous, j'ai identifié plein de petits quick-win qui rassurent et transforment. Ce n'est pas vraiment de la rhétorique là, c'est plutôt du marketing et du business. Cadeau :
- Propose un produit d'appel pas cher pour que ton prospect teste une de tes offres et que la relation commence à se créer avec déjà un joli succès.
> Par exemple, Panache t'offre un cours gratuit en vidéo, ou du contenu via cette newsletter. Et dans les entreprises, je peux donner une simple conf' de 1h, payée, pour qu'on se rencontre et que je crée du teasing sur la suite de nos formations.
- Propose un "satisfait ou remboursé", qui démontre que tu as énormément confiance dans ton offre.
> Je prends le temps de parler personnellement avec chacun-e de mes prospects donc je n'ai jamais proposé cette option. Mais peut-être à tester un jour sur un produit qui se commande en ligne sans échange avec moi.
- Vends un 8/10 en termes de qualité, mais délivre un 9/10. N'annonce pas tout ce que tu vas faire, garde quelques surprises sous le coude pour libérer de la dopamine supplémentaire. Ça va contribuer à muscler ta crédibilité à chaque mission, et la plus belle des recommandations vient de tes clients ultra-satisfaits. Ne sois pas bon-ne, sois excellent-e.
> Par exemple, je ne peux pas de dire les surprises qu'on garde pour chacun de nos apprenants car sinon je pète la dopamine qu'on arriverait à te faire libérer si tu te formes avec nous ;)
- Transforme tes fidèles clients en ambassadeurs en leur proposant des éléments VIP une fois la mission vendue. Ne les lâche pas dans la nature, c'est trop dommage. Songe à lancer une vraie communauté qui poursuit leur aventure toute leur vie.
> Par exemple, une fois notre parcours "Parle avec Panache" terminé, nos apprenants deviennent des Panaché-e-s et on leur propose des opportunités à vie. Ce sont nos meilleurs ambassadeurs, alors on veut encore et toujours les chouchouter. Et les aider à continuer de bien défendre leurs idées.
- Récolte un max de témoignages pour alimenter tes éléments de preuve sociale. Ils te serviront à rassurer et à montrer des cas concrets d'usage de ton idée. Et je te conseille de présenter leurs histoires sous cette forme très simple (un mini-plan narratif) :
1- Contexte (de ton client avant de te rencontrer)
2- Défi (auquel il a fait face et voilà pourquoi il avait besoin de toi)
3- Solution (ce que tu as fait pour lui/elle)
4- Résultats (concrètement, qu'est-ce que ça a changé pour lui/elle)
> Par exemple, on a pleiiiiin de témoignages de Panachés qui ont suivi notre formation en prise de parole pour te rassurer sur les résultats atteignables avec nous.
Alors oui, c'est toujours plus facile quand on peut dire qu'on a formé +6500 personnes, qu'on a des logos dans tous les sens, des centaines de témoignages et une street cred' qui s'est constituée.
Mais on commence toutes et tous avec une simple idée qui tient sur un post-it.
Et si cette idée te galvanise, c'est qu'elle mérite sûrement d'être diffusée, partagée, agitée.
Conclusion
Alors commence avec ton cercle proche, car ce sont tes premiers supporters. Puis muscle ton argumentaire avec tous les apprentissages que tu vas accumuler. Ton idée va s'améliorer, et ton discours également.
La pire erreur serait de rester figé et ne jamais te remettre en question et évoluer.
Sois vraiment un flan pistache-noisettes : flexible, malléable et ragoutant.
(ce mot ressemble trop à "dégoutant" alors qu'il veut dire tout l'inverse, j'arrive pas à me le visualiser).
Et puis comme dirait Albert :
"La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent."
Alors teste, teste et re-teste.
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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

Convaincs même avec peu d'arguments
Introduction
Dans le feu d’une prise de parole, ce n’est pas uniquement ce que tu dis qui compte.
C’est comment tu le dis.
Et mieux encore : comment tu le montres.
On se demande parfois : Le non-verbal est-il un levier de persuasion ?
En rhétorique, le discours ne se résume jamais à de simples mots.
La gestuelle, c’est précisément cet outil qui donne du poids aux mots, qui ancre le message dans la réalité sensorielle de ton audience.
Parce qu’un orateur qui parle avec aplomb, qui sait manier son espace, qui accompagne son discours d’une gestuelle précise, crée un sentiment d’évidence.
S’il est à l’aise avec ses mots ET avec son corps, que ces deux aspects sont synchronisés, alors il fait preuve de congruence.
La congruence, c'est le fait de faire matcher parfaitement gestuelle et discours prononcé dans une histoire d’amour aussi forte que Roméo et Juliette.
Because, on croira toujours plus en un discours incarné par un orateur, une oratrice, dynamique, plutôt qu’un discours lu d’une voix monocorde et les bras ballants.
La parole seule est abstraite.
Le corps, lui, est tangible.
Il rend les idées visibles.
Les principes fondamentaux d’une gestuelle efficace
Le problème de la gestuelle, c’est qu’elle est souvent soit trop absente (le conférencier raide et statique), soit trop présente (celui qui brasse l’air comme un DJ fou).
L’enjeu est donc de doser et de donner du sens aux mouvements.
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1 - L’ancrage et la posture : établir sa présence
Le premier principe, c’est l’ancrage.
Une posture bien maîtrisée, c’est un corps qui occupe l’espace avec assurance.
Pourquoi est-ce crucial ?
Parce que l’image que tu renvoies à ton public doit renforcer ta crédibilité.
Et ça passe aussi par le corps. Si ton corps semble hésitant, ton discours le sera aussi et tu seras moins crédible.
C’est un peu comme quand j’annonce à tout le monde que je suis en diet’ alors que je m’enfile allègrement une deuxième portion de tiramisu.
(Il était excellent, j’y peux rien)
MAIS : pas crédible.
Alors comment faire pour s’ancrer ?
- Plante-toi dans le sol :
Pour éviter les piétinements, il faut que tu imagines ton corps comme un arbre enraciné, mais souple.
Contre-intuitif non ?
En fait, je te dis ça parce que, en déplacement ou immobile, il faut que tu sois souple et léger, mais également stable et uni d’un seul bloc.
L’idée, ce n'est donc pas d’être droit comme un panneau STOP, mais plutôt de se penser à la fois connecté au sol, à la fois connecté à soi.
- Adopte une posture ouverte :
Dos droit, épaules dégagées. Tu es fier.e. La poitrine s’avance légèrement (mais pas trop sinon tu ressembles aux mecs trop musclés qui font des tours de plage pour se montrer).
En te tenant comme ça, tu ouvres ta cage thoracique, tu respires mieux et tu montres une allure confiante, puissante et ouverte.
- Évite les gestes parasites :
Un orateur, une oratrice qui joue avec ses vêtements, qui se gratte nerveusement la nuque ou qui fait des nœuds avec ses doigts, ça déconcentre son auditoire. Pour la bonne est simple raison que ce qui est en mouvement attire l’attention.
Ça se vérifie dans la nature : les animaux qui ne veulent pas être vu lorsqu’ils chassent/sont chassés s'immobilisent et se fondent dans le décor.
Parce que dès qu’ils se mettent mouvement, ils sont plus visibles.
Du coup, si tu agites tes mains, tu vas forcément attirer l’attention de ton audience sur ces dernières, il faut le faire pour les bonnes raisons.
2 - L’usage des mains : appuyer et illustrer le propos
Comme je te disais, les mains peuvent être des parasites, mais également des alliées très puissantes.
Elles t’aident aussi à structurer visuellement ton discours.
Elles ne doivent donc pas être décoratives, mais signifiantes.
Premier rôle des mains : structurer le discours
Si tu veux montrer un contraste entre deux idées :
Explique la première idée en dirigeant tes mains vers ta gauche et la seconde en les dirigeant vers la droite (et inversement proportionnel, équivalent et sinequanone)
Ce faisant, tu mets physiquement en évidence une différence entre les deux.
Ça marche aussi pour parler des parties de ton discours.
Si tu veux énumérer trois points, montre-les avec tes doigts.
Le public suit plus facilement un raisonnement visuel.
Deuxième rôle des mains : donner du relief au propos
La gestuelle sert aussi à amplifier la force, l’impact ou l’importance d’un mot.
Repère dans ton texte les mots-clefs que tu veux absolument que ton public retienne et marque-les d’une gestuelle :
- Serrer le poing devant tes yeux
- Ramener les mains vers ta poitrine
- Taper tes deux paumes l’une contre l’autre
Autant de manière de créer une attention particulière sur des moments de ton discours.
Attention cependant à ne pas rendre ça trop mécanique.
Fais-toi confiance, trouve ce qui te convient et ne force pas ta gestuelle.
3 - Le regard : le lien entre toi et ton public
Le regard, c’est le fil invisible qui relie l’orateur à son public.
C’est le moyen 100% gratuit de créer une connexion profonde avec tes interlocuteurs et interlocutrices.
Un discours sans regard, c’est une discussion avec un mur.
Et un regard fuyant, c’est un signal d’incertitude.
Premier enjeu : la connexion avec l’auditoire
Il ne s’agit pas de fixer une seule personne (parce que la personne sera légitimement en droit d’appeler la police), mais de balayer du regard l’ensemble de ton audience.
Chaque personne doit avoir l’impression que tu t’adresses à elle.
Ton regard fait exister chaque membre du public dans l’instant.
Pour ça, tu ne vas pas juste te contenter de faire des mouvements de tête de droite à gauche et de haut en bas sans objectif.
Tu vas simplement fixer des points quelques secondes un peu à gauche, un peu à droite, un peu en haut et un peu devant toi.
Et si tu te sens à l’aise, tu peux vraiment regarder dans les yeux plusieurs personnes lorsque tu fixes ton regard sur chacun de ces points.
Deuxième enjeu : la synchronisation avec le message
Tout comme la gestuelle, le regard doit accompagner les moments clés du discours.
C’est exactement le même principe.
- Hausser un sourcil pour marquer un doute.
- Fixer l’auditoire lors d’une question rhétorique pour créer une attente.
- Détourner brièvement le regard pour simuler une réflexion.
Ça donne du rythme, du relief, du poids à ton message.

Voici un article qui pourrait t’intéresser, pour muscler ta rhétorique et rendre tes présentations moins stressantes : Surmonter la peau de parler en public
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Comment s'entraîner à une gestuelle naturelle ?
Le meilleur conseil que tu liras pour t'entraîner à avoir une gestuelle parfaite se trouve dans l'exercice suivant :
- Prends ton téléphone et filme-toi.
Tu fais ton discours face caméra, debout ou assis en fonction des conditions où tu réaliseras le jour J.
- Regarde la vidéo et coupe le son.
Note tout ce qui ne va pas au niveau de ta posture, tes mains et ton regard.
Si jamais tu as l'impression d'être visuellement plus raide que le moins bon des balais d'Harry Potter, avec un regard fuyant et des mains très peu en mouvement :
- Recommence en poussant légèrement le curseur jusqu'à ce que le résultat soit plus dynamique, naturel.
Si jamais à l'inverse, tu gigotes comme un balle rebondissante, tu fixes la caméra de manière creepy et tu utilises tes mains comme un batteur de Hard Rock :
- Recommence en reculant légèrement le curseur jusqu'à ce que le résultat soit moins... épileptique.
Note ce qui a fonctionné, ce qui te convient et mets ça en pratique les jours suivants.
Tu peux également lire un article sur Les 6 étapes pour délivrer une prise de parole réussie pour nourrir ton éloquence et transformer ton discours.

Conclusion
La gestuelle, c'est l'amplificateur ultime d'un bon discours.
Si tu as compris ça, tu es prêt(e) à devenir plus convaincant(e) lors de tes prochains discours !
Une posture ancrée, des gestes pertinents et un regard engageant peuvent transformer une prise de parole moyenne en performance mémorable.
Retiens donc ça :
Ton corps parle, fais en sorte qu'il dise quelque chose d'intelligent.
Un bon orateur/oratrice sait jongler entre mots et gestes (verbal et paraverbal) pour captiver son audience.
Le regard, c'est la façon la plus simple de créer une connexion.
Découvre nos formations en prise de parole et transforme tes discours dès aujourd'hui.
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Julien de Sousa et toute l'équipe Panache.

Comment utiliser ta gestuelle pour renforcer ton discours ?
Introduction
Que tu lises les articles Panache depuis quelques jours ou depuis toujours, il y a une chose que je dis et répète sans cesse : l'être humain est avant tout un être émotionnel doté d'une fonction logique.
En gros : ce sont les émotions qui font passer à l'action.
De l'achat impulsif à l'engagement passionné, les émotions sont au cœur de toutes nos décisions.
Donc si tu parles en étant purement rationnel et factuel, ça ne sera jamais suffisant pour mettre l'autre en mouvement (acheter ton offre, te recruter, investir dans ton projet, te choisir, voter... n'importe quelle action).
Ton public a besoin de ressentir, pas juste d'entendre. Que ce soit pour convaincre un employeur, captiver une audience, ou vendre ton idée, les émotions sont tes alliées.
Voilà pourquoi, les pubs, les campagnes de don, ou les films de sensibilisation sont bourrés d'émotions.
D'ailleurs, même sans un seul mot, mais grâce aux images, on comprend le message.
Rappelle-toi cette campagne de SaveTheChildren où on voit la vie d'une jeune fille évoluer sur 1 an :
Maintenant, imagine un monde sans photo, sans vidéo, sans dessin.
D'autant que lorsque tu parles, tu ne peux pas dégainer un clip pour faire passer ton message. Tu es là, solo. Comme Han.
Donc, comment ferais-tu pour nous partager un souvenir, une anecdote, une situation ?
Grâce à l’art de la description.
Quand tu fais une description, tu n’es pas en train de dire ce dont tu parles, mais de nous le montrer comme si on le voyait de nos propres yeux.
C’est le principe rhétorique du “Montre, ne le dis pas".
Alors, comment faire une bonne description pour que ton public se dise : “Waouh ! On s’y croirait !?”
Et bien, une bonne description commence par un exercice d’imagination.
Tu dois te représenter mentalement la scène que tu souhaites décrire : qui sont les personnages qui étaient présents ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ce jour-là ? Quels sont les détails qui t’ont marqué ?
Quand tu fais ça, tu es en train de produire une image dans ta tête qui n’est pas une photographie fidèle de la scène.
Tel un photographe pro qui choisit l’angle et la focale de son appareil, tu vas soigneusement attirer l’attention sur certains aspects de tes idées.
Les détails que tu vas mettre en avant vont avoir un vrai pouvoir.
En clair, la description est ton arme secrète. Mais pas n'importe laquelle : celle qui active les cinq sens et joue sur les souvenirs et expériences personnelles de ton audience.
Une bonne description, c'est comme peindre une toile vivante dans l'esprit de celui qui t'écoute.
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Pourquoi les émotions sont la clé d'une communication percutante ?
Les émotions ne servent pas juste à pleurer devant un film ou à rire d’une bonne blague. Elles sont la clé pour capter l’attention et marquer les esprits.
Alors pour t’aider à faire de belles photos, il y a 6 critères sur lesquels tu peux jouer.
6 critères pour bien cadrer les émotions que tu veux faire passer, pour rendre tes idées frappantes, pour éviter de rester trop vague ou trop neutre.
Ces 6 critères de cadrage nous viennent de Christian Plantin, un chercheur qui a travaillé sur les émotions dans le discours.

Critère 1 : La proximité
Nous sommes plus émus lorsque nous nous sentons concernés par un événement qui est proche de nous et de notre quotidien,
❌ Au lieu de dire : “Une femme a été arnaquée sur internet”
✅ Tu peux dire “Une nantaise a perdu toutes ses économies à cause d’un groupe d’arnaqueurs du web.”
Tu joues alors sur la proximité affective et géographique. Avec ce type de formulation, tu fais ressentir l’histoire à ton public.
Critère 2 : L'intensité
Nous sommes plus émus par ce que nous percevons comme grave ou intense, plutôt que par quelque chose d’anodin ou de neutre.
❌ Au lieu de dire : “On a travaillé longtemps sur ce dossier.” (ce qui semble assez banal).
✅ Tu peux dire : “On a enchaîné deux nuits blanches et on était sur les rotules tout le reste de la semaine pour finir ce dossier.”
Grâce à la mention du nombre de nuits blanches et des conséquences sur la santé, on se sent beaucoup plus impliqué. N’hésite pas à monter les curseurs émotionnels. Remplace les banalités par des détails marquants.
Critère 3 : La matérialité
Nous sommes plus émus par ce qui nous semble certain et précis plutôt que par quelque chose de vague ou de douteux.
❌ Au lieu de dire : “Un réchauffement climatique à +2° entraînerait des conséquences terribles.” (ce qui est très flou).
✅ Tu peux dire : “Un réchauffement climatique à +2° ferait disparaître Venise sous les eaux.”
C’est une conséquence bien concrète.
Critère 4 : L'identité
Nous sommes plus émus par les gens avec qui nous partageons des points communs comme l’âge, la profession ou le lieu de vie, ou par les gens que l’on connaît, même les célébrités.
C’est pour ça que la mort de Johnny Hallyday nous émeut plus que la mort de Johnny dans le 42.
❌ Au lieu de dire : “Les femmes sont payées 16% de moins que les hommes.” (c’est très général et peu incarné).
✅ Tu peux dire : “Marie, 35 ans, célibataire et maman d’un petit garçon de 3 ans, fait le même métier que son collègue Karim et pourtant elle gagne 200€ de moins que lui par mois.”
Critère 5 : L'agentivité
Nous sommes plus émus si nous avons la sensation que les choses dépendent de nous et qu’on peut agir dessus.
C’est la même chose si nous pouvons identifier des responsables à blâmer pour un drame ou à remercier pour quelque chose de positif.
❌ Au lieu de dire : “La vallée du Rhône a été inondée à cause d’une rupture de barrage.” (personne n’est responsable).
✅ Tu peux dire : “Malgré les alertes des associations locales et des experts depuis 10 ans, un barrage de l’entreprise de Pierre Quiroule vient de céder et la vallée du Rhône a été inondée.”
Critère 6 : La similarité
Nous sommes plus émus lorsqu’on nous rappelle le souvenir d’une situation qu’on a déjà connue et qui nous a fait vivre des émotions.
❌ Au lieu de dire : “Ce qu’il se passe avec le peuple Ouïghours est inhumain.” (ce qui n’est pas très ancré).
✅ Tu peux dire : “Ce qu’il se passe avec le peuple Ouïghours, c’est un combo morbide entre l’esclavagisme et les camps de concentration.”
Ces références historiques sont chargées en émotions.
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Ainsi, ta description doit être proche des gens à qui tu parles, intense, précise, avec des personnes incarnées, des responsables identifiés et des souvenirs mémorables.
Une bonne description commence dans ta tête et doit se terminer dans celle de ton public, pour qu’il visualise la scène et projette ses émotions dessus.
Tu peux lire aussi notre article sur Que doit-on retenir de ta prise de parole pour savoir quel message transmettre lors de ton discours.
Lorsque tu décris une situation, tout est une question de dosage :
- Tantôt, tu supprimes des détails insignifiants qui n’aident pas ton message et qui égarent ton public. Est-ce vraiment utile que tu nous présentes les 6 chambres, les 2 salles de bain et le sellier de ta maison de vacances à Pissy-Pôville ?
- Tantôt, tu ajoutes un - ou plus - des 6 critères pour rendre la scène plus visuelle et vivante.
Le choix des mots est un atout puissant pour transmettre des émotions, alors entraîne-toi à bien décrire pour mieux persuader.
Mais se posera toujours l’ultime question : utiliseras-tu les émotions pour amplifier ton argumentaire ou pour manipuler ton public ?
Pilule bleue ou pilule rouge.
C’est à toi de décider en ton âme et conscience Néo.

Conclusion
Transmettre des émotions avec tes mots, c’est tout un art. Ce n’est pas juste une question de technique, mais un véritable choix de connexion avec ton public.
Quand tu prends la parole, chaque mot, chaque description, chaque détail doit résonner dans le cœur et l’esprit de ceux qui t’écoutent.
Alors, souviens-toi des six critères :
- Proximité
- Intensité
- Matérialité
- Identité
- Agentivité
- Similarité
Ce sont tes outils pour transformer une simple histoire en une expérience mémorable.
Astuce bonus : la prochaine fois que tu prends la parole, teste une de ces techniques. Observe les réactions de ton public, ajuste ton discours, et n’hésite pas à ajouter une petite touche personnelle.
Parce qu’après tout, ce qui touche les émotions, c’est aussi ce qui nous rend humains.
Découvre nos formations en prise de parole et transforme tes discours dès aujourd'hui.
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Julien de Sousa, et toute l'équipe Panache.

Comment transmettre des émotions avec tes mots ?
Introduction
Mise en situation
Tu entres dans une réunion, un atelier ou une formation.
Face à toi, il y a 10, 20 ou 30 personnes.
Tu viens avec ta belle énergie, tu n'as qu'une seule envie : embarquer tout ce beau monde.
Tu t'élances, tu introduis le sujet du jour qui te passionne, et tu espères qu'il passionnera également toutes ces paires d'oreilles.
Certaines sont accrochées à tes lèvres, opinent du chef, et puis tu as Dominique qui commence à froncer des sourcils.
Si ce n'était que ça, il te suffirait de reprendre une phrase pour clarifier ce que tu viens de partager.
Mais notre cher-ère Dominique n'est ni bienveillant-e, ni empathique. Alors iel t'interrompt, râle un peu, mais surtout te lâche des grosses crottes de nez du genre :
- "Ouais, mais ça ne marchera jamais ton truc car [monologue interminable]"
- "J'te coupe hein, car moi je pense qu'il faut surtout [monologue interminable]"
- "Euh, t'es bien sympa mais la vérité c'est que [monologue interminable].
Et voilà, Dominique prend en otage la réunion, l'atelier, la formation avec ses interruptions interminables.
Dominique est un-e minable. Dominique est un-e relou-e.
Alors, soit, tu essayes de le convaincre et vous faites un combat d'opinions, mais tu vas perdre ton temps, et faire perdre celui des autres.
Soit, tu l'ignores, mais tu vas avoir un bourdonnement continu désagréable.
Soit, tu le dégages de la salle, mais tu vas passer pour quelqu'un de peu diplomate et Dominique sera ton ennemi-e un petit moment.
C'est là où je te donne 4 étapes à suivre pour relever ce défi afin de rester maître de la situation, muscler ton charisme et transformer Dom' en allié-e.
Et bonus, en fonction des réactions de Dominique, tu n'auras peut-être besoin que de l'une d'elles.
Pose un cadre
Il m'arrive parfois de donner des cours en école (ESCP, Sup de Pub, HEP...). Face à moi, j'ai une trentaine d'étudiants qui n'ont pas demandé à me voir.
Alors, il y a une petite technique que j'utilise avant même de commencer mon cours, je leur dis :
"Je sais que dans votre poche, il y a un téléphone bien plus stimulant que moi. Donc, je ne vais pas vous interdire d'être dessus. D'ailleurs, si je vous vois scroller, c'est que cet objet est plus intéressant que moi. Alors, utilisez-le si je vous ennuie. Vous me dites indirectement que je ne fais pas bien mon taf. Et encore mieux, vous pouvez même me le dire directement pour rendre ça participatif. Comme ça j'adapte en live. Tout le monde est ok avec cette consigne ?"
Avec cette intro, je n'ai presque aucun téléphone de sorti, car mes étudiant-e-s ont validé ma consigne, et donc se sentent acteurs de leur cours.
Mon conseil pour ta future réunion, ton futur atelier, ou ta future formation : pose un cadre pour créer une bulle de confiance dans laquelle tes participants donnent leur accord.
Dans l'idéal, tu :
1- Fais une petite introduction de 3min sur le sujet du jour pour les rendre ultra-curieux (à base d'accroches originales, de désirs, de moments d'émotions...)
2- Propose un cadre et des règles du jeu pour ta réunion en 1min, et tu le fais valider auprès du public.
Exemple :
"[...]. Et donc pour bien lancer le sujet, j'aimerais avant tout qu'on pose un cadre de travail qui nous permettra d'atteindre [résultats]. Je pense qu'il est important qu'on s'écoute, qu'on soit maître de notre participation, qu'on accepte les points de vue de chacun, qu'on prenne soin de laisser la place à tout le monde et qu'on tienne bien notre timing. Déjà êtes-vous tous d'accord avec ça ? Bien, et voyez-vous autre chose de précieux pour ce temps passé ensemble ?"
Là, tu accueilles ce qui est partagé, tu le notes et tu fais valider le tout par l'assemblée qui cherchera à rester cohérente avec son engagement.
Tu peux aussi lire cet article sur Comment réussir tes prises de parole.
Avec tout ça, tu augmentes considérablement tes chances d'avoir un groupe bienveillant et allié.
Mais tu n'es pas à l'abri d'avoir Dominique qui te lâche une crotte de nez au bout de 10min, donc tu as la 2ᵉ étape.

Appel à l'aide un-e allié-e
La semaine dernière, j'animais une formation pour des dirigeant-e-s de BPI France.
Comme très souvent dans mes interventions, je peux recevoir des objections, car c'est normal. Cela enrichit l'échange et la réflexion, lorsque c'est fait de manière bienveillante (étape 1).
Et puis parfois, le débat s'éternise, ou la consigne est mal comprise, pire, mal perçue.
C'est ce qui s'est passé pendant ma formation BPI. Un de mes participants ne voyait pas où je voulais en venir (car il n'avait surtout pas écouté le début...).
Alors au lieu de me répéter, de me justifier ou de le recadrer, j'ai tout simplement demandé à l'assemblée :
"Quelqu'un peut-il expliquer à Dominique avec ses mots ce qu'il a retenu et compris pour lui apporter vos lumières svp ?"
Cette question est la plus belle échappatoire qui soit pour 3 raisons :
1- Tu n'as pas besoin de parler à Dominique (surtout s'iel est vraiment bien relou),
2- La personne qui prend la parole à ta place devient ton alliée (et les autres aussi),
3- Tu valides si les autres ont compris (ils se sentent impliqués).
En engageant les autres à participer à la réflexion et à l'aider, tu n'es plus seul-e face à Dominique.
Et cela va certainement le-la refroidir.
Car si tu ne l'aimes pas, ce n'est pas grave pour lui.
En revanche, si tout le groupe le rejette, alors cela devient anti-stratégique.
Mais tu n'es pas à l'abri d'avoir Dominique qui s'en fout de se mettre tout le groupe à dos car iel adore jouer au poil à gratter. Donc, tu as la 3ᵉ étape.
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Propose-lui un temps ultérieur
Il m'est arrivé d'avoir une pipelette de l'espace dans un de nos parcours "Parle avec Panache".
Alors pas du tout une "Dominique", juste quelqu'un qui ne se rend pas compte qu'elle monopolise la conversation et ralentit tout le groupe avec ses moults questions.
Une sorte de "Guillaume" dans Nos Jours Heureux (j'offre une compote à la pomme aux abonné-e-s qui ont la réf de ce Guillaume). Enfin j'sais pas, enfin peut-être.
Donc malgré un cadre posé + la sollicitation d'un-e allié-e, il va falloir gérer cette personne qui continue d'interrompre. Parfois sans mauvaise intention, mais parfois pour jeter consciemment des crottes de nez.
Dans ce cas de figure, tu vas pouvoir dégainer ce genre de phrase :
"Dominique, c'est précieux d'avoir ton point de vue, et ta curiosité. Merci pour ça. Je te propose qu'on poursuive ces échanges après la réunion / formation / l'atelier car il y a un timing et un cadre à respecter. Celui dont on avait parlé en intro. D'ailleurs, j'aimerais bien entendre le point de vue de quelqu'un d'autre sur [sujet / question pour orienter vers autre chose]".
L'idée dans cette phrase, c'est de :
a- Remercier
b- Annoncer d'en reparler plus tard
c- Rappeler que le cadre avait été accepté
d- Réorienter vers qqch d'autre
À ce moment-là, Dominique (s'iel n'est pas qu'un gros gros relou comme il en existe encore quelques espèces), devrait capter les signaux du recadrage et se remettre au diapason.
Et tu auras l'occasion de poursuivre les échanges avec lui-elle en fin d'intervention, si tu le souhaites.
Mais tu n'es pas à l'abri d'avoir Dominique qui est un relou pur sang. Donc, tu as la 4ᵉ étape.
Donne-lui un feedback en mode CNV
Si tu dois arriver à cette étape, c'est que Dominique est un-e fuc***ng relou comme il en existe très peu. Une sorte de Pokémon Légendaire.
Presque à inviter à un dîner du mercredi soir...
Iel est sûrement pas très heureux-se dans sa vie pour jeter des crottes de nez comme on jette du riz pour célébrer les mariés.
Alors pare-toi de ta plus belle empathie est fais-lui un feedback à la sauce Communication Non Violente (CNV) pour éviter un éventuel conflit et bien gérer la relation.
Sans trop rentrer dans le détail, car la CNV fera l'objet d'une newsletter à part entière, tu vas lui faire un feedback en 4 temps, dans cet ordre :
a- Observation des faits
"J'ai posé un cadre / j'ai impliqué le groupe / je t'ai proposé qu'on en parle plus tard / tu m'as interrompu X fois / tu ne respectes pas le cadre qu'on a validé...". Attention : pas de jugement, que des faits.
b- Partage de tes ressentis
"Je ne me sens pas respecté-e / cela me stresse pour la bonne avancée de la réunion / je ne me sens pas à l'aise avec ce comportement...". Attention : pas de "tu" du genre "je sens que tu ne fais aucun effort".
c- Partage de tes besoins
J'ai besoin que la réunion avance efficacement / j'ai besoin que toutes les personnes du groupe se sentent au même niveau / j'ai besoin d'aller au bout pour que chacun puisse comprendre l'entièreté de mes propos...".
d- Expression d'une demande
"J'aimerais donc que pour le reste de cette réunion, tu me laisses poursuivre sans aucune interruption, ou alors, je te propose de quitter la salle et je te communiquerai un compte-rendu si tu le souhaites.". La demande doit-être claire, concrète et affirmée. C'est ça l'assertivité = s'affirmer en prenant soin de la relation.
L'avantage de cette dernière étape à la sauce CNV, c'est que tu verbalises tes besoins. Grâce à ça, soit les êtres humains écoutent et prennent soin. Soit, ils sont juste dépourvus d'empathie, et donc il faut arrêter d'y consacrer une once d'énergie.
Si tu souhaites avoir plus d'informations concernant la communication non violente n'hésite pas à lire cet article sur Comment se faire respecter à l'oral.
D'ailleurs, si on arrive à la 4ᵉ étape, c'est qu'a priori notre Dominique est vraiment qu'un gros troll, donc ça ne vaut pas le coup d'essayer de le rallier à ta cause. Tu as les 29 autres qui méritent que tu prennes soin d'eux.
Dans la vie, tu as le choix entre être heureux-se, et avoir raison.
Conclusion
En résumé, transformer les "relous" en alliés, c’est avant tout une question de préparation, de gestion de la communication et de stratégie.
En appliquant ces 4 étapes simples – poser un cadre, appeler un allié, proposer un temps ultérieur et donner un feedback constructif – tu vas non seulement éviter les conflits, mais aussi renforcer ton charisme et ta maîtrise des situations délicates
Entraîne-toi avec tout ça et écris-moi pour me partager ton expérience lors d'une intervention avec ce-tte Dominique.
PS : je n'ai rien contre les Dominiques. C'est le prénom de mon père !
Obtient les opportunités que tu mérites avec nos formations en prise de parole en public.
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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

Comment transformer les relous en alliés ? (même les plus gros)
Introduction
Te voilà dans une réunion professionnelle, en interview, ou bien en plein dîner avec tes proches.
Le débat monte. Les échanges se font de plus en plus musclés.
Ton voisin de droite te lâche une pique qui te met un genou à terre.
Puis, tu sens que ta deuxième rotule s'approche doucement du sol aussi, l'autre prend le dessus, tu risques de te retrouver piégé-e.
Comment faire pour garder le contrôle ?
Comment déjouer ses stratagèmes et montrer que TU as raison. Savoir maîtriser la rhétorique et gagner en débat peut être un atout considérable dans toutes les situations.
Heureusement pour toi, Schopenhauer, et moi, sommes là pour t'aider à gagner tes débats ou, du moins, à ne pas te faire écraser.
Dans son ouvrage L'Art d'Avoir Toujours Raison, Schopenhauer dévoile 38 stratagèmes dialectiques éristiques (mot compte double) pour gagner n'importe quelle discussion, peu importe que tu sois dans le vrai ou non.
Pourquoi ?
Parce que, selon lui, avoir raison n’est pas qu’une question de vérité, c’est aussi une question d’image, de vanité, et d'égo.
Notre but ultime en tant qu'être humain ?
Convaincre, convaincre et encore convaincre.
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Pourquoi veut-on toujours avoir raison selon Schopenhauer ?
La rhétorique et la psychologie humaine sont intimement liées, surtout lorsqu’il s’agit de maîtriser les débats et de défendre ses idées de manière persuasive.
Schopenhauer, dit le S, a un regard bien particulier sur la rhétorique, et pour bien comprendre ses stratagèmes, il faut d'abord saisir la psychologie derrière notre besoin constant d’avoir raison.
Au fond, pourquoi est-ce si important de "gagner" un débat ?
Spoiler alert : il s'agit de bien plus qu'une simple question de vérité ou de bon sens. C'est une affaire d'ego, de reconnaissance, et de survie intellectuelle.
La vanité et le besoin de reconnaissance
D'après le S, tout part de la vanité humaine. La vanité, c’est ce trait de caractère qui nous pousse à attacher une importance démesurée à ce que pensent les autres, et donc à la façon dont nous sommes perçus. Ce besoin de reconnaissance sociale peut aussi être vu comme un aspect du storytelling personnel, où chaque argument devient un moyen de se vendre en public. Voilà pourquoi on stresse de parler devant un public. Ce n’est pas simplement une question de fierté, c’est aussi une question de construction de soi : nous voulons être reconnus et respectés pour nos idées, nos opinions, et ce que nous apportons à une discussion.
Lorsque nous débattons, il y a deux choses en jeu : la question de la vérité objective (qui a vraiment raison ?) et celle de la reconnaissance subjective (qui va être perçu comme ayant raison ?). La plupart du temps, nous privilégions cette deuxième dimension.
Pourquoi ? Parce que notre désir de validation sociale est ancré dans la manière dont nous nous définissons.
Par exemple : En pleine réunion de travail, tu admets devant tout le monde avoir eu tort concernant la mise en place du projet DBGT. Au-delà de simplement reconnaître une erreur factuelle, c’est ton image qui en prend un coup. Tu risques de passer pour quelqu’un qui n’est pas compétent ou pas sûr de ses idées. Et ce besoin de préserver ton image publique (reconnaissance subjective) est plus important que la vérité objective. Même si factuellement, Dragon Ball GT c'était vraiment caca. Dans tout débat et prise de parole, la stratégie de persuasion va au-delà des faits, car l’enjeu est de gagner en crédibilité et en influence.
La peur de la vulnérabilité intellectuelle
Mais ce n’est pas tout. Admettre qu’on a tort, ce n’est pas uniquement une question d’ego, c’est aussi une question de survie intellectuelle.
Schopenhauer explique que nous construisons, tout au long de notre vie, un "édifice de croyances" : une série d’idées, de principes, de valeurs, qui forment le socle de notre vision du monde. Et cet édifice est fragile. Très fragile.
Reconnaître qu’une idée que l’on défend est fausse, c’est ouvrir une fissure dans cet édifice. Et cette fissure, c’est le danger qu’il s’écroule tout entier. Le S nous dit que la vérité est rarement pure et simple. Nos croyances forment un système cohérent, et lorsque ce système est attaqué, nous nous sentons menacés.
En d’autres termes, reconnaître une erreur intellectuelle, c’est prendre le risque de remettre en question toute notre structure de pensée, ce qui peut entraîner une grande insécurité personnelle.
Par exemple : Tu crois fermement en l'efficacité des énergies renouvelables, que tu défends bec et ongles depuis des années. Si quelqu’un te prouve de manière irréfutable qu'elles sont en fait une catastrophe écologique, cela signifie que tu dois repenser entièrement ta vision de l'écologie. Et ça, c’est effrayant. Surtout si tu es abonné-e à Bon Pote.
Le biais de confirmation : renforcer ses propres croyances
Derrière ce besoin de protéger notre édifice de croyances se cache un biais cognitif bien connu : le biais de confirmation. Ce biais est la tendance naturelle de l’être humain à privilégier les informations qui confortent ses croyances existantes, et à ignorer ou dénigrer celles qui les contredisent. Cela signifie que, dans un débat, notre but n’est pas nécessairement de chercher la vérité, mais de confirmer que nous avons raison.
Cela explique pourquoi, face à une contradiction, nous avons tendance à redoubler d'efforts pour défendre notre position, même si les arguments en face sont solides. C’est une manière de préserver notre estime de soi, de protéger notre cohérence intérieure.
Dans le contexte d’une discussion, ce biais nous pousse à sélectionner les arguments qui nous arrangent, à les valoriser, et à discréditer ceux qui pourraient ébranler notre opinion.
Par exemple : Tu es persuadé-e que Dominique est un collègue flemmard. Tout ce qu’il fera sera interprété à travers ce prisme : s’il prend une pause, c’est une preuve de sa paresse ; s’il reste tard au bureau, tu te diras qu’il cherche juste à compenser son manque d'efficacité. Ton esprit a déjà décidé, et tout ce que tu vois ne fait que renforcer cette idée. Biais de confirmation.
En gros, perdre un débat, c’est risquer de perdre la face, d’admettre une faiblesse. Reconnaître qu’on a tort, c’est comme mettre en danger notre système de croyances, cette "structure intérieure" que nous passons des années à bâtir pour interpréter le monde. Alors, forcément, pour défendre ce système, tous les coups sont permis.
C’est là qu'interviennent les stratagèmes de Schopenhauer que j'ai sélectionnés pour toi.

Les 5 stratagèmes pour avoir raison
Stratagème 1 : Bien choisir tes mots
"À force de remporter nos victoires par le vide, la politique est devenue, non plus un dialogue de sourds, mais un débat de muets."
Voici le résumé de la pièce de théâtre de Clément Viktorovitch que je suis allée voir récemment : L'art de ne pas dire (va la voir ou lis le livre, c'est d'utilité publique).
Les mots ont un pouvoir incroyable.
Choisis judicieusement, ils peuvent complètement orienter une discussion.
> L’idée est simple : il s’agit d’utiliser des mots ou des métaphores qui valorisent tes arguments et discréditent ceux de ton adversaire.
Par exemple : Ta boss propose un plan de "modernisation" de la stratégie digitale de la société. Plutôt que de dire qu'elle veut "réformer" ou "changer complètement" la méthode actuelle, elle choisit des termes positifs : "évolution", "amélioration", "modernisation". Le mot "modernisation" porte en lui une connotation positive qui rend son plan difficile à rejeter sans paraître réfractaire au progrès.
Inversement, si elle veut discréditer une idée, elle peut utiliser un mot négativement connoté. En politique, par exemple, on entend souvent parler de "réforme" quand il s’agit de moderniser quelque chose, mais certains opposants peuvent choisir de dire "démantèlement" pour instiller la peur et la désapprobation.
Conseil pratique : Sois attentif aux mots employés dans un débat. Ne te laisse pas piéger par des termes biaisés et reformule les propositions dans tes propres mots pour reprendre le contrôle du cadrage.
On a d'ailleurs écrit un article sur bien choisir ces mots : Comment bien choisir ses mots avant de parler ?
Stratagème 2 : Interrompre et détourner le débat
Celui-ci, tu l'as sûrement déjà expérimenté : tu es en train de construire patiemment ton raisonnement, puis, au moment où tu allais marquer un point décisif, on te coupe la parole. Ton interlocuteur change de sujet ou te lance sur une nouvelle piste. Tu perds le fil et ton argument tombe à l'eau.
> L’idée est simple : il s'agit de détourner l’attention sur autre chose, car il devient difficile de revenir à l'argument initial sans avoir perdu l'impact du discours.
Par exemple : Un collègue te coupe sans cesse quand tu présentes un nouveau projet. Il te pose une série de questions sur des détails sans importance, jusqu’à ce que tu perdes le fil de ta présentation. Résultat ? La réunion s'achève, et ton idée n’a pas pu être développée.
Conseil pratique : Reprends toujours la main sur le sujet initial. Une phrase simple mais efficace : "Revenons à mon argument de départ." Insiste pour finir ce que tu disais avant de te laisser entraîner sur une nouvelle piste.
Stratagème 3 : Trouver une exception pour réfuter la règle générale
Ce stratagème joue sur notre tendance à chercher des cas particuliers pour invalider une affirmation globale. L'esprit humain aime les histoires personnelles. Une anecdote particulière semble souvent plus marquante et plus vraie qu'une statistique générale. Cela donne l'illusion que la règle est fausse ou qu’elle ne s’applique pas dans la réalité.
> L’idée est simple : il s'agit de trouver une contre-exception à une règle générale, ce qui donne l’impression que cette règle n’est pas valable.
Par exemple : Lors d’un débat sur le travail à distance, tu dis : "Le télétravail augmente la productivité." Ton interlocutrice te rétorque : "Oui, mais moi, je connais des gens qui ne supportent pas de travailler chez eux, et ça les rend moins efficaces." Elle vient de trouver une exception pour affaiblir ton argument généralisant.
Conseil pratique : Ne laisse pas une exception détruire une règle. Reviens toujours à la tendance globale : "C’est vrai qu’il existe des cas particuliers, mais la plupart des études montrent que le télétravail augmente la productivité dans la majorité des cas." Garde à l’esprit que l’exception ne confirme que la règle.
Stratagème 4 : Utiliser une association dégradante
Ce stratagème est l'un des plus utilisés en politique et dans les médias. Notre cerveau fait des raccourcis : si une idée est associée à quelque chose de négatif, elle est jugée négative, elle aussi, sans que le fond de l’idée soit réellement discuté.
> L’idée est simple : il s'agit d'associer ton adversaire à une idée ou à une personne mal perçue pour discréditer son discours.
Par exemple : Tu défends une nouvelle stratégie de management inspirée des méthodes de startups. Ton collègue réplique : "Oui, mais ça ressemble quand même beaucoup à ce que fait Amazon avec ses employés, et on sait comment ça s’est terminé pour eux…" Bam, il t’a associé à une idée ou à une entreprise au passif négatif pour disqualifier ta proposition.
Conseil pratique : Recentre la discussion sur le fond : "Peu importe les associations, parlons de ce que je propose réellement." Si tu es pris dans une association dégradante, rappelle que cela n’a aucun lien avec tes arguments et recentre la discussion sur les faits.
Stratagème 5 : Fâcher l’adversaire
Dès qu’une émotion entre en jeu – la colère en particulier – le débat perd en rationalité. Schopenhauer le sait bien : la personne qui s’énerve est celle qui perd le contrôle. La colère fait émerger des réactions impulsives, ce qui peut pousser à la faute, à l’exagération, et au final... à perdre le débat.
> L’idée est simple : il s'agit de faire sortir ton adversaire de ses gonds par tous les moyens.
Par exemple : Tu es au bureau, en train de discuter avec une collègue sur une stratégie de marketing. Le débat est équilibré, jusqu’à ce que, tout à coup, tu te sentes attaqué personnellement. Ta collègue commence à lever la voix, à te couper la parole, à t'attaquer non plus sur tes idées, mais sur ta personnalité. Elle est en train de te "fâcher", tu t'emportes, tu claques la porte, tu glisses à cause de l'agrafeuse par terre, c'est elle qui a gagné.
Conseil pratique : Ne tombe pas dans le piège de l'émotion. Si tu sens que l'autre essaie de te pousser à bout, garde ton calme. Cela peut être difficile, mais c’est la meilleure façon de rester maître-sse de la discussion. Inspire-toi des stoïciens : ne laisse pas les attaques personnelles t'atteindre. Visualise la discussion comme un jeu, où celui qui reste impassible prend l’avantage (haha plus facile à dire qu'à faire hein. Bah essaye).
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Devenir un-e boss de la dialectique éristique (ou t’en protéger)
La dialectique éristique n'est pas simplement un ensemble de moyens mis en œuvre dans la discussion en vue de démontrer, réfuter, convaincre.
Elle te permet aussi de mieux comprendre les rouages d’un débat, de saisir les pièges dans lesquels on veut te faire tomber, et de renforcer ta propre capacité de persuasion.
Le vrai défi est de savoir prendre du recul, comprendre les mécanismes en jeu, et savoir choisir tes batailles.
À vouloir toujours avoir raison, tu risques de perdre l’essentiel : la capacité à t'ouvrir aux idées des autres et à progresser dans ta propre pensée.
Et aussi de perdre tes amis, tes collègues, tes proches...
Parfois, il vaut mieux choisir d'être heureux-se que d'avoir raison.
Alors, la prochaine fois que tu te retrouves en pleine joute verbale, souviens-toi : gagner un débat ne signifie pas forcément avoir raison.
Mais si tu maîtrises ces stratagèmes, tu pourras naviguer avec finesse dans le monde complexe des arguments, et surtout... ne pas te laisser piéger.
Conclusion
Maîtriser les stratagèmes de Schopenhauer dans un débat, c’est apprendre à naviguer dans un monde où les idées se confrontent, mais où la forme prime souvent sur le fond.
Ces techniques, utilisées avec finesse, te permettent de garder le contrôle et de convaincre ton interlocuteur, même si tu n’as pas toujours raison.
Mais n’oublie pas : l’objectif n’est pas seulement de gagner à tout prix, mais de savoir faire évoluer ta pensée et celle des autres. Et si, parfois, tu choisis de céder, fais-le avec panache !
Et pour aller encore plus loin, il y a la super chaîne YouTube "Le Précepteur" (chaîne de philo) qui parle également de tout ça pendant 40min dans cette vidéo.
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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

Comment toujours avoir raison (ou déjouer les pièges qu'on te tend) ?


