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Introduction

(Article rédigé en 2020 et mis à jour en 2024)

Je suis né en 1988, et depuis quelques semaines, je me suis mis à revoir des séries et des animés des 90's et 00's.

Comme si la pandémie que l'on vivait me rendait nostalgique. Cette saveur douce et agréable synonyme de "ah, c'était bien jadis".

Et justement le week-end dernier, j'ai revu le dernier arc de Dragon Ball Z : le combat face à Majin Buu.

Majin Buu menace en arrière-plan, tandis que Goku et Vegeta, en Super Saiyans, se préparent pour une bataille intense dans Dragon Ball Z. Une scène pleine de puissance et de détermination. Panache
Majin Buu (en rose) face à Son Goku (en orange) et Vegeta (en bleu)

Dragon Ball Z, DBZ pour les intimes, est un manga qui voit Son Goku (le héros) et ses amis sauver la Terre à plusieurs reprises de grands méchants bagarreurs qui veulent nous détruire.

Oui l'intrigue est relativement simple, mais l'univers est tellement wahou qu'il a marqué toute une génération.

Pas de jugement, c'est ma madeleine de Proust à moi.

J'aurais pu ne rien t'avouer, mais il y a un épisode qui m'a interpellé.

Un épisode qui nous donne une véritable leçon sur l'état d’esprit, l'importance de la confiance en soi, et la puissance de l'énergie positive.

Un épisode qui nous apprend quelque chose sur l'Ethos.

C'est quoi l'Ethos ?

L’Ethos fait référence à l'image que tu renvoies : ta personnalité, ton langage corporel, ta réputation, l'impression que tu laisses sur ton public qui juge ta légitimité et ta crédibilité. La réputation, c'est ce qui te permet de déjà conquérir un public avant même d'ouvrir la bouche car il sait que tu es quelqu'un d'intègre, de juste, de sincère, etc. Ça se construit et se solidifie donc avec le temps.

​​En développant ton langage corporel et en cultivant un état d’esprit positif, tu renforces ton image et ton leadership.

Revenons à DBZ.

Dans cet épisode, Son Goku et Vegeta combattent Majin Buu mais n'y arrivent pas du tout car ce dernier est beaucoup trop puissant. Une idée vient alors à l'esprit de Vegeta : demander aux terriens de donner leur énergie à Son Goku pour qu'il puisse créer une boule de feu alimentée par des milliards d'individus. Et donc suffisamment imposante pour gagner le combat.


A noté, car cette info est très importante (oui oui) : Vegeta est l'un des personnages principaux de la saga, mais est aussi le grand rival du héros Son Goku. Pour la faire courte, il combat souvent à ses côtés mais cherche toujours à être meilleur que lui. Il est arrogant et solitaire.

Néanmoins, son idée pour gagner le combat est brillante, et par un procédé télépathique que je t'épargne, il se retrouve à donner un discours à tous les terriens :


"Habitants de la Terre, écoutez-moi attentivement. En ce moment même, un individu courageux est en train de se battre contre notre ennemi à tous. Et à vrai dire, il éprouve certaines difficultés à prendre l'avantage. J'ai besoin de votre aide, il va falloir que vous me donniez votre énergie. Levez vos mains vers le ciel. Si on réunit nos forces, on a peut-être une chance de chasser Buu de nos vies. Et ne vous t'inquiétez pas si vous vous sentez fatigués ensuite, c'est normal. C'est le prix à payer. On a rien sans rien."
Vegeta en premier plan, avec la Terre en arrière-plan. Son regard est intense et déterminé, affichant une forte volonté de convaincre et une détermination implacable. Panache
(voir le discours de Vegeta à partir de la 9ème minute)


Nous avons là un bon discours qui présente les enjeux clairement, formule une demande explicitement, mobilise les émotions subtilement et annonce même les contreparties honnêtement.

Résultat ?

Ça ne marche pas du tout. Personne ne lève les mains.

Les terriens ne connaissent pas Vegeta, ils croient à une arnaque et refusent d'agir, alors que la planète est menacée de destruction (voir la réaction des terriens à partir de 17min17)

À ce moment-là, bien évidemment il s'énerve et cela n'aide en rien.

C'est alors que Son Goku prend le relais pour faire lui-même la demande aux terriens.

Grâce à son langage corporel humble et son énergie positive, il parvient à inspirer une certaine confiance. (voir le discours de San Goku à partir de 8min41)

Tous les amis qu'il s'est faits pendant les 450 épisodes précédents reconnaissent sa voix, lui font confiance et s'empressent de lever les bras. La boule de feu grossit immédiatement, mais c'est loin d'être suffisant.

Les terriens n'agissent toujours pas car lui aussi est un illustre inconnu à leurs yeux.

Entre en jeu un troisième personnage : Hercule Satan, un des ressorts comiques de la saga. Un combattant complétement nul qui a réussi à se faire passer pour le guerrier le plus puissant du monde grâce à de nombreuses arnaques.

"Vous ne comprenez rien, c'est très grave ce qu'il se passe au-dessus de vos têtes ! Vous n'êtes que des ingrats. J'ai 2 nouvelles pour vous : une bonne et une mauvaise. La mauvaise d'abord c'est que Buu est toujours vivant. Mais la bonne c'est que je vais vous en débarrasser."

Hercule dans Dragon Ball Z, bouche ouverte en discours animé, rassemble les terriens qui s'élèvent ensemble. Panache
(voir le discours d'Hercule à partir de 16min21)


Son discours est beaucoup moins construit, beaucoup moins structuré, beaucoup moins empathique. 

Et pourtant.

Hercule Satan parvient à mobiliser les terriens qui le reconnaissent et lèvent tous leurs mains.

Son Goku arrive alors à avoir une boule de feu assez grosse pour venir à bout de Buu ("boudebou" ahah).

Que nous apprend cet épisode en lien avec la rhétorique ?

On voit que la réputation d’Hercule Satan, qui pourtant est usurpée, a plus de valeur de que les arguments de Vegeta, et Son Goku, qui pourtant sont solides.

L'Ethos (la réputation) l'emporte donc sur le Logos (les arguments)

Et ce constat n'est pas que dans DBZ, c'est quelque chose qu'on voit aussi dans la vraie vie.

La plupart du temps, dès lors que tu bénéficies de la confiance de tes interlocuteurs, tu parviens à les convaincre sans même avoir besoin d'arguments.

Et c'est particulièrement vrai en politique... où l'image du politicien a bien souvent plus d'importance que son programme. Hélas.

Donc reste attentifs au fond des messages et garde un esprit critique face à n'importe qui.

Maîtriser ton langage corporel, oser dégager une certaine confiance et cultiver ton image peuvent faire toute la différence.


Il existe néanmoins des choses que tu peux faire dès maintenant pour développer ton propre Ethos.

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Comment développer votre Ethos ?

1- Démontre tes compétences et maîtrise ton sujet

On ne le répètera jamais assez, il est important de savoir travailler tes arguments, tes connaissances sur les sujets qui te tiennent à cœur. C'est parce que tu deviens calé sur un sujet que ta parole aura de la valeur, ton opinion comptera. Les gens garderont de toi le souvenir d'un orateur / d'une oratrice qui sait de quoi il/elle parle.

2- Partager tes valeurs

C'est LE truc qu'on nous dit tout le temps : "euh je ne vais pas parler de ma vie non plus, c'est pas le lieu pour ça". Alors oui, votre audience n'est pas là pour écouter votre journal intime. Mais sache une chose, si à aucun moment tu partages des choses personnelles, des choses qui comptent pour toi, dans le but de te découvrir en tant qu'être humain, alors c'est le public lui-même qui fera des hypothèses. Et le pire, c'est d'avoir des hypothèses faites à l'opposé de ta personnalité. Alors saupoudre tes discours d'anecdotes personnelles qui viennent servir tes propos et montrer qui tu es au fond, dans tes valeurs.

Un état d’esprit optimiste et rempli d’énergie positive attire naturellement les autres à toi.

3- Résiste à la paresse

Lorsqu'on connaît un sujet, il est aisé de tomber dans la facilité et reproduire / répéter des choses dites maintes et maintes fois. On ronronne et on s'écoute parler. S'il te plaît, respecte l'intelligence de ton public. Tu as le devoir de partager tes connaissances avec passion et maîtrise. Non pas qu'il faille parler comme un expert dans son jargon cependant. Faire simple ne veut pas dire simpliste.

4- Travaille ta bienveillance

De manière générale, c'est une vertu de grande qualité dans la vie de tous les jours. Face à une audience, ça veut dire que tu dois être intéressé par le sort de tes semblables. Tu ne parles pas pour parler, pour t'écouter, pour poser tes mots sans aucune considération. Tu viens présenter ta quête, ce que tu souhaites apporter comme changement. Alors accompagne-les, prends soin d'eux. Regarde-les comme si tu voulais aider chacun d'eux.

Tu ne peux pas plaire à tout le monde, Tu ne peux pas avoir la confiance de tout le monde.

Et ce n'est pas grave.

Car tu n'arriveras jamais à persuader 100% de ton public.

Tu n'es pas responsable du résultat.

Mais tu es responsable de ton image et des moyens utilisés pour accompagner le public à te suivre.

Inspire-toi de Son Goku (humble) plutôt que de Vegeta (arrogant) ou Hercule Satan (arnaqueur).

En apprendre plus sur les 3 mousquetaires de la rhétorique qui vont te permettre d'être plus convaincant !

Conclusion

L’épisode de DBZ avec Majin Buu t’enseigne que l’Ethos – cette capacité à inspirer confiance grâce à l’image que tu dégages – est souvent plus important que les arguments eux-mêmes.

En cultivant un langage corporel puissant, une image rassurante, et une attitude emplie d’énergies positives, tu pourras toi aussi attirer l’attention et devenir un leader inspirant.

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Julien de Sousa et toute l'équipe de Panache.

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Développe ta réputation pour mieux influencer

Introduction

Je ne sais pas pour toi, mais moi je suis éclaté en cette fin d'année.

On a lancé un tout nouveau Panache qui m'a pris toute mon énergie et je n'ai pas été off depuis des mois...

Et ce n'est jamais une bonne idée de trop travailler, même quand le projet te tient à cœur.

Car on garde la tête dans le guidon, les idées ne sont pas claires, nos capteurs sensoriels sont HS et les cheveux blancs poussent beaucoup trop vite.

De fait, j'ai arrêté d'accepter les coachings ou les formations.

Soit je les transmets à l'équipe, soit on les planifie pour la rentrée.

Car je ne me sens plus congruent.

Alors pour ce dernier article avant une bonne coupure estivale nécessaire, j'aimerais te parler d'une chose importante dans la vie de tous les jours en tant qu'être humain mais aussi orateur :

La congruence

Ça t'est déjà arrivé de porter un masque et de répondre "Oui tout va bien merci !" à la question "comment tu vas ?".

Mais tu n'y crois pas toi-même.
Et les autres sentent que ça sonne faux.

Eh oui car nous les humains, on a toustes un capteur à sincérité, la magie de notre espèce !

Pour les moins jeunes, rappelle-toi ce personnage de Tex Avery : Droopy.

Image de Droopy, le chien de Tex Avery, avec son célèbre 'I'm Happy' tout en affichant une expression blasée. Un exemple parfait de non-congruence, où l'alignement entre les paroles et les émotions est absent. Panache

Il terminait la plupart de ses épisodes avec le célèbre "I'm Happy" mais en tirant cette tronche.

Lorsqu'on entreprend ou lorsqu'on prend la parole, il est impossible d'inspirer, de créer un changement chez l'autre, de lui donner envie de se transformer, si tu n'es pas congruent.


Con-quoi ?

La congruence, c’est montrer un alignement cohérent entre ce que tu ressentes et les actions que tu mènes, les idées que tu as et les paroles que tu formules.

C'est un alignement entre ton verbal (les mots), ton para-verbal (la mélodie de ta voix) et ton non-verbal (ton corps, ce que tu dégages).

En somme, être congruent.e c'est :
- Penser ce que tu dis
- Savoir ce que tu dis
- Faire ce que tu dis


Tout l'inverse de Droopy qui tire la tronche quand il exprime son bonheur.

La congruence est bien plus qu'un concept: c'est un levier puissant pour aligner ta communication et ton développement personnel, et ainsi parler en public avec confiance

Sans cette congruence, c'est comme si tu conduisais une voiture avec un frein à main ET que tu nous invitais à nous asseoir dans l'habitacle en nous disant "C'est bon, je gère !".

Alors oui, tu connais peut-être toutes les manip' pour bien conduire.
Tu es peut-être même un as du drift.

Mais pas sûr qu'on te fasse confiance avec ce frein à main serré...

GIF montrant un parent disant à son fils 'Vas-y, tu peux sauter, je te récupère', mais qui, au dernier moment, montre qu'il ne faut pas toujours faire confiance. Une métaphore sur l'importance de la congruence et de la confiance en soi, essentielle dans la prise de parole en public et la communication. Panache.
Congruence = confiance les amis !

Ces croyances limitantes qui te freinent

En plus de ça : prendre la parole est généralement l’occasion de se mettre beaucoup de pression.

Comme si la performance ne reposait que sur le contrôle de l’image que l’on renvoie.

Pour être entendu-e, il faut d’abord créer les conditions de la confiance.

Voilà pourquoi la vraie performance repose sur ta capacité à exprimer une parole sincère et engagée.

Et bien souvent tu te mets des freins toi-même qui t'empêchent d'être libéré-e, sincère et engagé-e. C'est ce qu'on appelle des croyances limitantes.

Petits florilèges de choses moult fois entendues avec un petit conseil pour péter ce frein et t'aider à être congruent-e :

"Je suis incapable de parler en public"

> Tu as déjà parlé devant 3 potes autour d'une bière un samedi soir et tu étais au centre de l'attention ?
> Tu as déjà parlé devant une troupe d'enfants en colonie de vacances ?
> Tu es déjà passé-e au tableau plus jeune ?
> Tu es déjà intervenu-e en réunion pour présenter ton travail ?

Même si tout n'était pas parfait, tu l'as déjà fait.
Et plus tu accumules de situations différentes, plus tu seras capable.

On n'a pas "confiance en soi".

On a "confiance en une action" (qu'on répète suffisamment pour la maîtriser).

Je pense que tu es en totale confiance lorsque tu prépares une quiche aux poireaux non ?! Car tu l'as réalisé plus d'une fois.

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"Je ne suis pas expert-e du sujet"

> Pas grave, tu y vas pour parler de TON expérience, TON savoir-faire actuel, et ça c'est unique. Personne ne peut remettre en question une expérience personnelle. Expérience ≠ Expertise.
> Et puis si tu apportes de la valeur à quelqu'un-e, c'est que tu as au moins une expertise suffisante pour lui ou elle.

On est d'accord que tu n'attendais pas d'avoir un CAP Cuisine et 3 étoiles au Michelin pour apprendre à Roger à faire ta quiche aux poireaux ?

"Je ne suis pas légitime"

> Si on t'a proposé de prendre la parole et que tu as accepté, ou si des personnes viennent pour t'écouter, c'est qu'ELLES te pensent légitime.

C'est déjà une sacrée étape.
Et encore une fois, on est légitime dès qu'on a vécu une expérience sur le sujet et/ou qu'on a déjà eu des résultats. Même mauvais !

Tu fais souvent des quiches aux poireaux et les gens les apprécient de + en +. Bon bah tu peux en parler aisément !

"Je ne suis pas intéressant-e"

> Combien de personnes se sont endormies la dernière fois que tu as pris la parole ? Zéro ? Finalement tu devais être assez intéressant-e à LEURS yeux. Et c'est déjà très bien.

Tous les sujets sont intéressants dès lors qu'ils sont partagés avec entrain et passion.

Preuve en est, j'ai maté une vidéo de 30min sur un type qui essayait de prendre en photo un Pic Épeiche. Oui, c'est un oiseau !

J'en ai même fait un article pour comprendre les techniques utilisées pour me captiver ! (quand je disais que j'ai charbonné cette année haha).

Passion + qq outils = prise de parole intéressante.

Lève ce fichu frein à main !

Il faut être capable de penser au présent.

Parce que, souvent, quand tu angoisses, c'est que tu projettes dans le futur un truc de ton passé...

Tu trouves ça pertinent de flipper d'un truc qui n'existe pas en te fondant sur un truc qui n'existe plus ? (relis cette phrase)

Finalement, si tu commences à parler, à agir, à faire comme celui ou celle que tu voulais devenir, c'est à ce moment-là que tu le deviens... puisque c'est toi qui fais comme lui/elle ! (relis cette phrase aussi).

Conclusion

Alors, comment aimerais-tu être ?
Dans la vie et dans ton costume d'orateur ?

Perso j'ai besoin de me reposer cette question aux prochaines vacances pour regagner en congruence.

Et voici une liste non exhaustive de questions que tu peux te poser pour lever ce frein à main et délivrer des quiches délicieuses :

> Qu'est-ce qui me fait vibrer pour réussir à faire vibrer mon audience ?
> Qu'est-ce qui compte pour moi ?
> Quelles sont mes valeurs ?
> Qu'aimerais-je défendre ? Soutenir ? Voir triompher ?


Nous sommes des "Êtres" humains, pas des "Faire" humains.

Donc prends bien soin de ton "être" cet été pour te ressourcer, te recentrer, t'accomplir.

Et pour les curieux-ses, voici une vidéo pour t'aider à péter tes freins / croyances limitantes :



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Julien de Sousa et toute l'équipe de Panache.

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Ta congruence inspire confiance

Introduction

Il est là, tapi dans l'ombre, prêt à surgir à la moindre occasion pour nous rappeler que nous ne sommes pas légitimes et que nous ne méritons pas d'avoir notre mot à dire sur tel ou tel sujet. Le syndrome de l'imposteur nous rend la vie dure : manque de confiance, peur systématique d’échouer, anxiété à l’idée d’être « démasqué »… Alors, comment s'en débarrasser une bonne fois pour toutes et reprendre confiance en toi ?

Durant un été, entre deux coups de pédales et quelques nuits à la belle, je suis allé voir plusieurs spectacles pendant le Festival d'Avignon et il y en a un qui m'a particulièrement marqué : "L'Odeur de la Guerre".

Un seul-en-scène avec Julie Duval qui joue le rôle d'une femme à qui on ne cesse de répéter qu'elle n'est "jamais assez" ou "trop". Bien plus qu’un récit, son spectacle est une traversée dans le monde sans pitié des sentiments mal exprimés, des révoltes mal comprises et des agressions physiques dites accidentelles. 

Toute sa vie, elle ne se sent ni légitime, ni à sa place, ni méritante. Elle manque de confiance dans ses capacités.

Ce syndrome de l'imposteur, on le connaît tous·tes. Celui qui nous fait penser au moins une fois dans notre vie : "Euh, mais je suis un nobod' moi, en quoi je suis pertinent·e pour parler de ça ? Pour donner mon opinion ? Mon point de vue ?"

Et on alimente ces peurs à chaque fois qu'on refuse une opportunité de s'exprimer.

Alors, pour rester dans le milieu du spectacle, explorons en 3 actes ce syndrome de l'imposteur, ce cercle vicieux qui nous fait croire qu'on est plus imposteurs qu'une taupe déguisée en flamant rose. Et pour écrire tout ça, j'avais lu un super billet sur le sujet de Nina Ramen, dont voilà un petit mash-up avec mes ajouts.

Couverture du spectacle "Odeur de la Guerre" qui parle du syndrome de l'imposteur - Panache

Acte 1 : Il était une fois, les femmes expertes en syndrome de l'imposteur

Apparemment, nous les hommes, ces êtres confiants à l’estime de soi surdimensionnée, surestimons nos capacités.

C'est probablement pour ça qu'il n'y a que des hommes dans le Top 15 des prix Darwin, prix "décerné" à des personnes qui meurent suite à un comportement particulièrement stupide... Et que les assurances coûtent plus cher pour nous ! (Trop) croire en soi serait la spécialité de ces messieurs ?

Pendant ce temps, les femmes, dotées d'un talent inné pour l'auto-sabotage et la dévalorisation, sous-estiment leurs capacités. Joli cadeau empoisonné de l'éducation genrée, où les petites filles sont encouragées à remettre en question leur propre ombre, ce qui ne leur permet pas d’acquérir la confiance nécessaire en grandissant.

Selon Elisabeth Cadoche, l'experte en syndrome d'imposture en chef, dès l'âge de 6 ans, les filles se disent qu'elles sont moins fortes et moins brillantes que les garçons, donc moins aptes à participer à des activités nécessitant un soupçon d'intelligence. Applaudissons cette perception du monde en technicolor !

Ceci explique pourquoi il existe plus d'hommes qui osent prendre la parole, même pour ne rien dire. Et pourquoi les femmes s'en empêchent alors qu'elles ont des choses très intéressantes à partager.

(Et aussi pourquoi 8 personnes / 10 qu'on forme pour regagner en confiance sont des femmes)

Acte 2 : Les aventures quotidiennes des femmes et de leur acolyte : le syndrome de l'imposteur‍

Conséquences de cette éducation ?

15% des femmes se dérobent des carrières majoritairement masculines à cause de leur faible estime d’elles-mêmes, adieu les sciences ou l’activité d’arbitre de bobsleigh par exemple.

Et en 2023, 35% des wonderwomen en entreprise n'osent pas demander une augmentation ou une promotion à cause de ce fameux complexe d’infériorité – elles préfèrent affronter un chat angora dont elles sont allergiques, plutôt que leur supérieur hiérarchique.

Même les entrepreneuses, avec leurs capes d'audace, sont mal à l’aise à l'idée de prospecter ou de proposer des tarifs qui pourraient rivaliser avec les prix de leurs homologues masculins. Là encore, problème d’affirmation de soi, manque d’assurance, peur de l’échec… Et pourtant !

Une observation purement empirique et personnelle : presque systématiquement, le feedback que je fais à une entrepreneuse que je coache est le même : « reprends confiance en toi, impose-toi, prends le lead, assume, montre que tu es la DG ». Car bien trop souvent, elles sont presque à s'excuser de présenter leur projet alors qu'il est canon bowdel !

Auto-censure, auto-sabotage, auto-moto.

Voilà pourquoi, il ne sert à rien d'enseigner les meilleures techniques de rhétorique si on ne supprime pas le pilote-auto de cet état d’esprit néfaste.

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Acte 3 : Les 5 éléments pour vaincre le syndrome de l'imposteur‍

Alors, bien évidemment, ces problèmes de confiance en soi ne concernent pas que les femmes. Tout comme la peur de prendre la parole en public n’est pas seulement l’apanage de nos amis de la team timide. À un moment ou à un autre, tout le monde peut se retrouver face à ce fameux syndrome de l’imposteur qui nous fait perdre nos moyens.

Il n’existe pas de recette miracle, mais voici cinq astuces pour t’aider à dompter cette créature :

Booste ton estime de toi

Pourquoi ne pas créer un joyeux dossier "Ego-Boost" avec la liste de tes succès, de tes éclats de génie, ou de tes clients géniaux qui t'adorent ? Collecte aussi les messages qui t'ont fait sourire, pleurer de joie ou danser comme Omar Sy sur du Earth, Wind & Fire. Il n’y a pas de meilleure thérapie qu’une pluie de compliments venant de tes proches ou collègues. Le but de tout ça est de remplacer les émotions négatives par un maximum de pensées positives pour enfin te rendre compte que tu es génial-e et légitime sur plusieurs sujets.

Travaille ta confiance en toi

Maintenant que tu as redoré ton blason auprès de toi-même, tu peux pratiquer quelques exercices pour augmenter ta confiance en toi. Il existe tout un tas de petites astuces à mettre en pratique régulièrement pour reprendre confiance en ses capacités et ressources intérieures. Tu peux par exemple : pratiquer des exercices de respiration, faire une liste de petits objectifs à atteindre au quotidien, te mettre au théâtre pour vaincre ta timidité, coucher tes émotions sur papier pour prendre du recul, te défaire du jugement des autres et t’éloigner des personnes toxiques de ton entourage qui mettent à mal ton ego, etc. À toi de trouver les techniques qui te conviennent pour t’aider à développer ta confiance en toi. Et se former en “prise de parole en public” est un super moyen pour muscler ta confiace en toi sur le long terme.

Entoure-toi de ta bande

Pour retrouver confiance en toi, rien de tel qu’un gang de supporteurs. La confiance se développe aussi par le lien social, alors connecte-toi avec d'autres personnes qui partagent tes tribulations. C'est le top pour se soutenir, aller de l’avant, s'encourager dans ses projets et croire en ses capacités. J'ai grandi dans un milieu ouvrier, loin du milieu entrepreneurial. Mes perspectives ont totalement changé quand j'ai commencé à m'entourer de gens qui montaient des projets. Ça galvanise, ça inspire, ça instruit. Et ça aide à prendre confiance en soi par effets rebonds.‍

Plonge dans l'action et sors de ta zone de confort

T'as pas attendu d'avoir un CAP cuisine pour proposer ton plat-signature à tes amis un dimanche soir ? T'as pas attendu d'avoir un appareil photo Leica S3 à 14K€ pour poster des photos sur les réseaux sociaux ? T'as pas attendu d'avoir réalisé un long-métrage oscarisé pour parler d'un film que tu aimes ? Accumule des expériences nouvelles et tu seras légitime pour en parler. Des gens seront toujours plus experts que toi, mais ils n'auront jamais vécu les mêmes expériences que toi. Alors commence petit, améliore-toi de 1% chaque jour et bientôt, le stress deviendra ta potion d'endorphine quotidienne.

Laisse parler les gens

À prendre dans les deux sens du terme. Tu auras toujours des gens qui te critiqueront car ils seront jaloux ou envieux de toi au fond. Les leaders ont assez confiance en eux pour te soutenir, ils ne perdront pas de temps à te dévaloriser. Alors que ceux qui doutent d’eux-mêmes, oui. Et si tu as une certaine aisance à prendre la parole en groupe, avec zéro syndrome de l'imposteur, sois bienveillant avec ceux qui sont timides et qui ont plus de mal. Offre-leur la possibilité de s'exprimer, laisse-les parler. Donne-leur de la place, ensuite, ils viendront la chercher.

Syndrome de l’imposteur : c’est grave docteur ?

Certaines personnes souffrant du syndrome de l’imposteur qui doutent de leurs capacités de manière quasi systématique peuvent se retrouver dans des situations personnelles et / ou professionnelles préoccupantes sur le long terme : mal-être, anxiété, dépression, risques de burn-out, stress, culpabilité, sentiment d’insécurité…

Si tu ne sais pas comment reprendre confiance en toi et que tu te reconnais dans ces symptômes, n’hésite pas à demander de l’aide. Il n’est pas toujours simple de faire un travail sur soi sans être accompagné. Cela peut être à travers nos séances de coaching, voire des séances psy pour les syndromes les plus handicapants.

Si tu veux en savoir plus, tu peux aussi t’intéresser à des spécialistes de la question, comme le psychothérapeute Kevin Chassangre. Cet « expert » du syndrome de l’imposteur arrive à vulgariser le sujet à travers des tutos vidéos et des ouvrages qui aident à comprendre ce symptôme et à trouver les clés pour ne plus douter de soi et retrouver une certaine confiance en ses compétences.

Conclusion

Pour conclure, rappelle-toi que tu n'as pas besoin d'un million de diplômes pour être une rock star dans ton domaine et prendre la parole dessus – tout ce dont tu as besoin, c'est de te mettre en action et d’oublier le regard des autres.

Of course, la confiance en soi est la baguette magique qui transforme les imposteurs en superhéros. Alors, sors et va conquérir le monde avec ta propre touche d'éclat et d'audace, car tu as ce qu'il faut pour briller et être sûr·e de toi.

Obtient les opportunités que tu mérites avec nos formations en prise de parole en public.

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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

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Syndrome de l'imposteur : nos conseils pour s'en libérer

Introduction

Tu es au salon de la plaque de cuisson, tu viens d'assister à une super démonstration de la part de Dominique-la-belle-moustache, il t'a convaincu d'en commander une bonne dizaine pour l'ouverture de ton restaurant.

Dom' te pose la traditionnelle question "Tu fais quoi dans la vie ?", et toi, tu y réponds de manière tout aussi traditionnelle : "Je suis restaurateur".

Voilà, tu viens de te présenter comme une simple fiche ONISEP, rien ne te distingue d'un autre restaurateur. Rien ne permet de se connecter à toi. En plus, tu n'auras aucune ristourne. Et tu sens le graillon depuis 2 jours.

Reprenons depuis le début.

Si tu veux séduire, convaincre, persuader, créer de la proximité, susciter l'adhésion, il est important de faire des choses qui fonctionnent.

Et malheureusement, la présentation de sa fiche ONISEP ça n'a jamais fonctionné.

Sauf si tu dis que tu es la voix française de Simba-enfant dans le Roi Lion.
(Je raconte souvent ça aux gens qui me rencontrent pour la première fois. Ça brise la glace. Évidemment, c'est faux. Mais c'est rigolo).

Donc, si tu veux te démarquer, il y a la possibilité de parler de toi à la sauce storytelling.

Et c'est là où je te dis ce que c'est (vraiment) et ce que ce n'est pas :

Qu'est-ce qui n'est pas du storytelling ?

Souvent utiliser à tort, car c'est un mot anglais et on aime bien parler en franglais pour faire genre on est trop moderne, il faut savoir que le storytelling n'est pas :

  • Une anecdote : dire "hier au ski, j'ai descendu une piste noire, j'avais peur, j'ai tout fait en chasse-neige, mais heureusement qu'il y avait une croziflette en bas des pistes" n'est pas du storytelling. C'est un souvenir Jean-Claude.
  • Un objectif de vente : le storytelling participe indirectement à augmenter ton chiffre d’affaires ou à te faire recruter. Mais son objectif premier est de faire adhérer tes interlocuteurs à ta vision, les embarquer dans ton aventure, tisser un lien de confiance, te rendre authentique et sympathique à leurs yeux.
  • Un simple « à propos » sur ton site web : le fameux « qui sommes-nous ? » qui est là pour rassurer et synthétiser ton CV. Donne ton profil LinkedIn directement dans ce cas. Dans le storytelling, on ne parle pas uniquement de soi.
  • Ennuyeux : si on arrive à tenir 3h30 devant Avatar 2, ou enchaîner les épisodes sur Netflix, c'est qu'on est capable d'être attentif plus longtemps que la durée d'un TikTok. Un bon storytelling, bien ficelé et maîtrisé, capte ton public pendant de longues minutes si besoin.
  • Une ligne argumentative rationnelle : les chiffres, les stat', les preuves, les datas... Les avantages quantitatifs de travailler avec toi, c'est du rationnel. Le storytelling, c'est de l'émotionnel.

Finalement, le storytelling est tout simplement l'art de raconter une histoire avec un début, un élément perturbateur, un objectif, une résolution, dans laquelle tes interlocuteurs peuvent s'identifier et vivre des émotions qui leur donneront une forte motivation à agir avec toi.

Easy.

Le storytelling, pourquoi ça marche ?

Les émotions te rendent mémorable

Utiliser les émotions t'aide à perdurer dans l’esprit de tes interlocuteurs.
Surtout ceux qui sont Capricorne.

Le cerveau humain est programmé pour se souvenir des évènements à forte valeur émotionnelle.

Le sensationnel et le hors du commun marquent bien plus que le banal et le répétitif.

C’est pourquoi tu te souviens davantage de la chute des tours du 11 septembre que la Twingo verte-menthe-à-l'eau qui était retournée sur le bas-côté de la D11.

C’est pourquoi également CNews adore diffuser des informations dramatiques et des images sensationnelles, pour capturer l'attention et marquer les esprits… Le trash et le clash pour l'amour du cash.Technique de storytelling efficace pour stimuler les émotions et la persuasion.

Le storytelling aide à te rendre mémorable.

Pour aller plus loin, tu peux lire notre article sur les hormones libérées en fonction des émotions choisies.

Une action est toujours émotionnelle

Face à toi, il y a les fameuses plaques de cuisson de Dominique.
Tu pèses le pour et le contre avant ton achat, puis tu te décides à les prendre.
À toi les gnocchis sous toute leur forme.

Tu penses avoir fait un choix raisonné ?
La vérité, c'est que tu es conditionné par tes émotions bien avant les attributs concrets et les faits.

Ton cerveau prend même la décision 11 secondes avant que tu l'annonces à Dominique (source).

Tu es un être émotionnel doté d'une fonction logique.

C’est pourquoi une Rolex peut se vendre 50.000€ (vs une FlikFlak à 40 balles) : parce que le produit génère des émotions, des sentiments et des projections désirables chez les utilisateurs (statut social, réussite, pouvoir...).

Le storytelling derrière une Rolex permet de persuader.

Pour rappel, "convaincre" permet de faire changer d'opinion les autres.

Alors que "persuader" permet de faire changer de comportement les autres (comme un achat).

Mais attention, dans une bonne prise de parole il faut au maximum faire les 2.

Si tu persuades seulement, ça peut tomber dans la manipulation.
C'est d'ailleurs le risque du storytelling qui joue essentiellement sur cette corde.

En ajoutant des éléments convaincants, tu aides tes interlocuteurs à justifier leur choix vis-à-vis d'eux et des autres (recrutement, achat, début du sport, arrêt des selfies avec filtre Avatar...)

L’humain aime les histoires

L’être humain est social et, plus encore, adore les histoires.

C'est pour ça qu'on boit des coups entre potes très souvent : pour raconter nos vies, ragoter, bitcher, partager la formidable soirée qu'on a passée grâce à nos nouvelles plaques de cuisson...

D'ailleurs, il ne se passe pas 1 semaine sans qu'une nouvelle série ne sorte.

Et que j'ai maté une vidéo de 30min sur les oiseaux alors que je n'ai aucun attrait particulier pour les bêtes à plumes. D'ailleurs, je me suis amusé à analyser les étapes du storytelling employées pour me captiver. En vrai c'est fun.

La narration et les émotions communes ressenties lors d’un récit nous permettent d’être en lien avec l’autre et de s’identifier.

Le storytelling rapproche les individus

Lorsqu'on parle de soi, de son passé, de ses passions... On partage naturellement des points communs avec l'autre. Il entre alors en empathie. Il nous comprend.

Le sentiment de synchronisation devient profondément satisfaisant et rassurant.  

Le storytelling te permet donc d’entrer en connexion avec ta cible et générer un sentiment de proximité.

Le storytelling te met en lumière

Il va sans dire que lorsque tu parles de toi, tu commences à te mettre un peu à nu.

Et c'est justement grâce à cette vulnérabilité, cette authenticité, cette sincérité que quelque chose de puissant se passe : la perception et l'image que les gens ont de toi alimentent la confiance qu'ils peuvent t'accorder.

C'est ce qu'on appelle l'Ethos, et j'en parle plus en détail dans cet article.

La façon dont tu es perçu et les valeurs que tu incarnes influencent par exemple la considération d’achat et la fidélité des clients.

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La démarche pour construire un storytelling efficace

Avant de se lancer dans un plan pour bien organiser ton histoire, il faut se poser quelques questions qui permettent de faire le ménage et de créer une ligne de communication cohérente et constante.

1- Quelle est ta marque / ton offre / ton business ?

Tu veux parler de toi pour vendre / te vendre ? Pour motiver les autres à passer à l'action. Alors intéresse-toi d'abord aux autres et demande-toi :

a- Qui sont tes clients, ceux à embarquer ?

Si tu veux que ton histoire ait un impact, elle doit être basée sur eux et leurs désirs. Tu crées ton storytelling pour eux. Tu dois donc connaître en profondeur leur personnalité, leurs motivations, leurs problèmes. En quoi tes produits / services / expériences leur sont essentiels ? Pourquoi ont-ils besoin d'une solution à leur problème ?

b- À quel(s) besoin(s) réponds-tu ?

Qu'est-ce que tu leur apportes ?

c- Quels sont leurs résistances et leurs freins à l’achat ?

Quelles émotions les poussent à sauter le pas et faire finalement appel à toi ? Ta marque doit être profondément ancrée aux aspirations et aux centres d’intérêt de tes clients.

d- Qu’est-ce qui différencie ta marque des autres ?

Quelles sont ses valeurs et en quoi croit-elle ?

2- Quelle est ta promesse en une phrase ?

Dans le milieu business, on peut appeler ça ta Value Proposition. On doit être au clair sur ta promesse pour avoir une idée claire de ce que tu proposes et les bénéfices que tes interlocuteurs peuvent en tirer.

Ce "slogan" doit incarner ta marque et ta vision.

Par exemple, pour nous, c'est "Parle avec Panache".

Et il y a 3 avantages à l'avoir formulé comme ça :

1- Le mot "panache" (bénéfices) est peu utilisé donc il nous différencie (synonyme de brio / éclat).

2- Notre nom de marque "Panache" est placé directement dans le slogan donc on met en avant le nom de la boîte à chaque fois.

3- Ce qui peut motiver nos clients à prendre la parole avec brio ET avec nous. Wink Wink ;)

4- Bonus : il y a une allitération en "P" donc c'est stylé (en + ça fait PPP comme dans Prise de Parole en Public... Mind Blown!)

Trouve le fil conducteur entre ce que veulent tes clients, ce qui fait ta différence et ce que tu veux. Ta promesse se trouve au bout du tunnel.

3- Quelles histoires garder et partager ?

Alors oui, tu as sûrement une vie trépidante et tu penses déjà à écrire ton autobiographie en 6 tomes.

Mais ta vie / ton œuvre n'est pas ce qui va intéresser le plus tes interlocuteurs.

Tes meilleures histoires viennent de l'expérience de tes clients.

Alors va les voir, reprends contact. Le contenu généré par ces personnes est non seulement efficace, car profondément crédible, mais également peu coûteux et simple à générer.

À chaque prise de contact, essaye d'organiser leurs histoires en 4 parties :

1- Le contexte (avant que tu interviennes)

2- Leur défi (au moment où ils font appel à toi)

3- La solution (ce que tu as mis en place pour eux)

4- Les résultats (grâce à toi, ils ont atteint qqch de concret)

Avec cette mini-structure en 4 temps, tu auras de la matière pour faire émerger des histoires captivantes.

Ne manquera plus qu'à utiliser un vrai plan narratif digne des meilleurs films hollywoodiens.

La structure pour construire un storytelling embarquant

Bon, la vérité, c'est que je ne vais pas te faire touuuuut le cours sur le storytelling, car j'ai déjà dit beaucoup de choses, et je dois bien garder quelques secrets pour les personnes qui participent à nos formations.

Car on travaille sur les histoires de nos apprenants pour les aider à mieux se raconter afin de mieux captiver et se créer des opportunités.

Mais parce que je suis sympa, je peux te dire que tu as toujours besoin de 3 ingrédients :
1- Un héros / une héroïne dans lequel / laquelle l'auditoire peut s'identifier.
2- Un objectif clair pour ce héros / cette héroïne
3- Des obstacles qui freinent l'objectif (et génèrent donc des émotions !)

Et parce que je suis méga sympa, voici un avant-goût à la sauce "conte pour enfant" d'une structure storytellée en 3 actes :

ACTE 1 - Situation initiale
1- Il était une fois...
2- Tous les jours...
3- Puis un jour...

ACTE 2 - Les péripéties
4- Voilà pourquoi...
5- Mais ... Ainsi
(le 5 est à reproduire plusieurs fois pour créer des émotions !)

ACTE 3 - Situation finale
6- Jusqu'au jour où...
7- Finalement...
8- La morale est donc...

Ai-je besoin de préciser que tu n'es pas obligé-e de commencer avec ces mots de liaison tel Père Castor ?

L'idée est là, à toi de t'entraîner pour parler de toi, ou mieux, pour parler de tes interlocuteurs en les mettant EUX en scène, comme dans cette pub Intermarché où un père tente de faire un repas particulier...

Et si tu veux voir à quoi ressemblent des prises de parole storytellées, tu peux mater les vidéos de la chaîne YouTube "La Veillée", celle d'Alexandre Astier est savoureuse ;)

Conclusion

Le storytelling, ce n’est pas juste une technique de narration : c’est un levier puissant pour captiver, persuader et créer une véritable connexion avec ton audience. En maîtrisant l’art de raconter des histoires authentiques et émotionnelles, tu as le pouvoir de marquer les esprits et de transformer des simples échanges en moments inoubliables.

Que ce soit pour convaincre, fidéliser ou faire briller ta personnalité, il est essentiel de structurer tes récits avec soin et de les adapter aux émotions et attentes de ceux à qui tu t’adresses. Le storytelling n’est pas une mode, c’est une méthode éprouvée qui, bien maîtrisée, peut faire toute la différence.

Alors tu fais quoi dans la vie ? 

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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

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Utilise (vraiment) le storytelling pour parler de toi et te démarquer

1. Contexte

Gladys Priso est la co-fondatrice de Teelda, une startup engagée aux côtés des aidants et de leurs proches, qu’elle a lancée avec ses sœurs. Leur mission : proposer des séjours de répit personnalisés aidant-aidé, pour souffler, se reconnecter, retrouver un peu de légèreté dans des parcours souvent marqués par l’épuisement.

Scientifique de formation, Gladys est précise, rigoureuse, efficace. Mais quand il s’agit de parler du projet, un décalage s’installe. Ses interventions sont maîtrisées… mais froides. Trop rationnelles. Et ce qu’elle vit au fond d’elle, ce qui a fondé l’existence même de Teelda, reste souvent tu.

2. Les défis de Gladys

En intégrant la promo 24 “Parle avec Panache”, Gladys souhaitait apprendre à prendre la parole avec plus de naturel, de confiance, et surtout : toucher ses interlocuteurs.

Elle sentait que pour embarquer financeurs, prescripteurs ou partenaires, il ne suffisait pas d’être convaincue. Il fallait savoir convaincre. Et ça, ça passait par une prise de parole plus vivante, plus incarnée, plus émotionnelle.

Le défi : sortir du masque professionnel, accepter de s’impliquer personnellement dans son discours, et affirmer pleinement la légitimité de son histoire.

3. L’accompagnement de Panache

Avec Gladys, nous avons travaillé en profondeur sur l’Ethos (son image). Il ne s’agissait pas de transformer son style, mais de lui permettre de retrouver le lien entre son engagement intime et sa manière d’en parler.

  • On l’a guidée pour faire une place à sa propre histoire : l’accompagnement de sa maman, les émotions, les doutes, les raisons profondes du “pourquoi” Teelda.
  • On a réhabilité l’humour, les images, le rythme… tout ce qui donne du relief à la parole, sans trahir la rigueur.
  • On l’a aidée à sortir des scripts préécrits, pour apprendre à pitcher sans slides, avec ancrage, présence et plaisir.
  • Et surtout, on a cultivé sa capacité à marquer les esprits en une minute, avec intensité et justesse.
Gladys et sa promo 🎉

4. Les résultats

Le déclic ne s’est pas fait attendre. Quelques semaines après la formation :

✅ Elle devient finaliste d’un concours national de pitchs, après un marathon de 4 présentations de 5 minutes face à un jury d’experts de la Silver Economy.

✅ Quelques jours plus tard, sa startup Teelda est distinguée par l’Ordre National du Mérite, pour son utilité publique auprès des aidants. La remise de prix a lieu à l’Assemblée Nationale.

✅ Son discours d’une minute, prononcé dans les salons dorés du Palais Bourbon, est salué et repris par plusieurs officiels.

✅ Sur le plan personnel, c’est une bascule :

Pour la première fois, ma sœur, ma critique la plus acerbe, n’a rien trouvé à redire. Rien que pour ça, je pourrais déboucher une bouteille de champagne !

Elle confiera plus tard :

Je me sens de mieux en mieux dans mes prises de parole, même si la route à parcourir reste longue. Mais zéro pensée limitante. Je me sens bien et les gens se sentent galvaniser par notre projet.

Aujourd’hui, Gladys prend la parole avec puissance et vulnérabilité. Et sa voix porte.

Celle d’une femme, d’une sœur, d’une entrepreneure, qui sait pourquoi elle parle, et comment le dire.

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Gladys : d'une parole froide à un engagement émotionnel

Comment ne pas se faire manipuler et se protéger ?

Comme dit le dicton "un homme averti en vaut deux" alors aujourd'hui je ne vais pas y aller avec le dos de la main morte et je vais mettre directement les pieds dans le plateau de crabes.

En ce moment, plus que jamais, tu vas entendre moult personnalités politiques prendre la parole : des représentant-e-s, des élu-e-s, des chefs d'État, mais aussi des candidat-e-s.

On a régulièrement déjà eu le droit à des discours tantôt froids, tantôt incisifs, tantôt fallacieux.

Aujourd'hui, je te propose de t'éduquer.

Rien que ça.

Ou plutôt, de muscler ta capacité à repérer des arguments fallacieux, des arguments tendancieux et des techniques de manipulation.

Non pas pour que tu les utilises à tes fins, j'espère que ton éthique l'emporte sur l'efficacité.

Plutôt pour te protéger de ces manipulations, garder ton esprit critique et rester maître de tes choix.

Qu'est-ce qu'un sophisme ?

Remontons au Ve siècle avant J.C.

Et plus précisément, du côté de la Grèce antique.

Les oliviers, la mer méditerranée paisible, des habitants en toges blanches chaussés de crocs d'époque.

La démocratie y voit le jour et de nombreux métiers et professionnels du discours commencent à se multiplier : avec l'avènement de ce nouveau système politique, le but de ces orateurs est d'emporter l'adhésion du plus grand nombre pour la cause qu'ils servent.

Deux grandes écoles s'affrontent alors : les philosophes, qui sont à la recherche du vrai, et les sophistes, qui sont à la recherche du vraisemblable.

Les premiers cherchent à être exhaustifs pour trouver la vérité, et les seconds cherchent à être efficaces pour faire adhérer à leur propre vérité.

Je pense que tu vois très bien ce qu'est un "philosophe".

On a eu la chance d'avoir des cours de philo à l'école pour nourrir nos âmes, et récolter péniblement des 6/20 (ma note au Bac...).

Oui c'était une "chance" car avec mes yeux d'adultes, je me rends compte que je n'en avais pas saisi toute l'utilité. Alors je m'y intéresse aujourd'hui de plus en plus et je peux te recommander l'excellente chaîne Youtube du Précepteur (Charles Robin) et le podcast "Philosophy is sexy" de Marie Robert dans un tout autre registre (ma préférence pour le premier).

En revanche, pas sûr que tu vois vraiment ce qu'est un sophiste.

Sophiste : du grec ancien σοφιστής, sophistès : « spécialiste du savoir », formé à partir de sophia : « savoir, sagesse ».

Il désigne à l'origine un orateur et un professeur d'éloquence de l'antiquité.

Les sophistes développent des raisonnements dont le but est uniquement l'efficacité persuasive, et non la vérité, et qui à ce titre usent souvent de vices logiques, bien qu'ils paraissent à première vue cohérents : les fameux « sophismes ».

Les sophistes ne s’embarrassaient donc pas de considérations quant à l'éthique, à la justice ou à la vérité.

Ils étaient même payés pour soutenir avec ferveur et conviction les thèses de leur client.

Il pouvait même leur arriver de soutenir la thèse A un jour, et la totale opposée B le lendemain.

Des "Manuel Valls" a multiples vestes en somme.

Donc, à l'origine, dire de quelqu'un qu'il est un sophiste n'est pas péjoratif.

C'est simplement indiquer son métier = un orateur qui est là pour convaincre et rallier à sa thèse, coûte que coûte.

À Athènes, ces orateurs sont néanmoins dénoncés par les philosophes Socrate et Platon, qui débattent avec les sophistes pour essayer de démasquer leurs manipulations.

C’est Platon qui a popularisé le mot dans un sens péjoratif, car les "sophistes" sont, pour lui, en totale opposition avec la philosophie socratique selon laquelle il n’existe qu’une vérité et que c’est en la cherchant que l’on est dans le Bien, le Beau, et le Juste.

Protagoras sophiste qui dénonce une manipulation
Démocrite (au centre) et Protagoras (à droite) (par Salvator Rosa). Protagoras est l'un des plus éminents sophistes reconnus par la tradition antique.

Les sophistes sont ainsi critiqués par leurs valeurs qui ne tiennent pas en compte la véritable vérité, mais plutôt la pseudo vérité qui convient le mieux à leurs besoins. Quitte à utiliser des arguments fallacieux.

Et PAF, le terme "sophisme" est né pour désigner un argument destiné à manipuler.

Après avoir rédigé son premier ouvrage "Rhétorique", sur l'art de convaincre, Aristote a écrit "Les réfutations sophistiques" pour analyser et classer les différents sophismes qui peuvent être employés dans un discours.

Ajoute à cela "L'art de toujours avoir raison" de Schopenhauer, et j'ai été sélectionner mon top 10 des sophismes les plus utilisés afin de t'aider à les repérer rapidement, et de les contrer. Of course!

Top 10 des sophismes et comment s'en protéger


1- L’appel à la popularité

Ce sophisme consiste à valider une idée en arguant du fait qu’elle est admise comme vraie par un grand nombre de personnes. Cela contribue à mobiliser l'attrait du bon sens commun. En gros "si tout le monde pense ça, alors c'est que ça devrait être la norme".

Exemple : Jean-Michel Blanquer sur la réforme des retraites

À écouter à partir de 5min23.

"Tout le monde a compris que dans un pays où l’on vit plus vieux, il est normal de travailler plus longtemps"

Ce n'est pas parce qu'on vit plus vieux qu'il faut nécessairement travailler plus longtemps. D'autres alternatives existent sûrement. Et c'est encore moins vrai que tout le monde pense ça, que c'est du bon sens, que ça devrait être la norme.

Comment se protéger de cette manipulation ?

Si quelqu'un annonce "Mais tout le monde fait çaaaaa", alors demande-lui de te montrer en quoi "tout le monde" est forcément dans le vrai, qu'il ne peut pas se tromper. Tu peux également donner des exemples concrets où la majorité de la population se trompait.

Comme par exemple : l'esclavage était considéré comme correct, les femmes étaient considérées comme inférieures à l'homme, la saignée était considérée comme un remède efficace contre les maladies... ou encore que tout le monde pensait que la Terre était plate.


2- La généralisation hâtive

Ce sophisme consiste à généraliser à partir d'un échantillonnage trop restreint, voire d'un simple exemple personnel. C'est bien d'illustrer un argument avec un exemple personnel, mais l'exemple seul n'est pas un argument. En gros "moi j'ai un ami noir, donc je ne suis pas raciste".

Exemple : Marlène Schiappa sur la drogue

À écouter à partir de 8min44 :

"Moi il s'avère que j'ai enterré 2 de mes proches avant l'âge de 25 ans qui sont morts de consommation de drogues et tous les 2 avaient commencé par du cannabis, des drogues dites "douces" parce que c'est cool..."

Son exemple personnel ne peut être une généralité, il aurait été plus rigoureux d'avancer des preuves de vraies études. En plus de ça, elle enchaîne avec un sophisme de la pente glissante que l'on voit au point 3.

Comment se protéger de cette manipulation ?

Tu peux demander à l'autre de démontrer en quoi les exemples qu'il a exprimés sont représentatifs de la situation actuelle. Possède-t-il des preuves plus consistantes ? Tu peux également lui demander de nuancer sa conclusion en lui rappelant quels paramètres n'ont pas été pris en compte dans son analyse "simpliste".


3- La pente glissante

Ce sophisme consiste à présenter une série de conséquences catastrophiques sans démontrer de lien de cause à effet convaincant ou en exagérant à outrance. En gros "si A, alors 2 puis Papouasie et du coup, on va finir inexorablement par Pamplemousse".

Exemple : Nicolas Sarkozy sur le paquet de cigarettes "neutre"

"Si nous acceptons le paquet de cigarettes neutres. Dans 6 mois on vous proposera la bouteille de vin neutre. Et s'en sera fini de nos appellations, de nos terroirs, de nos savoirs-faire"

Donc notre savoir-faire et notre terroir dépendent d'un paquet de cigarettes ? Cigarettes composées de tabac non cultivé en France...

Comment se protéger de cette manipulation ?

Après avoir bien rigolé, tu peux montrer à ton interlocuteur que le prétendu lien entre l'action et ses conséquences est faible ou inexistant. Demande-lui une démonstration. Attention, de ton côté, assure-toi de t'outiller d'études rigoureuses qui puissent montrer que les conséquences en question sont erronées.

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4- Le lien causal douteux

Ce sophisme créé un lien causal là où il n'y a qu'une simple corrélation accidentelle, voire totalement inventée. Or, en règle générale, les liens de cause à effet sont difficiles à établir et prennent un certain temps avant d'être admis de tous (preuve en est avec le 5ème rapport du GIEC sorti en février 2022 qui nous rappelle depuis 30 ans que oui oui, l'être humain est bien responsable du réchauffement climatique et il y a encore des sceptiques...).

Exemples : Valérie Pécresse et Eric Zemmour

"Défendre la chasse c'est défendre la ruralité" - Valérie Pécresse - 2022

Encore la ruralité qui est utilisée comme porte-drapeau ! Pécresse nous dit que si on peut jouir de nos campagnes et de nos balades en forêt c'est grâce à la chasse ? Permets-moi de venir avec une liste d'arguments longue comme mon bras. Hum I'm sorry je n'y crois pas.

Ou encore, cette pépite avec Eric Zemmour :

"Le vert des Verts (écolo) correspond comme par hasard au vert de l'Islam

Comment se protéger de cette manipulation ?

Demande à l'autre d'expliquer concrètement le cheminement de son raisonnement et de vérifier la valeur de son argument avec 2 éléments importants :

1- Est-ce que cet argument est vrai ? Des preuves avérées, récentes, vérifiées ?

2- Est-ce que cet argument est valide ? Le lien est-il solide et viable entre la prémisse et la conclusion ?

Si tu n'es pas convaincu, alors c'est un argument irrecevable.


5- Le faux appel à l'autorité

Ce sophisme consiste à s'appuyer sur une autorité (personnalité ou domaine d'expertise) alors que celle-ci n'en est pas une dans le domaine, ou qu'elle est invoquée n'importe comment. C'est invoquer le prestige ou la renommée d'une personne / d'une thématique au lieu de s’en remettre à ses propres arguments.

En gros "tu sais que d'après JCVD, dans 20 ou 30 ans il n'y aura plus d'eau sur Terre" ou "d'après les dernières études en psychologie cognitive, il faudrait manger des algues pour avoir des relations amoureuses stables".

Exemple : Emmanuel Macron lors de son meeting à Marseille

Lors de ce meeting en 2017, Emmanuel Macron cite le groupe de rap IAM :

"Ce n'est pas ici que je vais vous l'apprendre, nous sommes bien nés sous la même étoile. Parce que oui, IAM a supporté cette culture française aussi, n'en déplaise à certains qui les mettaient de côté [...]. Ça ne serait pas IAM pour les uns et Giono et Pagnol pour les autres."

Ici Macron fait référence au titre phare de IAM : "Nés sous la même étoile".

Alors déjà il le cite mal car ce que dénonce le groupe de rap marseillais c'est justement qu' "on N'est PAS nés sous la même étoile"... Donc tout l'inverse de la thèse soutenue par Macron.

Mais soit, il veut faire comme IAM et "soutenir cette culture française". Cette citation est seulement là pour faire plaisir aux marseillais, pour récolter quelques applaudissements. Ce ne peut-être aucunement un argument recevable qui démontre son programme de l'époque.

Comment se protéger de cette manipulation ?

De base, si l'avis d'une personnalité publique est utilisé sur quelconques questions sociales, politiques ou économiques auxquelles, trop souvent, elle ne connait rien, alors l'argument est irrecevable.

Par exemple, on demande bien trop souvent l'avis de pseudo-sachants sur des sujets aussi complexes que le COVID-19, la guerre en Ukraine ou la fonte de la banquise. Leur avis ne vaut pas mieux que le nôtre.

Ensuite, tu peux demander en quoi l'autorité citée est légitime et pertinente pour alimenter l'argument. Ne sois pas aveuglés par des noms tonitruants ni des mots conceptuels clinquants sans réelles preuves.

6- La caricature

Ce sophisme consiste à exagérer la position de l'adversaire pour la rendre plus facilement attaquable en simplifiant ou en radicalisant l'opinion de cette personne (donc en modifiant sa position). En gros "avec la montée de #MeToo, bientôt on ira en prison juste parce qu'on a croisé une femme dans la rue".

Exemple : Emmanuel Macron (again!) pour caricaturer les opposants à la 5G en les comparant à des Amish

"J'entends beaucoup de voix qui s'élèvent pour nous expliquer qu'il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l'écologie contemporaine"

En utilisant ce procédé, il réduit les anti-5G à des personnes qui refusent le progrès technologique.

Le progrès technologique est intéressant, mais est-ce qu'il est toujours pertinent ?
Est-ce notre seule solution contre nos défis climatiques ?
On a le droit de penser le contraire sans être pour autant des fanatiques de la toile de jute.

Comment se protéger de cette manipulation ?

Tu peux verbaliser que c'est une caricature qui sert à discréditer ton positionnement. Prends le temps d'insister sur le fait que les critiques n'atteignent pas la vraie cible : c'est-à-dire que les critiques visent des arguments modifiés par l'interlocuteur plutôt que les arguments réels de la personne visée. Et avec un peu de panache, tu peux même faire tourner son propos en dérision en allant encore plus loin dans la caricature.

Exemple de réponse à Macron : "C'est vrai que si on avait écrit la convention citoyenne pour le climat avec une plume, elle aurait sûrement eu une valeur symbolique plus importante. Et donc respectée dans son entièreté."

7- La fausse analogie

Une comparaison peut être utile lorsqu'on vulgarise un phénomène complexe, scientifique, conceptuel. Je te recommande d'ailleurs d'utiliser souvent des analogies pour rendre tes messages plus simples. Mais une mauvaise analogie peut s'avérer fausse, voire même dangereuse.

Exemple : Un tweet du fils de Donald Trump pour soutenir la candidature de son père.

Sophisme Trump Jr Tweet Panache
"Si j'avais un bol de Skittles et que je te disais que trois d'entre eux étaient empoisonnés. En prendrais-tu une poignée entière ? Tel est notre problème avec les réfugiés syriens."

Comment se protéger de cette manipulation ?

Demande à ton interlocuteur en quoi la ressemblance en question permet-elle de tirer des conclusions semblables ? Dans l'idéal, la meilleure façon de montrer le caractère forcé d'une analogie consiste à se servir de la même analogie pour en tirer une conclusion contraire.

Exemple de réponse au tweet de Trump Junior : "Les skittles sont des friandises. Les réfugiés sont des humains. Si on poursuit votre analogie inadaptée, votre monde idéal devrait donc ressembler à ça ?" :


white skittles


8- Le faux dilemme

Ce sophisme consiste à piéger l’adversaire dans une fausse alternative ; il doit choisir entre A, qui est catastrophique, et B, qui est la position défendue par le sophiste.

Ou bien c'est noir, ou bien c'est blanc.

C'est oui ou c'est non.

C'est vrai ou faux.

Ou bien on fait ceci qui est juste ou bien on fait cela qui est terrible (2 solutions seulement). Dans une telle logique, il n'y a aucune place pour la nuance, le cas par cas ou la complexité d'une question. En gros "la France tu l'aimes ou tu la quittes".

Exemple : Échange entre un étudiant et Emmanuel Macron

Octobre 2019, un étudiant pose cette question à Emmanuel Macron : "Pour le moment, rien n'est fait sous votre quinquennat pour réduire le réchauffement climatique, que proposez-vous pour le temps qu'il vous reste ?" (source : Déclaration et réponses à des questions de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur la réforme des retraites, à Rodez le 3 octobre 2019)

Sa réponse :

"Aujourd'hui ce n'est plus le temps de l'indignation [...] J'ai besoin d'une indignation qui contribue et qui aide [...] Moi j'ai besoin de l'énergie de tout le monde, si vous vous indignez, venez m'aider."


En d'autres termes : soit tu viens m'aider, soit tu es dans une indignation stérile.

Ou encore : soit tu es avec moi, soit tu es contre la planète.

Ce faux-dilemme laisse une 3ème option totalement dans l'ombre : le président ne fait pas suffisamment donc être "pour la planète" c'est s'opposer à l'action du président. Nous sommes en droit d'attendre du chef d'Etat d'agir pour le bien commun et de rendre des comptes.

Comment se protéger de cette manipulation ?

Tu peux montrer les possibilités qui n'ont pas été envisagées et souligner que, par conséquent, l'argumentation est incorrecte. Tu peux même demander à ton interlocuteur de confirmer qu'il y a bien seulement 2 options possibles. Il te dit "oui", tu avances tes autres possibilités. Il te dit "non", tu lui demandes ses autres options. Et donc on sort du faux dilemme.

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9- L’attaque contre la personne

Un des sophismes les plus perfide et bas qui existe. C'est une attaque sur la personne plutôt que son argumentation. On la rabaisse, lui rappelle des casseroles voire l'insulte pour discréditer son argumentation. En gros "mouais enfin comment croire un type qui a arrêté l'école à 16 ans et ne possède aucun diplôme".

Exemple : Greta Thundberg

Elle fait très souvent l'objet de critiques sur son physique, son âge ou son syndrome d'asperger plutôt que sur les arguments qu'elle avance.

sophisme greta manipulation

Comment se protéger de cette manipulation ?

Souligne que les allégations ne portent nullement atteinte à l'argumentation comme telle, mais bien à la personne. Exige de l'interlocuteur qu'il montre en quoi le fait que le comportement soit incompatible avec la position défendue permet vraiment de discréditer la position.

10- Le chiffon rouge

L'un de mes préférés car il est énormément utilisé lorsqu'on pratique la langue de bois afin d'éviter une question. Il s'agit de faire diversion, parler de tout autre chose en faisant mine que le sujet est relié à la question. On répond à côté et on continue d'insister. On agite un chiffon rouge pour attirer le regard sur autre chose.

Exemple : François Asselineau face à la question "Combien ça coûte un porte-avions ?"

"Est-ce que vous avez demandé comment Mr Macron et Mr Fillon sont en train de préparer, eux, le programme des français ? [...] Vous voulez que je fasse du Macron : pensez printemps les amis !"

Ici le chiffon est énorme et tout le monde l'a vu. Bien souvent, les chiffons sont agités avec plus de dextérité.

Comment se protéger de cette manipulation ?

Ne pas se laisser distraire, recadrer et demander de répondre à la vraie question. Tu peux aussi donner quelques éléments pour guider l'autre à compléter, poursuivre sa réponse car il se peut que ton interlocuteur ne sache pas quoi répondre. Reste bienveillant, c'est bon pour la santé d'après Maïté ;)


L'art de déjouer les pièges

Toi, les politiques, moi, tout le monde fait des sophismes tous les jours. Simplement parce que ce sont souvent des raccourcis pour partager notre point de vue sans vouloir rentrer dans une argumentation complète et ultra rigoureuse.

Quand tu dis quelque chose du genre :

"J'ai une amie qui a chopé des puces de lit dans cet hôtel donc si tu y résides tu vas sûrement te faire piquer, aller aux urgences, louper ton avion retour... Soit tu restes avec moi ici, soit tu vas finir aux urgences quoi"

Tu fais un combo : généralisation hâtive + pente glissante + faux dilemme

À toi de juger s'il est utile d'aller creuser un argument fallacieux.

Si la rigueur prime sur la relation.

Et puis, il peut arriver où on t'envoie des questions faites pour te destabiliser expressément. Sache qu'il est possible d'y répondre sans avoir besoin d'utiliser des arguments fallacieux, et je t'en parle dans cet article : Devenir ceinture noire de questions délicates.

La parole a un vrai pouvoir, la question de l'éthique se pose alors.

Car avec nos mots, on peut aussi rassembler une population, créer un monde désirable ou collaborer avec d'autres pays.

Lors de prochaines prises de parole de candidat-e-s ou de chefs d'Etats, reste attentif à chacune de leur tournure de phrase car l'esprit critique est un muscle qu'il faut entretenir.

Alors : rhétorique ou philosophie ?

Les 2 mon capitaine.

Curieux et curieuse, regarde cette vidéo pour poursuivre la réflexion :


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Top 10 des arguments fallacieux et comment s'en protéger

Introduction

En français, les tics de langage sont comme des intrus dans nos paroles. Ils peuvent rendre nos échanges moins clairs.

Si tu me regardes parler de visu ou en visio, tu remarqueras un truc : je me touche tout le temps le visage, les cheveux, les sourcils.

Et c'est encore pire lorsque je laisse pousser ma barbe : je la touche comme un maître de kung-fu de 80 ans.

Ce sont mes tics.
Et je me soigne en cherchant à utiliser mes mains autrement que sur ma tronche.

Car tout le monde ne voit que ça au bout d'un moment.
Certes, j'ai une belle dextérité du triquetrum mais mon message a, à mo'n sens, plus de valeur que ce talent.

Et encore, avant je disais tout le temps "du coup".

Je suis sûr que toi aussi tu as des tics : de langage corporel ou de langage tout court.

Lorsque tu parles, tu peux avoir tendance à utiliser et user de ce genre de mots parasites :
- voilà
- euh
- bah
- hein
- en fait
- tu vois
- un petit
- du coup
- effectivement
- donc du coup (le combo !)
- pédicelle (quoi, tu ne dis jamais ça ? C'est le nom de la dernière tige avant le fruit)

Par exemple, j'ai coaché un entrepreneur qui avait une super idée de projet pour mieux trier les déchets plastiques. Il lâchait des "euh" toutes les 5 sec. Oui oui, toutes les 5 secondes ! J'avais l'impression d'écouter un télégramme avec le fameux STOP qui marque la fin d'une phrase.

Alors que pourtant il le connaît son projet puisque c'est son projet.
Mais pourquoi ?!

Personnage de la série Friends qui demande pourquoi lui - Référence à l’entrepreneur avec ces tics de langage Panache
Aller ça va le faire Joey !

Pourquoi as-tu des tics de langage ?

Dans son livre "On Language", Roman Jakobson, linguiste russo-américain du XXe siècle, dit que ces mots parasites ont une fonction « phatique ».

Ils ne servent pas à communiquer un message, mais à maintenir le contact entre le locuteur et le destinataire.

C’est comme lorsque tu passes un coup de téléphone et que tu dis "Allô". Cela permet de t'assurer que la communication passe bien. Pratique.

Donc cela part d'une bonne intention : tu souhaites maintenir un lien.
Altruistes que tu es !

Je vais te dire quelque chose : en plus de ne pas aider à faire passer ton message, ils peuvent te nuire, car c'est tout ce qu'on entend.

Ou pire, ils peuvent te faire déraper / gaffer.

Rappelle-toi du célèbre "Tout le monde debout... là-bas" de François Feldman au Téléthon face à des enfants en fauteuil. Oups la fonction phatique...


Il existe aussi une autre raison qui te pousse à utiliser des mots parasites : tu as peur du silence.

Car il renvoie au vide, au vertige du regard des autres sur toi.

Dans ce cas, tes mots parasites ont pour fonction de combler un silence pour maintenir la conversation sans laisser de blanc.

Sans laisser l'autre te juger.

Or, sache qu'on te juge avant même que tu n'ouvres la bouche.
On juge tout le temps sans même sans rendre compte.

Notre cerveau fait des raccourcis pour prendre des décisions plus rapidement.
C'est ce que Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie, appelle "Système 1/ Système 2 : les deux vitesses de la pensée" dans son livre éponyme.

Le "Système 1" est rapide, intuitif et émotionnel > celui qui juge vite.
Le "Système 2" est lent, réfléchi et logique > celui qui permet de résoudre un problème.

Finalement, en partant d'une bonne intention (maintenir le lien) tu te retrouves surtout à n'envoyer que des mauvais signaux :

  • Tu fais des phrases trop longues : les subordonnées et propositions relatives sont sans fin. Il n'y a pas de pause, et les seuls liants sont les "euh".
  • Les “euh” te décrédibilisent. Cela donne un sentiment de non-préparation et d'hésitation. Tu manques de charisme, d'autorité et de leadership.
  • Les mots parasites diluent l’information essentielle. Le discours est imprécis, pas synthétique, on perd son essence.


Un bon clafoutis aux cerises est meilleur lorsqu'on retire tous les noyaux, pas vrai ?
C'est pareil avec un bon discours, il est beaucoup plus puissant de créer ce lien avec l'audience en retirant les tics de langage.


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Comment supprimer les tics de langage ?

Les identifier

Pour ça il y a 2 pistes que j'utilise avec les personnes que je forme :

1- Je les écoute une première fois pour les repérer et s'il y en a un qui revient vraiment beaucoup, je les informe de ce mot. Ensuite, je lève la main à chaque fois qu'il est exprimé lors d'une prise de parole.

> Le but est de se rendre compte du nombre de fois où la personne utilise ce tic de langage. Et je peux te dire que lorsque la main est levée toutes les 5 secondes, une certaine épiphanie leur saute aux yeux !

2- Je peux aussi les filmer en pleine prise de parole. Là, c'est ensemble qu'on entend les mots parasites et l'objectif est le même : avoir une prise de conscience.

> Je sais, personne n'aime se regarder, ni s'entendre.
Mais si tu veux améliorer la qualité de tes discours, il est indispensable de se voir parler. Alors, filme-toi, regarde-toi, identifie tes tics de langage, note-les, chéris-les et dis-toi qu'ils étaient là pour une raison noble.

Une fois identifiés, on peut enfin les remplacer.

Les remplacer

Non, on ne remplace des mots parasites par d'autres mots (laine, ficus, fauteuil, cheville, palais, palet, pas laid...).

Et je te le donne en mille, le must est d'utiliser des silences.
Donc ne rien dire !

Car le silence a 3 énormes atouts :
1- Il permet à ton public de digérer l'information que tu lui partages. Dans un flot incessant de paroles, il faut lui donner des pauses pour le laisser se reposer.

2- Il permet de mettre du style : créer de l'intrigue, jouer avec le suspens, ajouter de la puissance, mettre en avant un message, souligner un mot, faire vivre des émotions. On peut même faire un silence de 6min20 comme dans ce discours exceptionnel d'Emma Gonzalez :


3- Il te permet de réfléchir à ce que tu vas. dire. Difficile de savoir par cœur ce que tu veux raconter. Alors c'est normal d'avoir besoin d'un temps pour créer la prochaine phrase. Et au lieu de combler la réflexion par un quelconque mot parasite, tu as le droit (et maintenant le devoir) de faire des pauses.

Et pour les mots de liaisons, amuse-toi avec des synonymes : donc, ainsi, alors, c'est pourquoi, en conséquence, dès lors, de fait, voilà pourquoi...

Ah oui, car le "du coup" est synonyme de "aussitôt".
Il doit y avoir un lien de cause/conséquence.

Comme dans "J'ai mangé trop de bonbons à Halloween, du coup, je suis malade"

En dehors de ce sens, "du coup" est incorrect et son emploi relève de l’abus de langage. Stop à l'abus.


En conclusion

Pour t'aider encore plus à ne pas user de tics de langage, tu peux (re)lire les conseils que je te donnais pour ne pas faire de langue de bois.
Car dedans s'y cachent plein d'astuces pour faire des phrases simples et concrètes.

Donc facile à comprendre.
Donc sans avoir besoin d'ajouter du superflu.
Donc sans tics qui anéantissent toute une esthétique.

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Supprime tes tics de langage

Introduction

Tu veux briller en société like a star, captiver ton auditoire, ou simplement ne plus bégayer devant ton love interest quand il te regarde dans les yeux ?

Deux mots reviennent souvent dans ta quête : rhétorique et éloquence.

Alors, que choisir ?

L’éloquence pour faire frissonner les foules à la manière d’un tribun antique ?

La rhétorique pour manier les mots avec autant de souplesse qu’un Yogi Master ?

Pilule rouge ou pilule bleue ?

Tu vas enfin comprendre les véritables différences entre ces deux concepts, et à ne plus jamais confondre le "blabla convaincant" de la rhétorique avec la "magie de la parole" de l’éloquence ?

Tu vas être surpris, crois-moi.

L’éloquence : L'âme de la parole, la beauté du discours

Soyons honnêtes : l’éloquence, tout le monde adore.

C’est beau, c’est fluide, c’est impressionnant.

On imagine Barack Obama à son prime, Ricky Gervais aux Golden Globes ou Valérie Pécresse… Non.

Image du discours de Barack Obama, montrant un charisme pour l'article sur l'éloquence et la rhétorique de Panache
Le goût du charisme !


Bref, on veut tous ce charisme, ce magnétisme, cette aura qui fait que tout le monde écoute.

Mais devine quoi ? L’éloquence sans rhétorique, c’est du bruit sans impact.

Prends une carbonara.

Est-ce que c’est une carbonara sans oeufs ? Non.

Est-ce que c’est une carbonara sans pâte ? Non.

La carbonara est une carbonara avec des pâtes ET des oeufs.

Main dans la main pour le plus grand bonheur des papilles.

La rhétorique sans l’éloquence, c’est pareil.

Tu peux avoir une voix de velours, une gestuelle parfaite et un phrasé impeccable…

Si ton discours n’a aucune structure, aucun argument percutant et aucune stratégie persuasive, tu as juste… bien parlé.

Mais pour dire quoi, au juste ?

L’éloquence, c’est ce qui transforme un discours en une véritable œuvre d’art.

C’est le rythme, la fluidité, la sonorité des mots, la capacité à faire briller tes idées comme des étoiles filantes.

Tu sais, ces discours où chaque mot semble être choisi avec soin, comme un chef-d'œuvre de poésie moderne.

Pour reprendre l’exemple de Barack Obama, lorsqu’il a prononcé son fameux "Yes We Can", ce n’est pas seulement son raisonnement politique qui a marqué les esprits.

C’est la musicalité de son discours, sa diction, son rythme, et sa capacité à captiver son auditoire.


L’éloquence, c’est la mise en scène du discours :

  • Le ton et la voix : Un bon orateur sait moduler son ton pour captiver.
    Exemple : Malala Yousafzai et son discours à l’ONU pour défendre le droit des filles à l’éducation.

  • Le langage corporel : Un regard perçant, un geste assuré, une posture droite.
    Exemple : Dans le film “ Le cercle des poètes disparus” avec l’acteur Robin Williams qui interprète le rôle d’un professeur de littérature.

  • L’art de la pause : Ne pas avoir peur du silence pour créer de l’impact.
    Exemple : Le comédien Fabrice Luchini, maître du silence dramatique.

En résumé, l’éloquence, c’est la capacité à envoûter, à captiver, à charmer.

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La rhétorique : L'art des arguments qui tuent (sans arme !)

La rhétorique en revanche, c’est l’art de convaincre.

C’est elle qui donne du poids à vos mots, qui te permet d’argumenter efficacement et de structurer tes idées pour qu’elles marquent les esprits.

C’est l’art de construire des arguments solides et structurés qui font vaciller même les opinions les plus fermes. C’est un peu comme si tu étais avocat de la défense… mais sans le costume et sans la salle d’audience (et oui, pas de pression).

Et l’éloquence ? Eh bien, c’est la cerise sur le gâteau.

La mozzarella sur la margherita.

(vous me dîtes si je dois arrêter avec les métaphores culinaires)

L’éloquence sublime la rhétorique, mais ne la remplace pas.

Prends un débat télévisé.

D’un côté, un candidat hyper charismatique, qui parle avec style mais sans fond (Toute ressemblance avec un.e politicien.ne est fortuite).

De l’autre, un orateur plus posé, mais dont les arguments sont construits avec logique et impact.

Qui l’emporte ? Celui qui maîtrise la rhétorique.

Parce que l’émotion, c’est bien, mais convaincre, c’est mieux.

La rhétorique repose sur trois piliers fondamentaux :

  • Logos : La logique et les faits
  • Ethos : La crédibilité de celui qui parle
  • Pathos : L’émotion, car un bon argument ne sert à rien si ton auditoire n’est pas touché dans son cœur.

Tu veux en apprendre plus sur les 3 mousquetaires de la rhétorique ? On en a fait un article si tu le souhaites : Le triangle d’Aristote pour faire adhérer tes idées.

Pourquoi se former à la rhétorique (et pas juste à l’éloquence)

Si tu veux être plus qu’un beau parleur, tu dois apprendre les techniques qui rendent tes discours réellement efficaces.

Et comme j’ai le cœur aussi grand que la discographie d’Elvis, je vais t’en dévoiler une partie.

Mais ça reste entre nous.

✅ Structure tes idées pour captiver du début à la fin

Un discours sans structure, c’est comme un plat sans recette : au mieux, ça manque de saveur, au pire, c’est immangeable.

Pour éviter le charabia décousu, utilise la méthode du triptyque rhétorique :

  1. L’accroche (exorde) pour captiver dès la première phrase.
  • Pose une question intrigante : « Savez-vous quel est le point commun entre Cicéron et votre collègue qui monopolise les réunions ? »
  • Utilise une anecdote percutante : « La première fois que j’ai pris la parole en public, j’ai failli m’évanouir. Littéralement. »
  • Ose une déclaration choc : « L’éloquence seule ne sert à rien. Oui, vous m’avez bien entendu. »

  1. Le développement (narration & argumentation) pour construire un raisonnement implacable

Utilise la règle des trois pour structurer tes arguments : "Il faut une bonne ouverture, un argument fort, et une chute marquante."

Varie les types d’arguments : logique (faits, chiffres), éthique (valeurs, crédibilité), émotion (histoire, témoignages).

  1. La conclusion (péroraison) pour laisser une impression durable

Termine par un appel à l’action clair : « Si vous ne voulez plus que votre voix tremble, formez-vous ! »

Utilise une punchline mémorable : « La rhétorique, c’est le coeur des esprits brillants. À vous de jouer. »

✅ Utilise les figures de style pour marquer les esprits

Les figures de style ne sont pas réservées aux poètes déprimés (cc Damien Saez)

Elles sont des outils puissants pour rendre un discours mémorable.

Quelques-unes à maîtriser :

L’anaphore « J’ai un rêve... J’ai un rêve... J’ai un rêve... » (Martin Luther King, classique, tu connais)

La métaphore « La rhétorique est une arme. Encore faut-il savoir s’en servir. » (Moi. Juste moi).

L’antithèse
« Mieux vaut parler peu et bien que beaucoup et pour rien. » (Mon oncle, mais il est très doux)

Le storytelling
« Imaginez un peu le truc : vous entrez dans une salle, tous les regards sont braqués sur vous. Vous sentez la panique monter… » (Chat GPT, mais c’est la dernière fois parce qu’il a l’idée mais pas le talent).

✅ Anticipe et contre les objections pour ne jamais être déstabilisé

Un bon orateur n’attend pas qu’on l’attaque, il prévoit les objections et les désamorce avant qu’elles n’émergent.

Comment ?

Le contre-argument préventif« Certains diront que l’éloquence suffit. Mais regardez bien : que devient un beau discours si personne ne se souvient de son message ? »

La technique du questionnement rhétorique« Franchement, préférez-vous être impressionnant 5 minutes ou impactant pour toujours ? »

L’art du détournement d’attaque « Merci pour cette remarque, elle illustre exactement l’importance de la rhétorique ! »

Tu peux aussi apprendre à avoir de la répartie grâce à cet article : Comment devenir ceinture noire de répartie ?

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Joue avec l’émotion et la logique pour convaincre à tous les coups

Un bon discours combine logos (logique), pathos (émotion) et ethos (crédibilité).

C’est ce bon vieux Aristote qui l’a dit lors de son passage sur Legend (c’est faux pour Legend, il était pas dispo. Le reste est vrai).

On l’appelle d’ailleurs le triangle d’Aristote.

Image du triangle d'Aristote pour parler de l'équilibre à avoir quand on parle à l'oral - Logos Ethos Pathos - Panache

Utiliser des données et des faits (Logos) « 90% des grands orateurs ont suivi une formation en rhétorique. »

(La notre particulièrement)

Susciter l’émotion avec des anecdotes (Pathos) « J’étais paralysé par la peur de parler en public. Puis j’ai appris la rhétorique. Aujourd’hui, je forme des dizaines de personnes à cet art. »

(C’est le cas de plus de formateurs que tu ne soupçonnes !)

Gagner en crédibilité (Ethos) « J’ai accompagné des chefs d’entreprise, des avocats et des conférenciers à transformer leur façon de parler. »

(Le “Yes we can” de Obama c’était nous. Promis.)


💡 L’astuce Panache : combine les trois !

Si tu arrives à comboter régulièrement du Logos, du Pathos et de l’Éthos dans n’importe laquelle de ta prise de parole, tu vas devenir rapidement le ou la boss du rhétorique game.

Il faut prendre en compte que la rhétorique seule peut te rendre un excellent "parleur", mais pas un "convainqueur".

L’éloquence peut te rendre sympathique, mais elle ne suffira pas à transformer ton discours en une arme de persuasion massive.

La solution ?

Allier rhétorique et éloquence !

Ce n’est pas un choix à faire entre l’un et l’autre, c’est un mariage parfait entre l’art de convaincre et celui de séduire.

Conclusion : Passe de la parole à l’action

Reprenons une dernière fois.

  • L’éloquence : l’art de parler avec style, grâce et volupté.
  • La rhétorique : l’art de convaincre et persuader.

Si tu veux être plus qu’un beau parleur, tu dois apprendre à structurer, argumenter, répondre aux objections et maîtriser les émotions.

Le truc c’est que c’est souvent difficile de pratiquer.

Pourtant, tous les jours, la rhétorique est enseignée et appliquée par tout un tas de personnes (souvent des personnes importantes) qui, de fait, prendront toujours l’ascendant sur vous.

  • Quelle place pour tes idées ?
  • Quelle place pour tes combats ?
  • Comment s’affirmer face à celles et ceux qui partent déjà avec une longueur d’avance ?

Se former à la rhétorique c’est à la fois pouvoir rivaliser verbalement avec n’importe qui mais c’est aussi pouvoir détecter rapidement les argumentations fallacieuses et les procédés frauduleux.

En clair : tu ne te feras plus jamais manipuler.

Mais reste que… C’est difficile de faire ce travail de profondeur seul.e, alors pourquoi pas le faire avec Panache.

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Rhétorique ou éloquence ? Ce que personne ne te dit

Introduction

C’est une scène que tu connais trop bien.

Un collaborateur performant, impliqué, que tu apprécies humainement et professionnellement, te demande un moment.

Il entre dans le bureau.

Et prononce ces quelques mots : “J’aimerais parler de mon évolution salariale.”

Ton cerveau scanne immédiatement :

  • Budget ? Serré.
  • Grilles ? Déjà au plafond.
  • Timing ? Tendax.

Et là, tu le sais : tu vas devoir lui dire non.

Mais pas un “non” brutal, ni un “non” administratif.

Un non qui respecte son engagement, son ambition, son énergie.

Un refus d’augmentation de salaire n’est pas une simple décision.

C’est un message à double tranchant : il porte une information (tu n’auras pas plus aujourd’hui), mais il conditionne aussi une relation (ta valeur ici reste intacte).

Ce que tu vas dire compte.

Mais surtout comment tu vas le dire est encore plus décisif.

Le cadre à construire avant que la demande arrive

Un refus bien vécu n’est pas une improvisation de dernière minute.

Un collaborateur n’attend pas toujours une réponse positive, mais il attend que les règles du jeu soient claires.

Pour cela, il ne s’agit pas de "gérer les attentes", il s’agit de construire un écosystème où les talents peuvent se projeter avec clarté et lucidité.

1. Donne des repères sur les temporalités

Beaucoup de frustrations naissent non pas du refus en lui-même, mais d’un malentendu sur le "quand" et le "comment".

Le manque de repères temporels crée une attente floue, donc déceptive.

Nos conseils :

  • Communique à l’avance sur les périodes de revue (et ne le fais pas en catimini)
  • Explique les modalités d’évaluation : objectifs, responsabilités, comportements attendus
  • Montre la cohérence entre performance, progression et décision salariale

Exemple concret :

"Le prochain point d’évaluation est en octobre. Il est construit sur les résultats du semestre et sur les responsabilités formalisées au début d’année. Si ces critères sont remplis, cela peut nourrir une discussion d’évolution."

Pourquoi c’est important ?

Cela permet au collaborateur de se positionner dans le temps et de ne pas vivre chaque période comme une loterie salariale.

2. Identifie les signaux d’évolution individuelle

Les talents les plus ambitieux ne verbalisent pas toujours leurs attentes directement.

Mais ils envoient des signaux, et là, c’est à toi de les capter.

Les indices que tu dois observer :

  • Prise de leadership sur des sujets nouveaux
  • Implication volontaire sur des projets à forte visibilité
  • Présence dans les échanges stratégiques
  • Allusions répétées à l’évolution ou à des comparaisons internes

Exemple concret :

"Je vois que tu t’impliques de plus en plus sur les projets transverses. Est-ce que tu souhaites qu’on formalise une étape supplémentaire dans ton rôle ?"

Pourquoi c’est important ?

Cela permet au collaborateur de sentir qu’il est vu, entendu, et soutenu dans son évolution, sans devoir "revendiquer" ou "se battre" pour le faire.

3. Valorise sans augmenter

Quand l’évolution salariale est bloquée, cela ne veut pas dire que la reconnaissance l’est aussi.

D’autres leviers existent, à condition de les activer avec discernement.

L’erreur classique ? Ne rien faire, sous prétexte qu’il n’y a pas d’enveloppe.

Les alternatives de valorisation crédible :

  • Donne un rôle visible sur un projet transverse ou stratégique
  • Propose de représenter l’équipe dans un comité ou un séminaire
  • Offre une formation sur une compétence clé ou un soft skill à développer
  • Permets un mentoring interne ou un élargissement de périmètre

Pourquoi c’est important ?

Elle ne nie pas la demande, elle en reconnaît la légitimité.

Elle propose une alternative concrète, valorisante, alignée avec les aspirations du collaborateur.

Elle transforme le refus en opportunité.

In the air George Clooney, en entretien de refus d'augmentation de salaire

Le film “In the Air” illustre parfaitement la gestion RH froide VS relationnelle. Le personnage de George Clooney incarne la brutalité d’un “non” sans lien humain.

Mais à travers son duo avec Anna Kendrick, on observe aussi le contraste entre l’annonce purement structurelle et l’importance du lien dans la transmission du message.

Ce que tu dois retenir : on peut livrer une mauvaise nouvelle… sans être mécanique.

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La préparation de ton discours

Refuser une augmentation, ce n’est pas un moment à esquiver.

C’est une opportunité pour faire preuve de leadership verbal et de crédibilité.

Il s’agit de construire un message structuré, respectueux, et tourné vers la suite.

Et pour y arriver, il faut se préparer !

1. Pose les faits

Avant de parler, tu dois maîtriser :

  • La réalité budgétaire (et sa marge de flexibilité),
  • Le parcours, les résultats et les ambitions du collaborateur,
  • Les solutions alternatives que tu peux proposer.

Nous te conseillons de préparer ces 3 étapes :

  • Résultats : pour ancrer ton discours dans du concret et reconnaître objectivement la valeur apportée.
  • Contexte : pour poser les contraintes budgétaires et organisationnelles avec transparence.
  • Équité : pour garantir une décision juste et cohérente vis-à-vis des autres collaborateurs.

Exemple concret :

"Tu as dépassé certains objectifs, et on l’a noté dans le dernier feedback. Mais à ce stade, notre politique est alignée sur les cycles budgétaires semestriels."

2. Structure l’échange avec une chronologie claire

Un refus mal structuré devient brutal.

Un refus bien structuré devient crédible.

Tu peux suivre ce plan :

  1. Valider la demande : "Merci d’avoir amené le sujet."
  2. Énonce la décision avec transparence  : "Le cadre actuel ne permet pas une augmentation."
  3. Reconnaître les efforts et entendre la déception  : "Je vois ton engagement et je comprends que cette réponse soit difficile à recevoir."
  4. Projeter une suite  : "Travaillons un plan pour d’ici la prochaine revue."

Cela permet d’éviter les flous dans la compréhension de l’évolution du collaborateur.

3. Propose une suite crédible et engageante

Dans un environnement de travail exigeant et en tension (comme c’est souvent le cas en contexte budgétaire), ce qui manque n’est pas juste une revalorisation, c’est une perspective.

Refuser, c’est prendre la responsabilité de guider.

De proposer un point de passage.

De nommer un horizon.

Et, disons-le franchement : promettre un flou artistique avec un sourire, c’est comme offrir une carte sans destination ; ça reste poli, mais inutile.

Si le collaborateur sort de l’entretien avec un "on verra" flou comme un brouillard breton, c’est perdu.

Il faut un cap, une date, un geste.

Nos conseils pour construire une suite engageante à ton collaborateur :

  • Co-Construisez un mini-plan d’objectifs aligné avec les attendus de l’organisation.
  • Valide une échéance de réévaluation (et notez-la ensemble).
  • Rédige un bref message de suivi post-entretien pour ancrer l’engagement mutuel.

Exemple concret :

"Je t’envoie un récap avec les 3 objectifs qu’on a posés. On fait le point le 20 septembre. Ça devient notre point de passage."

Pour préparer au mieux ton discours lors de cet échange nous avons écrit un article sur Les 6 étapes pour délivrer une prise de parole réussie

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Le triangle rhétorique au service du refus maîtrisé

Tu as le message. Le cadre.

Il est temps pour toi d’entrer dans l’arène de la parole.

Et pour ça, tu as besoin du triangle rhétorique, Logos, Pathos et Ethos.

Pourquoi utiliser ce cadre ? Parce qu’il t’aide à répondre aux trois dimensions fondamentales d’un entretien de refus :

  • Qu’est-ce que je dois dire ? (logos)
  • Comment montrer que je suis légitime pour le dire ? (ethos)
  • Comment je préserve la relation en le disant ? (pathos)

Pour en savoir plus sur le fonctionnement et l'importance du triangle d'Aristote pour faire adhérer à tes idées, voici un article qui pourrait t'intéresser.

1. Pourquoi ce triangle est crucial dans un entretien de refus

Le triangle rhétorique te sert à avoir un équilibre stratégique entre ta parole, ta légitimité et la préservation de ta relation.

Prenons un exemple.

Emma, développeuse senior, a pris des responsabilités transverses, a été mentor pour un junior et livré un projet en avance. Elle demande une augmentation. Tu vas devoir lui dire non à cette demande, sans la démotiver.


Logos
: “Emma, ta contribution sur le projet Alpha a été précieuse, et on le retrouve dans les livrables. Aujourd’hui, dans notre grille actuelle, les augmentations hors cycle ne sont activées qu’en cas de changement de poste formel. Ce n’est pas le cas ici."


Ethos : "Je suis vigilant à ce que nos décisions soient équitables. Si j’ouvre aujourd’hui une exception, je ne peux pas défendre le cadre collectif qu’on porte. Je tiens à être cohérent dans mes arbitrages, y compris quand c’est difficile.


Pathos : "Je vois tout ce que tu as porté ces derniers mois, et c’est légitime que tu attendes une reconnaissance. Je sais que cette réponse est décevante, et je veux qu’on travaille ensemble sur une trajectoire claire pour les mois à venir."


Le triangle rhétorique ne t’impose pas une posture,  il te donne trois appuis pour construire un discours solide, nuancé et humain.

Il ne fait pas disparaître le refus, mais il te permet de naviguer avec équilibre entre clarté, crédibilité et considération.

Conclusion

Un refus préparé, structuré et suivi ne démotive pas, il professionnalise la relation.

La qualité de ton discours réside dans sa clarté, sa cohérence, et sa continuité.

Et dans un monde exigeant, c’est la capacité à tenir une parole qui fait la différence entre une politique et une culture.

Un discours bien construit ne transforme pas la réalité, mais il transforme la manière dont elle est vécue.

Découvre nos formations en prise de parole et transforme tes discours et celles de tes équipes dès aujourd'hui.

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Comment refuser une augmentation de salaire sans démotiver ?

Introduction

Il est 8h42. Le standard sature, la presse appelle, et un salarié vient de t’envoyer un lien : « On parle de nous sur X (ex-Twitter)… et c’est pas glorieux. »

Tu n’as pas de cellule de com.

Pas de déclaration préparée.

Pas le temps.

Et pourtant, c’est ton visage qu’on attend à la caméra, ta voix qu’on attend à la réunion, ta parole qu’on attend… pour ne pas perdre pied.

Bienvenue dans la prise de parole de crise sans filet.

Spoiler : on peut s’en sortir.

Mais à une condition : arrêter de croire que parler est inné. Surtout quand la boîte tangue.

Aujourd’hui on te donne les meilleurs conseils pour réussir ta prise de parole sans préparation ni cellule de communication.

La méthode TER : la méthode quand tout part en vrille

Il y a ces moments où tout va vite. Trop vite. Que ce soit :

  • Une réunion exceptionnelle à improviser après une alerte cybersécurité.
  • Un point presse imposé par une polémique en ligne.
  • Une prise de parole interne face à des équipes en colère, ou inquiètes.
  • Un investisseur qui exige "des explications claires avant midi".

À ce moment-là, il n’y a pas de script.

Juste une attente : celle d’une parole claire, humaine, et solide.

Et non, le TER dont on parle ici n’a jamais de retard. Il part à l’heure. Il va droit au but.

Et surtout, il évite les déraillements.

T comme Transparence

Quand tout le monde parle dans tous les sens, celui qui énonce des faits devient un point de repère.

Pas besoin d’un PowerPoint, ni d’un storytelling corporate.

Ce qu’on attend de toi, c’est donc un point d’ancrage rationnel.

Énonce des faits clairs et des observations logiques.

Exemple : « Hier à 22h, nous avons détecté un dysfonctionnement dans notre chaîne de production. Ce matin, l’origine du problème est identifiée, et nous avons lancé une première série de vérifications. »


Pourquoi est-ce important ?

Parce que la clarté crée un espace d’apaisement.

Ne pas cacher une information, c’est déjà poser un acte de responsabilité.

Nommer les faits, c’est éviter les spéculations foireuses.

Poser un calendrier d’annonce, c’est rassurer sans promettre ce qu’on ne maîtrise pas encore.

Et surtout : cela rappelle aux parties prenantes qu’elles sont respectées.

E comme Empathie

L’empathie, ce n’est pas juste ajouter une phrase "humaine" à un discours rationnel.

L’empathie, c’est l’intelligence émotionnelle du discours.

C’est montrer que tu as conscience des impacts humains, psychologiques, opérationnels.

Et surtout, que tu es là pour ça.

Parce que derrière l'incident, il y a :

  • Des équipes en surcharge
  • Des clients inquiets
  • Des partenaires déboussolés
Exemple : « Je sais que cette situation a été violente à vivre pour certains. Et je le dis ici : ce que vous ressentez est légitime. »


Pourquoi est-ce important ?

Parce qu’un message sans émotion est entendu, mais pas reçu.

Parce qu’un ton froid est perçu comme un retrait.

L’empathie, ce n’est pas "ajouter une couche de sympathie" :

C’est créer un lien sincère, là où tout pourrait se fracturer.

D’ailleurs, pour muscler ton leadership, tu peux lire cet article sur Comment annoncer une stratégie impopulaire sans perdre tes équipes à l’oral ?

R comme Réactivité

La réactivité, ce n’est pas "parler vite", c’est prouver qu’on agit vite.

C’est la partie du discours où tu ne commentes plus : tu engages.

Tu décris ce qui a déjà été enclenché, et ce qui le sera dans l’heure.

Tu montres que l’expertise est là, qu’un cap est pris, et que tu es au cœur du dispositif.

Exemple : « Dès 6h ce matin, nous avons mobilisé notre cellule juridique pour protéger les intérêts des clients. Une nouvelle communication sera envoyée à midi avec les prochaines étapes. »


Pourquoi c’est décisif ?

Parce qu’en situation de crise, la confiance se reconstruit à coups de preuves.

Et ces preuves-là ne se donnent pas demain ou la semaine prochaine.

Elles se donnent maintenant.

Par des verbes d’action. Des délais. Des gestes. Des annonces fermes.

En résumé, la méthode T.E.R ne vise pas à faire de toi un simple porte-parole de crise, mais à t’aider à incarner une parole qui rassure, mobilise et inspire.

  • Transparence : clarté sur les faits, pas de déni
  • Empathie : clarté sur les émotions, pas de posture froide
  • Réactivité : clarté sur les actions, pas de flou stratégique

Série La fièvre Canal + méthode prise de parole de crise

Dans La Fièvre (Canal+), la méthode TER s’incarne à travers les prises de parole sous tension :

Les personnages qui posent des faits clairs (Transparence), reconnaissent les émotions des parties prenantes (Empathie) et réagissent rapidement face à la crise (Réactivité) parviennent à garder le contrôle.

Ceux qui s’enferment dans le silence perdent instantanément la confiance.

Une démonstration brute de ce que signifie parler juste quand tout s’enflamme.

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La posture, c’est le message

Il y a ce que tu dis.
Et puis, il y a ce que tu montres pendant que tu le dis.

Dans une prise de parole de crise, tes mots ne sont jamais seuls.

Ils arrivent escortés d’un cortège silencieux : tes épaules, tes mains, ton regard, ta voix.

Et ce cortège-là peut faire exploser ta crédibilité... ou la tripler.

Avant que la première syllabe ne sorte, ton public a déjà scanné :

  • Ta posture (droit ou effondré ?)
  • Ton regard (frontal ou fuyant ?)
  • Ta voix (stable ou tremblante ?)
  • Ton mouvement (maîtrisé ou gesticulant ?)

Les mains : Le métronome de ta clarté

Les mains, c’est ton second discours.

Si elles sont en panique, ton message l’est aussi.

Les 3 pièges classiques et comment les éviter :

  • Se frotter les mains
    • Solution : Mains visibles, calmes
  • Croiser les bras
    • Solution : Gestes doivent être amples, ouverts, illustratifs
  • Pointer du doigt
    • Solution : Paumes vers le public, cela montre ton accueil

Le regard : Le lien qui stabilise

Ne pas regarder, c’est fuir.

Fixer sans cligner, c’est agresser.

Regarder le sol, c’est s’éteindre.

Les 3 pièges classiques et comment les éviter :

  • Fixer le sol, le plafond ou ses notes
    • Solution : Balayer l’auditoire avec des regards de 2-3 secondes
  • Fermer les yeux en parlant (oui, ça arrive)
    • Solution : Soutenir l’œil des interlocuteurs clés lors de points critiques
  • Papillonner sans stabilité
    • Solution : Revenir souvent à une zone d’ancrage (milieu de la salle, caméra)

La voix : Le baromètre de ta maîtrise

Dans une prise de parole sous tension, la voix devient le thermomètre émotionnel que tout le monde capte, même inconsciemment.

Trop aiguë ? On te sent sous pression.
Trop rapide ? Tu donnes l’impression de vouloir fuir.
Trop monocorde ? Tu perds l’attention, voire la confiance.

Les 3 pièges classiques et comment les éviter :

  • Monter dans les aigus
    • Solution : Parler légèrement plus lentement que d’habitude (20 % en moins)
  • Lire en mode automatique
    • Solution : Poser la voix sur l’expiration (voix plus grave, plus stable)
  • Parler trop vite
    • Solution : Varier le rythme et les intonations pour garder l’attention
  • Enchaîner sans silence
    • Solution : Faire des silences maîtrisés pour laisser respirer les messages clés

L’ancrage : Le sol, c’est ton allié

Dans une prise de parole de crise, on voit souvent ça :
Un pas en avant, deux en arrière. Des pieds qui tournent, qui dansent, qui cherchent la sortie.

Mauvais signe.

L’ancrage, c’est la base de ton autorité visuelle. Tes pieds c'est ton socle.

Les 3 pièges classiques et comment les éviter :

  • Croiser les jambes
    • Solution : Pieds écartés à largeur de bassin
  • Marcher sans but
    • Solution : Genoux souples (mais pas mous)
  • Se balancer d’un pied sur l’autre
    • Solution : Poids réparti équitablement

Si tu veux en apprendre davantage sur la gestion de ta gestuelle, lis cet article sur Comment utiliser ta gestuelle pour renforcer ton discours ?

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Conclusion

Personne ne prévoit d’avoir à prendre la parole un jour dans la confusion, sous pression, avec tout un écosystème suspendu à tes mots.
Et pourtant, ces moments arrivent.

Parfois en salle de crise.
Parfois dans une interview impromptue.
Parfois dans un silence pesant, avec une équipe qui attend que quelqu’un dise enfin quelque chose.

Dans ces instants-là, le talent ne suffit pas.
Ce qui fait la différence, c’est ce qui a été intégré en amont.
Des réflexes.
Une méthode.
Une capacité à garder de la clarté quand le contexte floute tout.

Découvre nos formations en prise de parole et transforme tes discours et celles de tes équipes dès aujourd'hui.

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Prise de parole de crise : comment réagir sans préparation

1. Contexte

Louise Lenglart travaille chez ClearFashion, une entreprise engagée qui accompagne les marques de mode vers plus de transparence, d’éthique et de durabilité. Porteuse de sens, convaincue par l’urgence écologique, Louise est une communicante engagée, passionnée par sa mission.

Mais lorsqu’elle rejoint Panache, elle identifie un point de friction : elle ne parvient pas à transformer sa conviction en impact commercial. Face à des décideurs, notamment dans le secteur de la mode, elle peine à convaincre. Elle sent que ses prises de parole, bien qu'animées par de bonnes intentions, ne trouvent pas toujours le bon écho auprès de ses interlocuteurs business.


2. Les défis de Louise

Son objectif était clair : se sentir mieux armée pour représenter ClearFashion, adapter son discours selon ses interlocuteurs, et surtout mieux vendre leurs services auprès des marques.

Le problème ? Son pitch reposait essentiellement sur des arguments moraux : urgence climatique, responsabilité sociale, nécessité d’agir… Des messages vrais, puissants, mais pas toujours efficaces auprès de publics orientés performance, budget ou stratégie de marque.

Elle avait besoin d’une parole plus ajustée, plus stratégique, sans renier ses valeurs.


3. L’accompagnement de Panache

Louise a participé à la promo 31 “Parle avec Panache”. Ensemble, nous avons rapidement compris que le cœur du problème n’était pas la conviction, elle en avait à revendre, mais la stratégie d’argumentation.

Nous avons donc :

  • redéfini son pitch, en l’adaptant à différents profils d’interlocuteurs (fonctions marketing, direction commerciale, RSE, etc.) ;
  • appris à équilibrer les arguments de sens avec des arguments d’opportunité : ROI, différenciation marché, attentes consommateurs, anticipation réglementaire ;
  • utilisé la matrice SONCASE pour anticiper les objections et répondre aux besoins cachés ;
  • travaillé sur la valeur ajoutée concrète de l’offre, pour mieux incarner ce que ClearFashion peut changer… pour eux.

Le travail de prise de parole a naturellement mené à un repositionnement de l’offre elle-même : clarification du parcours client, alignement du discours commercial avec la réalité terrain, et construction d’un pitch agile, modulaire, orienté “bénéfices”.

Louise et sa promo 🎉

4. Les succès

Aujourd’hui, le pitch de Louise ne repose plus sur la culpabilité écologique, mais sur l’intelligence stratégique. Elle sait parler à son audience, et ça se voit.

✅ L’équipe ClearFashion a lancé une refonte de son positionnement, de son offre et de son process commercial, en grande partie initiée par les réflexions menées pendant la formation.

✅ Leur pitch convertit bien mieux : plus clair, plus adapté, plus percutant.

Ils ont récemment signé avec une grande marque du secteur, preuve que leur nouvelle manière de présenter leur impact parle (aussi) aux décideurs.

“En fait, j’ai compris que pour embarquer, il fallait faire plus que parler de planète. Il fallait montrer des leviers de business. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus armée pour adapter mon message, et les résultats sont là.”

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Louise : repositionner son discours pour mieux vendre l’impact

Introduction

Je me souviens d'un dîner entre amis qui m'avait mis hors de moi en 2018.

On était une douzaine et il y avait 3-4 personnes que je ne connaissais pas. L'occasion de faire des rencontres sympathiques et de clamer un panégyrique* à notre hôte du jour (*discours à la louange d'une personne. Cadeau pour ton vocabulaire).

L'un d'eux était un fervent défenseur de la cause écologique.

Un allié, un ami, un frère me dis-je.

Entre les toasts-tapenade et le risotto, l'écologie est devenu le sujet central du dîner.

Et là, notre protagoniste s'est transformé en dragon.

Il a commencé à brûler les affirmations de chacun, à écraser chaque intervention, à critiquer le comportement de tout le monde.

Il connaissait parfaitement son sujet, c'est indéniable. Mais impossible de partager nos points de vue, il coupait systématiquement la parole pour mettre en avant ses idées.

Pire, pour lui, nous étions tous dans le faux, nous ne faisions pas assez, nous n'étions que de vulgaires aiglons là où la planète avait besoin d'aigles forts et puissants pour créer une tornade de changements.

Ses propos virulents et son comportement abrasif ont commencé à me faire bouillir.

Je suis de nature calme et pacifiste, je déteste les conflits mais quand la moutarde me monte trop au nez, je peux être corrosif comme de l'acide fluorhydrique.

Alors, je lui ai lâché un :
"Tu sais quoi, ferme-la monsieur je sais tout et je fais tout bien ! De une, tu mets que des bad vibes et ça ne donne pas du tout envie de t'écouter. De deux, t'emmerdes tout le monde et ça dessert la cause que tout le monde soutient ici ! Tu veux que les gens soient convaincus et changent, alors commence déjà par changer ta manière de te comporter ! Trou duc !"

Je crois que c'était encore moins poli que ça en vrai, mais l'idée est là :)

Ça l'a calmé et je crois même savoir que dans les années qui ont suivi, il s'est formé à la CNV (Communication Non Violente) et a changé sa manière de prendre la parole sur les sujets qui lui tiennent à cœur.

Entre temps, j'ai monté Panache, je me suis formé à la rhétorique et la dialectique, et si c'était à refaire, je prendrais la parole d'une autre manière pour régler cette situation.

C'est donc le moment où je te donne quelques conseils pour gérer 3 cas de figure qu'on retrouve souvent chez les relous :

- Quelqu'un qui coupe souvent la parole
- Quelqu'un qui monopolise la parole
- Quelqu'un qui se met toujours dans l'opposition (car il adore faire l'avocat du diable)

Michael Scott the office - parle avec Panache


Et si jamais tu es l'un.e d'eux, je t'invite à apprendre à écouter et donner envie qu'on t'écoute dans cet article dédié.

Celui qui te coupe la parole

Partons déjà du principe que les gens ne sont pas tous mauvais et relous. Certaines personnes coupent la parole sans s'en rendre compte car elles se sentent emportées dans un élan d'enthousiasme.

Leur excitation et emballement sont tels qu'elles trépignent d'impatience et prennent / coupent la parole toutes les 30sec.

Néanmoins, qu'il s'agisse d'une personne agitée ou d'une personne mal intentionnée ou malpolie, voici des phrases que tu peux dégainer :


- Par l'affirmation :

"Je termine ce que j'ai à dire et je te laisse parler / poursuivre."

> Présentée de manière assurée et appuyée, cela permet de muscler ton assertivité. C'est à dire ta capacité à t'exprimer, défendre tes droits, ton opinion, sans empiéter sur ceux des autres. Et c'est important d'être assertif-ve.


- Par la collaboration :

"J’aimerais beaucoup entendre ton avis là-dessus, est-ce que je peux finir ?”
Ou bien dans le même genre :
“Oui, en effet, c’est très intéressant ce que tu me dis, je termine ce que je disais et je t'écoute après ok ?"

> Dans les 2 cas, tu prends un temps pour valoriser l'avis de l'autre et montrer que son point de vue est tout aussi important pour toi. Win-win.


- Par la mise en lumière :

“Est-ce que je peux parler ou tu vas continuer à m’interrompre ?”

> A utiliser face à quelqu'un qui te coupe plusieurs fois / systématiquement la parole. Tu mets en lumière son comportement et s'il ne le change pas, c'est à toi de prendre une décision : continuer l'échange malgré tout ou en arrêter-là. Car oui, tu as tout à fait le droit de refuser de poursuivre avec quelqu'un qui ne te respecte pas.

Bien évidement, plusieurs combinaisons sont possibles en fonction de la situation et de ton interlocuteur. Par exemple, lors de mon dîner, j'aurais pu dire :

"Tu as l'air de t'y connaître plus que nous, c'est cool, ça enrichi le débat. Et vu que c'est un échange que nous avons tous ensemble, je te propose de permettre à chacun et chacune d'exprimer son avis et de le développer ok ? Je te ressers du risotto en attendant ?!"

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Celui qui monopolise la parole

Encore une fois, partons du principe que les gens ne sont pas tous mauvais et parfois, il peut leur arriver de lâcher un monologue de plusieurs minutes car ils sont passionnés par leur sujet.

"En parlant de Batman, moi j'adore les chauve-souris. Tu savais que la pipistrelle est une petite espèce de chauve-souris européenne, de la famille des Vespertilionidés, caractérisée par l’absence de feuille nasale et la présence de tragus [...]"

Ou alors, ils veulent tellement s'assurer que les autres les comprennent, qu'ils se répètent et expriment leurs idées de 1001 façons différentes. Alors qu'on avait déjà tout pigé au bout de 10 sec. En vrai, c'est bienveillant de leur part.

De fait, plusieurs cas de figures s'offrent à toi :

Lors d'une réunion planifiée

Une réunion efficace est une réunion où un ordre du jour (ODJ) a été envoyé et seules les personnes utiles sont invitées.
Chaque thématique à aborder fait l'objet d'un temps dédié et un time-keeper est là pour s'assurer que l'ODJ sera respecté.
En faisant ça, on vient de régler 95% des problèmes des réunions à rallonges non-efficaces.

Ce qui autorise au time-keeper identifié de lâcher ce genre de phrase :
“Ok Aristide, je t'interromps pour respecter le temps de parole de chacun et notre ODJ... qui d'autre ?"

Lors d'un échange spontané :

Fais un signe puis,
"Écoute Aristide, tu me parles de [résumé en 1 phrase de ce que l'autre a dit], moi ce dont je veux te parler, c'est [ton point de vue / sujet / recette de flan banane]"

> En (re)prenant la parole, il est précieux de résumer ce que l'autre a dit pour lui montrer que tu l'as écouté, l'as compris, que tu le prends en considération, et maintenant c'est à toi d'exprimer ton opinion.

Une variante pour quelqu'un qui te parle de quelque chose qui ne t'intéresse pas depuis 5min et tu aimerais l'orienter sur un autre sujet :

"Ah ouais, tu m'apprends un truc là, et ça a l'air de te passionner, c'est enthousiasmant ! Moi, ce qui m'enthousiasme, c'est [le sujet dont tu veux parler / les choses que te veux savoir]"

Dans tous les cas, tu dois à un moment en placer une pour récupérer la parole. Restez attentifs, bienveillants et courtois, car sinon tu risques de tomber dans la catégorie du "relou qui coupe la parole".

Celui qui est toujours dans l'opposition

Alors là, on arrête de partir du principe que les gens sont bons de nature et ne font pas exprès d'être relous.

Car pour celui-ci, il agit en pleine conscience et bien souvent c'est plus pour exister, être au centre de l'attention et parler. Car il adore ça.

Il lui arrive même de défendre une idée la veille et son opposée le lendemain.

Voir de soutenir l'inverse de ce qu'il pense car il veut jouer à l'avocat du diable pour pimenter les échanges.

Alors voici une phrase que tu peux dégainer pour le calmer :
"Ok merci Aristide, mais au fond : qu'est-ce que tu penses vraiment ? C'est quoi ton point de vue ? Et si tu n'en as pas, c'est ok hein."

> Soit, il exprime son vrai point de vue qui est opposé au tien et tu entres dans un débat d'idées. C'est toujours riche d'apprentissages.

> Soit, il exprime le même point de vue que toi. Fin.

> Soit, il n'a pas de point de vue et tu exprimes le tien ou passez à autre chose.

Si tu remarques que cette personne reproduit tout le temps le même comportement, tu peux tout aussi bien lui demander :

"Pourquoi tu te mets systématiquement en opposition ? Quand tu fais ça, je me sens [insérez ici les émotions que tu as] et je préférerai [insére ici ta demande]. T'es ok ?"

Laisse-le répondre pour comprendre les motivations qui le poussent à agir comme ça.

Conclusion

Entendons-nous bien, tous les conseils partagés n'ont de valeur que dans des cadres plutôt formels avec des gens qu'on ne connait pas ou peu.

Car lorsque tu parles entre amis un samedi soir autour d'un pastis, tout le monde se coupe la parole, tout le monde part dans des monologues légendaires et tout le monde aime bien débattre sur la couleur de peinture à mettre dans le salon du nouvel appart' de Mathou alors qu'au fond tout le monde s'en fout...

Tant que les liens humains restent forts et que la bienveillance est là, alors laissons les choses se faire d'elles-mêmes.

Et si vraiment quelque chose te titille, te dérange dans le comportement de l'autre : prenez un temps juste tous les 2 autour d'une verveine et parlez-en calmement.

Au fond, on reste tout de même de belles personnes.
Même mon fervent défenseur de la cause écologique.


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Réagir face à des relous

Introduction

Prendre la parole ce n'est pas quelque chose d'anodin.

Lorsque tu prends la parole, tu prends le pouvoir.

Ce moment est une opportunité unique de captiver l'attention de ton public, de créer du lien et de faire passer un message clé qui résonne.

Celles et ceux qui t'écoutent attendent de toi que tu partages quelque chose qui peut changer leur vie, améliorer même un petit peu leur quotidien. C'est parce que tu les considères et que tu veux les aider, que tu crées des discours qui motivent à se mettre en mouvement.

Pourtant, il y a une question de base que peu d'orateurs / oratrices se posent :

Quel MESSAGE je souhaite partager ?

Tout tourne autour de cette idée. Réussir sa prise de parole commence par l'identification d’un message clair, concis et impactant.

Ceux qui t'écoutent veulent savoir où tu veux en venir.

Avoir une réponse claire à cette question est fondamental, car elle te permet d'identifier le message clef que tu souhaites que le public retienne.

Derrière toute intervention orale, il y a toujours une idée principale que tu viens partager ou défendre.

Et si ton expression orale manque de clarté ou si tu ne sais pas faire comprendre ton idée principale, tu risques de perdre leur attention.

Le message central est important pour servir votre objectif.

Et une fois placée au centre de votre feuille au moment de créer votre discours, les techniques rhétoriques utilisées serviront à nourrir, illustrer, faire vivre ce message.

Votre message clé doit être simple, clair et concis.

Prenons l'exemple du discours de Kamala Harris qui vient d'être nommée vice-présidente des États-Unis :

Pour nous aider à bien comprendre l'idée qu'elle vient défendre, Harris l'explicite clairement à 9min24.

Son message :
"Dream with ambition, lead with conviction, and see yourselves in a way that others may not simply because they've never seen it before. But now, we will applaud you every step of the way."

En français ça donne quelque chose du genre :
"Rêve avec ambition, avance avec conviction et crois en toi, même si d'autres n'ont jamais imaginé que tu pourrais y arriver. Plus tard, nous applaudirons toutes les étapes qui t'ont mené à votre ambition."

Son objectif :
"No matter who you voted for. I will strive to be a vice-president like Joe was for president Obama : loyal, honest, and prepared. Waking up every day thninking of you and your families [...]"

En d'autres termes, son objectif est de fédérer un maximum de personnes ("no matter who you voted for").

Mais surtout les anciens pro-Obama et les outsiders : minorités ethniques et femmes issues de la diversité.

En une phrase, elle fédère, motive et oriente son auditoire. Ce type de clarté est essentiel pour capter l’attention de ton public et gérer les réactions du public.

Le message central est important pour servir ton objectif.

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Comment bien formuler son message clef ?

Pour t'aider à clarifier ton message clef, lorsque tu prépares une prise de parole, demande-toi :

Qu'est-ce que j'aimerais qu'un journaliste mette à la une de son article une fois qu'il t'a écouté ?

- Quel titre ? (Imagine même que ça pourrait être le titre d'un TED Talk)

- Quelle accroche ?

- Quelles sont les 3 lignes de synthèse qui résument l'article ?

- Quelle image illustre bien l'idée ?

De plus, entraîne-toi à déchiffrer le message clef de futures prises de parole que tu écouteras.

Tu vas voir que parfois on se pose vraiment la question : "mais où est-ce qu'il/elle veut en venir ?!"

Ce qui n'est pas bon signe...

Alors à toi d'exprimer clairement l'idée qui intéressera votre public.

Une fois ton message établi, il est essentiel de le soutenir avec des outils comme la communication non verbale :

  • Une respiration profonde pour poser ta voix et réduire le stress.
  • Un contact visuel pour engager le public et maintenir leur intérêt.
  • Une posture ni trop statique, ni trop agitée, pour incarner ton message avec assurance

Pour préparer au mieux ta prise de parole, j’ai déjà écrit un article sur les 6 étapes pour réussir ta prise de parole.


Conclusion

Prendre la parole en public, ce n’est pas juste parler, c’est partager une vision, créer du lien et inspirer un changement. Que ce soit dans une petite salle ou devant une grande audience, chaque mot, chaque pause, chaque regard compte.

En clarifiant ton message clé, en soignant ta communication non verbale, et en utilisant des techniques comme la respiration profonde pour gérer ton stress, tu peux transformer ton discours en une expérience mémorable.

Rappelle-toi : ton objectif n’est pas seulement de parler, mais de faire passer ton message, de capter l’attention et de laisser une empreinte durable dans l’esprit de ton public.


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Que doit-on retenir de ta prise de parole ?

Introduction

Monsieur et Madame "Clette" ont une fille, comment s'appelle-t-elle ?
Réponse à la fin.

Il m'arrive souvent de manquer mon bus. 
Je pense qu'à ce rythme, je vais devenir ceinture noire de cars ratés.

Merci c'est tout pour moi ! 

Faire l'humour, c'est comme faire l'amour : on peut venir avec les meilleures techniques, c'est une question d'alchimie avant tout. 

Alors je t'arrête tout de suite : il n'existe pas de formule magique pour faire rire à tous les coups. 

C'est d'ailleurs pour ça que c'est très satisfaisant et galvanisant lorsqu'on récolte quelques éclats par ci et là : la difficulté rend la chose précieuse et délicieuse.

Donc c'est sans prétention que je vais tenter de t'apporter quelques techniques pour faire rire ton auditoire et capter leur attention avec humour. 

Pourquoi le faire rire tu vas me dire ?

Lorsque tu prends la parole, le public est très exigeant : il attend de toi que tu sois clair.e, concis.e, précis.e, structuré.e...et divertissant.e. 

Si le public commence à s'ennuyer, il ira naturellement chercher une occupation plus stimulante dans son pantalon : son smartphone.

Ce petit objet entre en concurrence directe avec toi, car il propose moult activités bien plus attrayantes que toi: checker ses mails, répondre à sa moitié, voir des stories de Laurent Ruquier...

De nos jours on parle même de "l'économie de l'attention" : notre temps vaut de l'argent et tous les moyens sont bons de la part des GAFAM pour nous déconcentrer de nos activités afin de mieux nous concentrer sur leurs fonctionnalités.

Faire de l'humour est l'un des moyens les plus puissants pour capter l'attention, la maintenir, laisser une trace agréable et mémorable de votre intervention, et surtout : pour créer un lien émotionnel.

Alors alors, comment faire rire un public ?

Je t'ai sélectionné 10 méthodes glanées par ci et là, dont certaines que j'utilise régulièrement.

1- Histoires et anecdotes

Il nous arrive à toutes et tous des péripéties dans nos vies.

Des choses incongrues, folles, improbables.

Alors cherche une de ces histoires qui pourraient alimenter et illustrer un de tes messages clés.

Par exemple, j'ai eu l'occasion de vivre à Tahiti en 2018 pour développer le premier incubateur de start-ups du Pacifique. C'était une sacrée expérience professionnelle et aussi personnelle (d'ailleurs si ça t'intéresse, j'en ai écrit un retour d'expérience sur l'écosystème entrepreneurial en Polynésie).

Un mois après mon arrivée, je me suis retrouvé par le plus grand des hasards à participer au record du monde de Ukulele ! Nous étions +6500 à jouer la même musique dans un stade de foot et le lendemain on pouvait me voir dans le journal en tenue locale, instrument à la main à feindre mon aisance.

J'aime bien montrer cette photo et raconter cette histoire pour montrer ma légitimé sur l'entrepreneuriat et ma personnalité pour mon goût prononcé envers les chemises à fleurs.

L'objectif n'est pas d'obtenir des éclats de rire, il est plutôt d'obtenir de la sympathie et de montrer qu'il y a un humain derrière l'orateur.

Photo de Julien DE SOUSA fondateur de Panache au record de Ukulele

2- Qualité plutôt que quantité

Lors de tes présentations, l’objectif n’est pas tant le nombre de rires, mais davantage la qualité des moments d’humour que tu crées.

Tu n’es pas humoriste, l’objectif n’est donc pas de réaliser un one wo.man show. Si c'était le cas, viens te produire sur des scènes ouvertes et teste tes vannes au Jamel Comedy Club, et invite-nous !

Lorsque tu prends la parole avec des enjeux, c'est un exercice de communication qui doit rester professionnel et efficace.
Si tu fais de l’humour, fais-le en gardant en tête tes principaux objectifs :

  • Capter l'attention
  • Susciter l'empathie
  • Convaincre ton public

Ainsi, lorsque tu prépares ton oral, commence par réfléchir aux histoires à potentiel comique qui te semblent intéressantes de partager avec ton public, et place-les stratégiquement dans ton discours de façon à ce qu'elles puissent te permettre d’atteindre plus facilement tes objectifs.

Le début étant généralement l'un des moments les plus appropriés, car cela détend l’atmosphère, met l’orateur.trice en confiance et rend le public plus réceptif à ce que tu vas à lui proposer.

3- Séduction au temps zéro

Les premières secondes d’une présentation sont les plus stratégiques : le public te découvre, parfois pour la première fois.

Il a son a priori, ses premières impressions et une sympathie très limitée à t'accorder de prime abord.

Normal, qui es-tu pour leur arracher de l'attention ?

Une pointe d’humour bien placée ou une anecdote personnelle drôle peut immédiatement créer un lien fort avec ton audience.

Être capable de provoquer un rire qui se propage dans toute l'assemblée est à ce moment-là un coup de maître.sse qui peut t'aider à gagner la confiance de ton audience et la rendre ainsi beaucoup plus réceptive à t'écouter et à vous suivre.

Pour appuyer mes propos, on t'a concocté un article spécial Comment donner envie à mon public de m'écouter lors de mon discours ? 

Par ailleurs, en annonçant la couleur, le public sera plus réceptif aussi à tes futures vannes et autres moments de cocasseries. Car avoue que c'est tout de suite très malaisant d'entendre un discours de 15min très sérieux et d'avoir une blague de Toto qu'en toute fin... 

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4- Autodérision dérisoire

Avant de rire de quoi que ce soit, tu dois être capable de faire rire les autres de toi-même, de faire preuve d’autodérision.

Alors attention à ne pas confondre avec son double maléfique : l'autodénigrement !

Ce dernier tire sa source d'un manque de confiance et d'une envie d'attention. Alors que l'autodérision tire sa source d'une envie de t'exprimer dans tes différentes facettes avec humour.

Concrètement, cela veut dire que lorsque tu fais une remarque, tu ne dois pas laisser à ton public l'impression que tu attends une réaction de sa part. 

Tu peux lire en parallèle notre article sur L'Effet Pygmalion pour prendre confiance en soi à l'oral.

Je me souviens avoir fait un discours un jour où je parlais de mon parcours et je l'avais intitulé "Je m'appelle Julien de Sousa et je ne suis pas devenu maçon".
Évidemment je n'ai rien contre cette profession, je la trouve même honorable, c'était le métier de mon père.
Et elle est là l'autodérision : je suis d'origine portugaise et beaucoup de clichés sont vrais chez moi (ma mère est femme de ménage, je suis petit et trapu, j'ai toujours vécu au rez-de-chaussé, j'avais même un napperon sur la télé du salon...).

J'aime rire de moi sur ça, et montrer qu'on peut déjouer les statistiques.

Je ne construis pas des maisons, je construis une entreprise.

Sache donc te montrer vulnérable et expose avec humour tes limites personnelles, cela te rendra plus humain et plus proche de ton public.

En mêlant humour et interaction, tu assures un échange fluide et unique avec ton public, propice aux éclats de rire.

5- Décalage et contraste

Cette technique permet de créer la surprise et évite de dégager de tes blagues uniquement de la pitié, surtout si ta frontière est très fine entre dérision / dénigrement.

Le meilleur exemple en inspiration pour comprendre l'art du contraste, c'est de regarder les spectacles de Blanche Gardin.

Elle excelle sur au moins 2 types de contrastes : sémantiquement et visuellement.

Un contraste sémantique dans cet extrait :

"Je ne juge pas le fait d'avoir envie de vivre à une autre époque que celle-ci, j'en conviens [...] la pauvre, je lui ai défoncé la chatte et après je lui ai gâché sa vie".

Sa remarque est complètement inattendue et arrive après des propos presque philosophiques et profonds sur la mort, le tout dans un français soutenu.

Ensuite, tu peux noter le détachement absolu, pince-sans-rire, avec lequel elle lance sa remarque et qui contraste avec le côté trash et cru de ses propos.

C'est ce détachement qui donne de la force et de l'élégance à tes remarques, surtout dans l'humour noir.

Un contraste visuel : dans ce même extrait et de manière générale dans le personnage qu'elle s'est construit, on peut voir un contraste fort entre sa façon de se vêtir (robe vintage et coiffure très-propre-sur-soi) et les propos sexuels parfois très crus et très modernes qu'elle exprime.

Amuse-toi à ne pas être congruent.e de temps en temps, c'est-à-dire à dégager l'émotion qui n'est pas du tout celle qu'on s'attend à avoir pour le message que tu partages.

6- Boum, Boum, Bang

Ça doit être la technique que j'utilise le plus à l'oral et à l'écrit.

Si ce n'est pas la première fois que tu me lis, tu as déjà dû remarquer que j'aime bien énumérer les choses par 3.

Déjà parce que c'est le nombre magique pour équilibrer une phrase et donner l'impression qu'elle est plus vraie : 2 ce n'est pas assez, 4 c'est too much.

Ensuite parce que c'est aussi le nombre magique pour surprendre / faire rire sur la fin avec un élément qui dénote.

Il y a un exemple plus haut dans cet article quand je te parlais du smartphone qui est plus divertissant qu'un.e orateur.trice : "checker ses mails (Boum), répondre à sa moitié (Boum), voir des stories de Laurent Ruquier (Bang)"

Tu peux aussi en trouver un dans cet d'une chronique de Waly Dia :

"On a le genou souple, l'épine dorsale flexible et le sphincter accueillant". 

J'aime beaucoup son travail car il a un sens aiguisé de l'écriture et de la punchline.

Le type est incisif, précis et supporter du PSG (boum, boum, bang ;)


7- Second degré Celsius

On a tous eu ce prof en cours qui nous a fait un jour une bonne blague du genre : "Ah mais vous êtes en retard de 10 sec, rentrez chez vous je ne veux pas vous voir dans ma classe... j'rigole, asseyez-vous !"

C'est ça le second degré.

Ce n'est pas toujours drôle.

Surtout venant de ce prof qui nous mitraillait sans cesse en pensant être cool et drôle...

Le second degré ne fonctionne pas lorsqu'il met l'autre au centre car il y a de grandes chances qu'il se retrouve dans l'embarras. En revanche, il devient très drôle lorsqu'on le couple à de l'autodérision, à de l'ironie.

Je suis un gros fan de second degré, voilà pourquoi j'adore les 2 premiers volets d'OSS117. Alors même que le héros est tout ce que je déteste le plus dans ses valeurs.

Car je sais que c'est une parodie, un pastiche.

Je suis abonné à une chaîne YouTube exceptionnelle qui décortique les ressorts comiques de films connus, et il existe une vidéo dédiée sur notre cher Hubert et l'art du second degré.

Donc je t'invite grandement à aller te divertir dans cette vidéo de Calmos sur OSS 117 : Comment est votre second degré ? pour mieux comprendre comment t'en inspirer dans tes discours.

8- Pince-sans-rire

Cette forme d'humour consiste à garder un ton sérieux ou plutôt émotionnellement neutre alors qu'on est en train de dire ou de faire des choses qui en appelleraient à une forte réaction émotionnelle de la part du public.

Exemple en regardant cetdu très drôle David Castello-Lopes (un autre portugais ;) ):

"Les lames de couteaux [...] ensuite elles sortent en sautillant comme si elles étaient trop contentes".


Aucune réaction dans la voix.

C'est une forme d'humour qui est répandue et bien connue car elle se rapproche du contraste. Cela demande d'ailleurs une bonne intelligence émotionnelle. Tu dois être capable d'inhiber votre réaction émotionnelle spontanée, et de démontrer à la place le plus grand calme. Et c'est ça qui rend la chose cooool.


9- Improvisation et interaction 

Alors oui il y a toutes les vannes, les blagues, les jeux de mots, les traits d'humour, les calembours que tu peux préparer avant votre intervention orale.

Mais il y a aussi une chose indispensable : être pleinement connecté.e le jour J à ton public, ta salle, ta scène.

C'est en observant ce qu'il s'y passe, en écoutant les propos de l'audience et en rebondissant sur tous ces éléments que tu vas pouvoir improviser. Tu vas jouer avec toutes les techniques vues précédemment. Cela demande encore plus d'audace et de maîtrise, mais cela est encore plus appréciable pour le public car il sait que tu leur offres quelque chose d'unique.

Tu rentres en réelle interaction avec lui.

Je suis des cours d'impro toutes les semaines et participe très souvent à des stages sur plusieurs jours.

Avant tout pour m'amuser et jouer, mais aussi pour développer mon écoute, réussir à construire quelque chose en accueillant des propositions et accepter l'échec très régulièrement.

Car clairement, on se plante beaucoup en impro, et il faut se remettre en selle immédiatement. Je le ressens dans ma manière de prendre la parole, la majorité de mes traits d'humour sont improvisés.

Un peu comme en séduction, la meilleure des accroches n'est pas la phrase toute faite, déjà préparée qu'on sort réchauffée.
C'est celle qui est en lien avec la situation à un instant t, dans laquelle se dégage à la fois une certaine spontanéité et une prise de risque.
Ce n'est pas la qualité de l'accroche qui donne envie de poursuivre les échanges, c'est l'audace et la bienveillance qui s'en dégage.
Que ce soit donc en amour, ou en humour.

10- Vanne assumée

Et pour finir, qu'elle soit préparée ou improvisée, une blague peut faire mouche autant qu'elle peut faire louche.

Il n'y a pas de sciences exactes, il n'y a et il n'y aura jamais 100% de réussite.

Chaque public est unique, et c'est là toute la beauté de l'humour.

Donc ne sois pas destablisé.e par un bide. Si le public ne rit pas, ce n'est pas de sa faute. Assume la vanne, détache-toi en, et continue avec aplomb et confiance.

J'écoute toutes les semaines les chroniques d'Aymeric Lompret sur France Inter, et à chaque fois il y a au moins une vanne qui ne passe pas. Et à chaque fois, il assume totalement, joue de ça, et ça fait même partie de sa manière de faire de l'humour. 

Par exemple dans cette vidéo il fait sa vanne, les autres ne s'esclaffent pas non plus, ce n'est pas grave :

Il enchaîne tout de suite avec "bon j'ai écrit ça, j'étais vraiment mort de rire".

Et même plus tard dans ce même extrait il n'a pas de chute à sa vanne, pas grave.

Il part dans une onomatopée improbable, et ça en devient drôle.

D'après la thèse soutenue par Alain Vaillant dans son ouvrage "La civilisation du rire" : "C'est sur le rire que se fonde la culture". Et on pourrait même aller plus loin en affirmant que c'est sur le rire que peut se fonder le management : "Management par l'humour, une histoire de rigolos ?"

Il va sans dire que tu n'es pas obligé d'intégrer ces 10 conseils en même temps.

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Conclusion

Prendre la parole en public, ce n’est pas juste un exercice technique, c’est une vraie chance de partager tes idées, d’inspirer et de laisser une impression durable. En alliant une bonne préparation, quelques touches d’humour bien placées et l’envie sincère de captiver ton audience, tu peux transformer n’importe quelle intervention en un moment marquant.

Souviens-toi : l’objectif n’est pas seulement de parler, mais de créer un lien avec ton public.

Allons-y étape par étape, tente des choses, ose marquer les esprits avec cette arme puissante, assume pleinement et surtout amuse-toi avec panache !

Ah oui, elle s'appelle Lara.
Lara Clette.


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Julien de Sousa et toute l'équipe de Panache.

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Public qui rit, public conquis : comment faire l'humour ?

Introduction

Régulièrement je reçois des mails ou des messages privés sur LinkedIn de démarchage commercial.

Classique.

Sauf que bien souvent, les services présentés ne sont absolument pas adaptés à notre configuration. Par exemple, on m'a déjà proposé une solution de restauration collective pour "votre belle entreprise Panache" alors que nous ne sommes que 2 à plein temps et qu'on n'a même pas de locaux fixes... Alors installer une cantine hein.

Parfois je leur réponds avec quelques conseils pour mieux cibler, et parfois ça termine directement dans la corbeille.

Un geste qui me prend 2sec.

En revanche il m'arrive d'assister à des interventions orales non adaptées et là je ne peux pas la supprimer en 2sec.

Je suis contraint de l'écouter, je m'ennuie, je traite mes mails, j'organise mon prochain week-end de rando... Bref, je fais tout sauf écouter l'intervenant.e.

Dans un monde où les soft skills et l'intelligence émotionnelle jouent un rôle clé, savoir captiver son public lors d’une prise de parole est devenu un véritable atout pour tout chef de file.

Rends ton message mémorable

La majorité des gens qui prennent la parole pensent que leur message est tellement génial pour eux que ça l'est automatiquement pour nous.

Faux.

En revanche, n'importe quel message peut être intéressant et génial s'il est bien amené. Un message efficace repose sur une vision à long terme, en montrant à ton public comment il peut atteindre ses objectifs communs grâce à ton discours.

Et devine qui sont les spécialistes pour nous donner envie d'écouter leur message ?

Pour nous maintenir attentif à leur présentation de produit ? 

Pour nous l'avoir fait acheter alors même qu'on n'était pas du tout venu pour ça ?

J'annonce : les commerçants ambulants sur les marchés !

Image culte du film "les 3 frères" qui met en lumière le fait de donner envie d'écouter - Panache
Ahhh "Les 3 frères", un classique !

Pourtant, ils ont tout un tas de contraintes :

  • Une concurrence sévère avec d'autres stands qui proposent des choses similaires à 2 mètres
  • Une attention et disponibilité de seulement quelques secondes pour les badauds que nous sommes
  • La météo, l'affluence, les multitâches...

Mais ils utilisent une arme ultra-puissante : précision + concision + clarté = efficacité

Une intervention millimétrée qui met le public au centre du discours en présentant les problèmes que leur solution résout.

"Vous en avez marre de perdre du temps à éplucher vos carottes ?"

-> voici notre tout nouveau CutCarrotte3000

"Vous souhaitez garder vos draps plus blancs et plus longtemps ?"

-> voici notre lessive WhiteLonger3000

"Vos enfants sont bruyants et dissipés en voiture ?"

-> voici le premier DisneyCar3000

Les commerçants ambulants excellent dans l’art d'adopter un leadership situationnel, adaptant leur message en fonction des attentes immédiates de leur public.

Je me souviens avoir déjà acheté un presse-purée, car j'étais conquis après une démo.

Jamais utilisé...

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Pose toi les bonnes questions

Les bonnes questions à te poser pour être sûr de donner envie au public de t'écouter... et même de passer à l'action.


Tout d'abord tu dois être au clair sur le sujet de ta prise de parole (lire l'article sur "Que doit-on retenir de votre prise de parole")

Pas besoin d'avoir un sujet "Miss France" du genre : "ce qui compte pour moi, c'est la paix dans le monde".

Tu as forcément des passions, des centres d'intérêt, des convictions, des points de vue, que tu peux partager car ils ont de la valeur.

On a par exemple déjà eu un participant qui voulait défendre l'idée que "dormir à la belle étoile au moins 1 fois par semaine est revigorant".

Tous les sujets peuvent devenir intéressants.

Encore faut-il que le public se sente au centre du discours.

En effet, car tu es là pour l'aider.

Lorsque tu prends la parole, c'est une rencontre entre toi et un auditoire, une occasion de démontrer ton style de leadership, qu’il soit collaboratif ou situationnel.
Donc tu es là pour prendre soin de lui.

Pose-toi un maximum de questions sur ton public pour bien le comprendre, être en empathie avec lui, il saura te le rendre.

Voici une liste non exhaustive de questions qui permettent de faire émerger les bons messages pour une intervention donnée à un public donné :

Focus sur l'empathie :
- Qui est mon public ?

- Pourquoi est-il ici ?

- Quelles sont ses motivations ?

- Qu'est-ce qui l'intéresse ?

Focus sur ses problèmes :

- Quel problème est important pour mon public ? (et surtout LE problème qui est en lien avec le message que je viens défendre)
- Quelle est la pire chose qu’il puisse lui arriver s’il ne résout pas le problème ?

- Qu'est-ce qui me prouve que le problème dont je parle est important pour lui ?
- Quelle est l'échelle de ce problème ?
- À quelle fréquence revient ce problème ?
- Qu'est-ce qui a tendance à aggraver ce problème ?
- Quelles sont les données, les stat', les preuves qui permettent de rendre ce problème concret ?
- Comment je peux faire en sorte que le public sente que le problème le concerne ?
- Quelles sont les conséquences si le public ne fait rien pour régler le problème ?
- Et si on ne fait rien, est-ce que ce problème risque de devenir incontrôlable ?
- Quelle sont les causes de ce problème ? Comment les hiérarchiser ?
- Comment expliquer que ce problème n'a toujours pas été réglé ?
- Quelles sont les choses qui ont fonctionné ? Celles qui n'ont pas du tout marché ?

Conclusion

Prendre la parole en public ne s’improvise pas : c’est un exercice qui demande précision, empathie et une bonne dose d’intelligence émotionnelle. Que ce soit pour capter l’attention d’un auditoire, répondre à ses attentes ou l’inciter à passer à l’action, le secret réside dans ta capacité à te mettre au service de ton public.

Les gens qui t'écoutent attendent quelqu'un qui va leur apporter une réponse à un problème qu'ils se posent.

Alors, en quoi tu les aides ?


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Comment donner envie au public de t'écouter ?