10 erreurs qui tuent tes prises de parole

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Introduction

Comme chaque mois d’avril, j’ai rempli notre Bilan Pédagogique et Financier (BPF) en tant qu'Organisme de Formation (OF). 

Et tu sais quoi ?
On a formé +10.000 personnes depuis que Panache existe (aussi bien des formats courts de 1h que des formats longs de plusieurs semaines), dont la moitié de manière totalement bénévole (on a une activité Panache for Good).

D’ailleurs, le total de personnes qu'on a formées dans un long parcours (+28h) s’élève à 246 vrais Panaché-e-s au moment où j’écris ces lignes.

Ce BPF est l'occasion de faire le point sur les erreurs de communication orale que j'ai le plus vues chez nos participant·e·s dans leurs prises de paroles depuis que j'ai lancé Panache en 2019.

Avec autant de personnes formées à l’art oratoire, j'ai pu lister au moins 10 erreurs que je vois systématiquement et qu'il est grand temps d'effacer pour tes prochaines interventions orales : manque de préparation, postures bancales, mauvaise diction, discours pas adapté à l’audience…

Ces erreurs réduisent l'impact de ton message, t’empêchent d’avoir un discours percutant et diminuent considérablement l'efficacité de tes prises de parole.

Et je ne parle pas que de prises de parole à la TEDx format conf' face à 1000 personnes.
Personne ne fait ça tous les jeudis.

Je parle de chaque moment où tu dois convaincre quelqu'un et, préférablement, réussir à t'exprimer avec aisance.

Globalement, tes prises de parole du quotidien.

Alors, pour devenir un bon orateur / oratrice, et captiver ton public, il est temps de supprimer ces erreurs sans attendre le prochain anniversaire de Pénélope (elle est née le 28 avril !).

1- Ne pas te préparer suffisamment

D'après une étude de moi-même avec mon doigt mouillé, c'est l'erreur la plus courante et la plus terrible. Cela peut inclure ne pas avoir pris assez de temps pour organiser tes idées, ne pas avoir pratiqué suffisamment ta présentation ou ne pas avoir les connaissances nécessaires sur le sujet.

Un discours improvisé est toujours un mauvais discours !

Oui, tu sais cuisiner des pâtes au beurre depuis que tu as 10 ans.

Mais "faire un plat qui fait la diff" c'est une autre discipline.

Oui, tu sais parler depuis que tu as 10 ans.

Mais "faire une prez qui fait la diff" c'est une autre discipline.

Je ne le répèterai jamais assez, il est indispensable de prendre le temps de bien préparer ta prise de parole, d'organiser tes idées de manière claire, structurée et adaptée au contexte, et de répéter, répéter et encore répéter. Tu ne répètes pas pour être bon·ne, tu répètes pour être prêt·e. En te préparant, tu supprimes déjà 90% des erreurs. Si tu ne fais pas ça, oublie déjà le reste de ma liste et va compter les coccinelles.

2- Ne pas adapter ton discours à l'audience

Les gens qui t'écoutent ne sont pas intéressés par toi, ta vie, ton œuvre. Ce qui les intéresse, c'est eux. L'être humain est autocentré et encore plus dès qu'il s'agit d'attention.

Tu veux nous parler de ta solution qui permet aux enfants du Nigéria d'avoir accès à l'électricité chez eux ? Ok, en quoi ça les intéresse ?

Tu veux nous parler de ton idée de plus de diversité au gouvernement ? Ok, en quoi ça les intéresse ?

Tu veux nous parler de ton souhait de te greffer un nouvel épiderme ? Ok, en quoi ça les intéresse ?

À chaque prise de parole, c'est un nouveau public.

Et un public de "1" reste un public.

Donc analyse ses besoins, ses attentes et son niveau de connaissances.

Utilise un langage adapté et met l'accent sur les aspects les plus pertinents pour eux.

Pas pour toi, pour EUX.

Photo de 8 femmes influentes et fortes en prise de parole Panache
Chacune d'elle a sa propre motivation

3- Ne pas avoir de fil conducteur

Admettons que je t'emmène en rando dans les calanques de Marseille, mais que je ne connais pas du tout le chemin et que je nous fais faire plein de détours.

(En vrai, je commence à bien maîtriser depuis 3 ans que j'y vis. Tu viens ?!)

Tu seras épuisé physiquement et mentalement.

Tu perds de l'énergie, de la patience et de la confiance en moi.

Si tu me connais depuis longtemps, tu ne m'en tiendras pas rigueur pour cette fois. Mais dans le cas contraire, je doute que tu veuilles repartir avec moi.

Même si j'ai fait des blagues Carambar tous les 200m.

Alors pourquoi diantre, quand tu parles, tu veux tout nous jeter en touffe sans les mettre en bouquet ?

Tu as bien conscience que sans organisation, tu demandes à ton audience de faire l'effort de trier, synthétiser, écouter, résumer...

C'est bon, tu l'as perdu, elle ne fera jamais tout ça.

Un fil conducteur permet de guider l'audience tout au long de ta présentation en lui donnant une structure claire et cohérente.

Tu passes de "exhaustif" à "efficace".

Il existe un tas de plans efficaces en rhétorique en fonction de tes enjeux :

- le plan analytique,

- le plan narratif,

- le plan délibératif,

- le plan dialectique,

- le plan thématique,

- le plan chronologique,

- le plan énumératif,

- le plan tridimensionnel à tendance volcanique...

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4- Ne pas avoir une introduction percutante

Les gens qui t'écoutent vont te juger dès les premières secondes. Avant même que tu ne parles... Triste vie, je sais.

Et inconsciemment, ils se poseront encore une fois cette question :

"En quoi ça m'intéresse ?"

Une introduction percutante est là pour captiver l'audience et donner envie d'écouter ce que tu leur racontes.

Il est important de commencer par une accroche qui suscite l'intérêt et de poursuivre avec le sujet de ton intervention.

Donc adieu "Je m'appelle Julien, j'ai 35 ans et je suis le fondateur de Panache blablabla".

Bonjour "Et si je te disais comment gagner 600.000€ en 1min ?... Voilà ce que la rhétorique peut te permettre d'accomplir..."

Là tout de suite, j'ai ton attention hein, bande de vénaux :)

5- Ne pas avoir de conclusion marquante

Bien trop souvent, quand tu arrives à la fin d'une prise de parole, tu te sens soulagé et tu termines par un "Voilà" éclaté au sol.

Alors que ta conclusion, c'est comme le bouquet final d'un feu d'artifices !

En la travaillant bien, elle te permet de renforcer le message partagé et de donner une impression durable à l'audience. Elle résume tes idées clés pour aider les autres à savoir quoi garder, et elle incite un vrai passage à l'action avec une demande concrète.

Tu les as convaincus, va jusqu'au bout avec un "call to action".

Oh la belle bleue, oh Label Rouge.

Belle qualité de conclusion.

Et supprime ton "voilà".

6- Ne pas utiliser de figures de style

Il va sans dire que l'idéal est toujours de faire des phrases courtes et simples. On ne parle pas comme on écrit. Et de temps en temps, il y a des messages qui méritent de s'élever car ils sont plus importants que les autres.

Alors pour aider ton audience à les repérer, la meilleure des stratégies est de les rendre différents.

Et pour les élever, tu as un aricle dédié sur "comment créer des punchlines ?" ici.

Tu peux jouer sur les rimes, les sonorités, la répétition, l'exagération, la personnification, le rythme... peu importe. Mais utilise-les pour créer de belles phrases remarquables. De la vraie punchline de qualité.

Donc, tu ne diras pas :

“C’est important de respecter les gens pas comme nous”.

Mais tu diras :

“Il faut cultiver la différence, et non l'indifférence”. (Les 3 frères - Fan d'eux)

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7- Ne pas vivre ton discours

Lire ton discours est rassurant pour les trous de mémoire, mais c'est une grosse erreur.

En lisant, tu perds l'interaction avec l'audience, ce qui peut rendre ta présentation ennuyeuse et inintéressante. Tu te coupes du contact humain et tu te retrouves à ne plus incarner ce que tu racontes. Double peine.

Je te conseille de mémoriser seulement ces 4 choses :

- Tes 10 premières secondes ;

- Tes 10 dernières secondes ;

- Ton fil conducteur (plan) ;

- Tes punchlines.

Pour le reste, si tu t'es bien préparé et que tu connais ton sujet, alors tu parleras de manière fluide et naturelle. Ta prise de parole sera bien plus vivante et incarnée.

8- Ne pas être éloquent

Ton paraverbal (mélodie de ta voix) et ton non verbal (posture et gestuelle) sont là pour te différencier d'un PDF très bien écrit.

Si tu n'apportes rien de plus qu'un PDF, alors envoie seulement ce doc.

Ton éloquence est là pour captiver, maintenir l'attention et faire vivre des émotions.

Moult choses que je pourrais partager sur ça, voici quelques éléments qui peuvent déjà t'aider : te tenir droit, maintenir un contact visuel avec l'audience, utiliser des gestes, varier le ton, la vitesse de parole et l'expression faciale, mettre des silences, appuyer sur certains mots...

En bref, c'est la forme au service du fond.

Attention, ne soit pas un beau-parleur, soit un bel orateur.

9- Ne pas utiliser des supports visuels de manière appropriée

Ma première reco à ce sujet : prends la parole sans supports !

Le réflexe "PowerPoint" est bien trop ancré, mais les êtres humains n'ont pas attendu Microsoft pour fédérer autour de leurs idées...

Et si jamais tu as besoin de supports visuels, veille bien à l'utiliser comme un outil au service de ta prise de parole et non l'inverse. Ce n'est pas une antisèche, ni des diapos exhaustives. Utilise-les pour illustrer et mettre en avant tes messages clefs.

- Pas plus de 7 mots / slide ;

- Que des images grand format ;

- Une grande police.

Inspire-toi des slides utilisées dans les TEDx, elles sont là pour renforcer tes idées plutôt que de détourner l'attention.

En plus elles peuvent te rendre plus intelligent :

10- Ne pas te former

Oui, tu sais parler depuis tout petit, mais sais-tu :

- Convaincre ?

- Embarquer ?

- Persuader ?

- Fédérer ?

- Inspirer ?

- Engager ?

- Rassurer ?

- T'affirmer ?

- Rassembler ?

- Occuper l’espace ?

- Inspirer un vrai passage à l'action ?

Tu peux toujours déléguer certaines tâches (ta compta, ton site web, ton graphisme, tes posts LinkedIn, ta stratégie market', ton admin...) mais tu ne pourras jamais avoir quelqu'un qui parle à ta place.

Conclusion

Quand tu prends la parole, ce n'est pas seulement un message que tu transmets. C'est une rencontre que tu crées entre toi et un public.

Les gens te suivront pour qui tu es, ce que tu dis et comment tu le dis.

Oui, tu sais parler depuis tout petit, mais parler avec panache, ça s'apprend.

Alors ne sous-estime jamais cette compétence non-délégable, et monte en puissance pour délivrer de vraies performances orales.

Obtient les opportunités que tu mérites avec nos formations en prise de parole en public.

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Julien de Sousa, fondateur de Panache.

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